Alors que les élections législatives avancent à grand pas en Algérie, le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia a tenu à mettre en garde, samedi dernier, ceux et celles qui encourageraient le boycott des élections, des risques qu’ils encourraient… Lors d’une intervention à l’antenne de la radio nationale, ce dernier a déclaré que « des sanctions sévères seront appliquées sur toute personne » qui nuirait à la crédibilité des prochaines élections.

Le boycott des élections risquerait-il de devenir un délit aux yeux des autorités algériennes ? Rappelons que sur un plan juridique, l’appel au boycott, n’a absolument rien d’illégal, aucun dispositif réglementaire ne prévoit les graves sanctions évoquées par le ministre de l’Intérieur… Ainsi, rien ne légitimait, le passage à tabac, dont ont été victimes plusieurs militants, qui avaient distribué des tracts appelant les citoyens algériens à ne pas voter, à la suite d’une manifestation organisée dans la capitale.

Ouyahia chassé sans ménagement de son propre meeting à Bouira

La déconvenue vécue par le Premier ministre algérien, ce lundi à Bouira, restera dans les annales. Prévenu par les renseignements généraux qu’une foule hostile l’attendait de pied ferme dans cette ville du nord de l’Algérie, Ahmed Ouyahia a malgré tout décidé de maintenir son meeting et de se rendre au chef lieu de la wilaya, pensant que les d’agitateurs présents ne seraient que de « jeunes manipulés ».

Grand mal lui en a pris, puisqu’à peine 10 minutes après le début du meeting, une foule compacte a fait irruption dans la salle en interpellant violemment le Premier ministre, lançant : « voleurs, tricheurs, où est notre part de pétrole, dégagez! ». Ouyahia, chassé manu militari du meeting de son propre parti, Ouyahia écume de rage. « C’est l’opposition qui m’a saboté et privé de prendre la parole », s’exclame-t’il.

Il semblerait en effet, que les jeunes fauteurs de trouble comptent un grand nombre de militants FFS (Front des forces socialistes), bien implanté dans la région. Toujours est-il qu’il s’agit de la première fois qu’un homme politique de cette envergure est traité avec si peu d’égards. Ouyahia se souviendra longtemps de son escapade à Bouira