boutef-sarko.jpgFini le faux suspense qui entourait la participation du président Abdelaziz Bouteflika au sommet inaugural de l’Union pour la Méditerranée.

C’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui l’a annoncé, hier, en marge du sommet du G8, après un entretien avec le chef de l’Etat algérien.

«Le président Bouteflika m’a demandé de rendre publique la réponse. Il sera présent à Paris pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée », a indiqué Nicolas Sarkozy à l’issue de l’entretien. Le président algérien aurait, selon la présidence française, expliqué qu’il avait attendu pour répondre à l’invitation officielle qui lui avait été adressée afin de la lui communiquer personnellement. C’est désormais fait. Il y a eu, en Algérie, un semblant de débat – en réalité des prises de position – sur l’Union pour la Méditerranée qui, comme toujours, n’est pas allé vers le fond. Il est désormais clos par une décision de participation, déjà implicitement annoncée par Ahmed Ouyahia. Il y aurait à discuter de la forme dans laquelle cette annonce officielle de participation a été faite – pourquoi pas à partir d’Alger, cela aurait fait tout aussi plaisir à Nicolas Sarkozy ? – mais cela passera aussi. Nicolas Sarkozy, qui a accepté que le projet initial soit aseptisé par l’Union européenne, aura pratiquement tout le monde à sa fête inaugurale, hormis le colonel Mouamar Kadhafi. Nicolas Sarkozy, en contrepartie de la fleur qui lui a été faite «personnellement», dira les mots qui chatouillent : «C’est extrêmement important parce que l’Algérie joue un rôle central » et faire l’éloge de son homologue algérien qui « a une expérience, une autorité, qui font que sa présence autour de la table pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée est indispensable pour le succès de ce sommet ».

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a annoncé que son homologue algérien « viendrait en visite d’Etat en France dans le courant de l’année 2009 ». En somme, ce qui semble prévaloir dans l’Union pour la Méditerranée, cet Objet multilatéral non encore identifié, de l’avis des responsables algériens, c’est l’aspect bilatéral. La France a tellement envoyé d’émissaires au cours des dernières semaines qu’il devenait, au-delà des objections sur le fond, quasiment impossible de refuser. En montant au créneau pour casser la tendance à la non-participation, Ahmed Ouyahia avait déjà fait prévaloir ce choix. Tant pis si le « flou » sur l’Union pour la Méditerranée persiste et que les « éclaircissements » attendus par Alger ne semblent pas être venus. Si la question de la « normalisation » avec Israël peut paraître sans objet pour une UPM à « géométrie variable » où chacun choisira de participer aux projets qu’il souhaite et éviter de s’associer aux pays qu’il ne souhaite pas, cela n’enlève rien à la pertinence des objections sur le « format » extra-large imprimé au projet par l’Union européenne. Il y avait, au début, un projet méditerranéen nouveau, avec un format réduit qui pouvait le rendre fonctionnel et fructueux, l’Europe n’en a pas voulu. Elle l’a, au nom de la préservation de son unité, réintégré dans le processus de Barcelone, aux résultats si décevants.

C’est au nom de l’unité du monde arabe et de l’Afrique, que le colonel Kadhafi avait rejeté le projet de l’UPM, même s’il se fera représenter à Paris, selon les sources françaises. A ceux qui lui ont demandé ce qui a permis de vaincre les réticences de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika a indiqué qu’il « n’y a pas eu de résistances, il n’y a eu que des pourparlers ». L’entourage de Nicolas Sarkozy s’est chargé de décrypter l’objet des pourparlers : la forme de l’UPM, le déroulement du sommet de Paris et les projets de coopération qui seront retenus. Il faudra donc attendre le sommet pour en savoir plus…

M. Saâdoune – Le Quotidien d’Oran