Par Omar MAZRIwww.liberation-opprimes.net,

malheur-arabeL’Administration américaine a réussi sept coups de génie :

1. Ordonner à l’Arabie saoudite de financer la résistance afghane contre l’occupation bolchévique tout en laissant cette résistance divisée sur les postes de commandement et sur les programmes d’avenir.

2. Ordonner au Qatar d’héberger et de prendre en charge Youssef Qaradhawi et le futur staff du remodelage idéologique de l’orthodoxie sunnite.

3. Ordonner à son armée, à ses juges et à ses médias de couvrir Guantánamo pour inspirer la terreur et obtenir des concessions

4. Ordonner à l’armée égyptienne de s’estomper devant les Frères Musulmans.

5. Ordonner au monarque du Maroc et à son Makhzen de nommer un gouvernement « islamiste ».

6. Ordonner à ses réseaux et à ses vassaux de donner crédit, assurance aux mouvements islamistes et d’oublier un peu les mouvements laïcs. L’Amérique récupère la haine, l’esprit de revanche et les divisions internes des mouvances islamiques et se débarrasse des laïcs qui ont échoué dans leur passage de l’économie de pénurie à l’économie de marché faute de compétences et de soutien populaire.

7. Ordonner à Israël de supporter Mechaal à Gaza et son discours sur la résistance destinée à la consommation affective des Arabes fonctionnant à l’émotionnel et à l’autosatisfaction.

Pour chacun des sept points réalisés au profit et par l’Empire, les vassaux et les insouciants perdent l’équivalent en multiple ou en puissance sept. Nous ne voyons pas ses points se nouer comme un canevas qui tissent nos malheurs futurs, car Satan a le pouvoir d’enjoliver la laideur.

Les naïfs et les irresponsables horrifiés par ce qui se passe vont crier de nouveau : islam fasciste, islam réactionnaire, islam consumériste, islam politique sans culture politique et géostratégique. Ils oublient qu’ils sont en train de récolter ce qu’ils ont semé comme politique d’exclusion, d’abrutissement, d’éradication et de diabolisation.

Les cyniques aux aguets s’imaginent que c’est le meilleur moyen de se débarrasser de l’Islam politique : voir les mouvements islamiques se radicaliser et se montrer sous les visages attendus d’eux : cruauté, incapacité à gouverner et luttes intestines pour le pouvoir et la domination idéologique ou doctrinaire d’une faction sur une autre.

Les « Islamistes » convaincus de leur bon droit et confondant la manne céleste avec le leurre satanique jouent la pièce diabolique à fond : ils réalisent les desseins de l’empire et du sionisme. Ils déchirent, comme cela était prévisible dans l’échiquier américain, ce qui reste de relativement unis sur le plan des mentalités collectives et des espaces géographiques ; ils génèrent la méfiance qui accroit la haine et le peu de compassion des non musulmans réconfortés dans leurs préjugés sur l’Islam diabolique ; ils provoquent de la méfiance au sein des populations musulmanes qui ne sont pas préparées à des changements violents ou pacifiques vers l’inconnu.

Bien entendu le monde arabe succombe depuis trop longtemps à l’injustice des uns et au maraboutisme des autres pour disposer de grille de lecture ou de moyens de résistance. Comme une aiguille aimantée attirée et orientée par un champ magnétique, les Arabes, gouvernants et gouvernés, islamistes et éradicateurs, savants et ignorants, larbins et zélés vont se retrouver une fois de plus les artisans de leur insenséisme et de leur marginalisation dans l’histoire des hommes. Cette fois-ci, ils vont produire les néo harkis du néo colonialisme pour contrer non seulement l’Iran, mais l’axe Moscou-Pékin qui tente de faire émerger un nouveau pôle qui met fin à l’hégémonie impériale.

Tout ce qui ne change pas par lui-même sera inévitablement changé par les autres et au profit des autres. Les Musulmans vivant en Europe vont se réveiller dans quelques années dans une persécution inégalée dans l’histoire humaine. Une fois que l’Empire aura achevé sa mission, il laissera les Européens régler leur contentieux avec les Musulmans arrogants et bruyants. Que les gens braves, hommes et femmes, veillent dès maintenant à l’avenir de leurs enfants et à leur fréquentation. Il n’y a pas de Hijra possible car aucun lieu ne sera sûr et prospère :

{Allah vous soumet cette parabole : Une cité vivait dans la paix et la quiétude, elle recevait sa subsistance abondante de toute part, mais elle s’est montrée ingrate envers les bienfaits d’Allah, alors Il leur a fait subir un aspect des affres de la faim et de la peur en conséquence de ce qu’ils ont commis. Et il leur vint, en effet, un Messager de parmi eux, puis ils le démentirent. Alors ils furent saisis du châtiment tandis qu’ils étaient injustes.}

