Lui faut-il, au vénérable imam, un peu de rétroviseur pour se rendre compte qu’il y a derrière lui, datant d’à peine une semaine, une raclée électorale, dans un scrutin qui ne concerne que les musulmans ?

L’inénarrable recteur de la Mosquée de Paris, gardien officiel de l’Islam officiel au service de ceux qui le désignent depuis des années, vient d’asséner une autre leçon de son incompréhensible stratégie en apportant au très contesté et néanmoins raciste ministre de l’Intérieur de l’Hexagone son soutien dans le procès (en appel) que lui a intenté le Mrap pour ses écarts linguistiques ; écarts désormais communs aux responsables de l’UMP.

Lui faut-il, au vénérable imam, un peu de rétroviseur pour se rendre compte qu’il y a derrière lui, datant d’à peine une semaine, une raclée électorale, dans un scrutin qui ne concerne que les musulmans ? Ou alors, son soutien est à mettre sur le compte de l’appui dont il a bénéficié de la part de la bien-pensante droite française pour continuer à “gérer” la Mosquée de Paris, avec le label Islam modéré et un ordre de mission d’Alger ?
Aujourd’hui que, suivant la mode made in USA, la France officielle privilégie une seule cible, l’Islam et les musulmans avec un point d’honneur dans la stigmatisation des Maghrébins assimilés à tous les malheurs modernes de l’ex-puissance coloniale. Que fait Dalil Boubakeur pour que cesse le harcèlement de “sa” communauté ? Rien. Il surfe sur les positions de l’Élysée avec un soupçon de diplomatie calqué d’Alger. Autrement dit, de la piètre prestation dans un moment crucial. Alors que, si l’on joue localement, les Marocains font un travail de lobbying et glanent des points, notre imam a réussi à faire le vide autour de lui, avec, en prime, des positions tellement ambivalentes qu’il a réuni un cercle intime hostile à sa personne parmi les siens. Mieux encore, pour déduire qu’il travaille, comme un propriétaire de resto parisien, pour lui-même, il a apporté sa touche au lot de vexations des autorités de la droite française dont le “Maghreb-émigré” est un élément fondamental dans sa quête d’identité politique. Et l’on se demande à la fin de quel côté de la barrière dressée par le Hortefeux se situe M. Boubakeur ? Certainement pas en banlieue parisienne.
Par : Djilali Benyoub Liberte-Algérie