Le monde musulman a perdu la raison : il se livre totalement à celui qui les a mis en servitude. C’est sans doute l’annonce du retour d’Aissa le Messie, le fils de Marie. Il est fort probable que nos savants, nos intellectuels et nos chefs de partis islamiques seront du côté du Dajjâl, le Messie imposteur, car trop imbus de leur ignorance et de leur haine, ils ne peuvent plus voir la vérité ni comprendre les Signes. Le Messie a déjà annoncé que les imbéciles ne récolteront rien de bénéfique car ils n’auront rien semé pour leur bonheur dans ce monde et leur salut dans l’autre.
En effet les Arabes et les Musulmans, de tous bords et à chaque niveau de responsabilité, n’ont pas investi dans l’avenir, la connaissance et la défense de leurs intérêts. De gauche à droite, de haut en bas et de l’islamiste à l’anti islamiste, ils ont vécu comme des rentiers. Toutes les rentes ont été dilapidées : pétrole, religion, nation, histoire, révolution, diplôme, arabité, berbérité. L’heure de vérité approche à grands pas : récolter la poussière que nous n’avons semée.

Aux utopistes et à ceux qui cherchent une Hijra, une Dawla islamique ou un village de Hosein Imran pour se réfugier contre le Dajjâl, méditez ces paroles d’Evangile faute de méditer le Coran devenu ésotérique, confisqué par les marchands du temple et les savants de l’égarement :

« Voici, disait-il, que le semeur est sorti pour semer. Et comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux, étant venus, ont tout mangé. D’autres sont tombés sur des endroits pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et aussitôt ils ont levé, parce qu’ils n’avaient pas de profondeur de terre: mais, le soleil s’étant levé, ils ont été brûlés, et faute de racines, ils se sont desséchés. D’autres sont tombés sur les épines, et les épines ont monté et les ont étouffés. Mais d’autres sont tombés sur de la bonne terre, et ils ont donné du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. Entende, qui a des oreilles !

Et, s’avançant, les disciples lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Et, répondant, il dit : « Parce qu’à vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais à ceux-là ce n’a pas été donné. Car quiconque a, on lui donnera et il aura en surabondance, mais quiconque n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé. Voilà pourquoi je leur parle en paraboles : parce qu’ils voient sans voir et qu’ils entendent sans entendre. Et pour eux s’accomplit la promesse d’Isaïe qui dit : Vous serez tout oreilles et ne comprendrez pas, vous regarderez de tous vos yeux et vous ne verrez pas, car le cœur de ce peuple s’est épaissi, ils sont devenus durs d’oreille, ils ont fermé les yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, n’entendent de leurs oreilles, ne comprennent avec leur cœur, et qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Car en vérité je vous dis que beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ils ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ils ne l’ont pas entendu !

Vous donc, écoutez la parabole du semeur. Chaque fois qu’un homme entend la Parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais qui emporte ce qui a été semé dans son cœur; c’est celui qui a reçu la semence au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur les endroits pierreux, c’est celui qui entend la Parole et aussitôt la reçoit avec joie, mais il n’a pas de racine en lui-même, il est, au contraire, l’homme d’un moment; survienne une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt il trébuche. Celui qui a reçu la semence dans les épines, c’est celui qui entend la parole, et le souci du monde et la duperie de la richesse étouffent la Parole, qui devient stérile. Et celui qui a reçu la semence sur la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : et celui-là porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »

Le Messie fils de Marie avait le pouvoir, par la grâce de Dieu, de ressusciter les morts et de donner vie aux oiseaux. Il avait prononcé ces paroles pour le petit groupe qui le suivait alors que la majorité bruyante était déchirée entre les bigots marchands du temple, les intégristes en quête d’un roi, les insensés sans Dieu ni loi, les pratiquants de magie, les partisans de l’administration romaine, les fervents adeptes de la culture hellénique, les nostalgiques de Moïse et de Salomon, les scribes colporteurs de syllogismes fallacieux…

Les semeurs d’illusions et d’attente messianique ne peuvent ni ressusciter les morts ni rendre justice, mais ils ont la compétence de jouer sur les émotions et les attentes d’une société qui ne produit ni semences ni semeurs, car elle est livrée aux charlatans et aux démons de tout bord :

{Est-ce que je vous annonce sur qui les démons descendent ? ils descendent sur chaque forgeur de mensonges, grand-pécheur. Ils prêtent l’oreille, mais la plupart d’entre eux sont des menteurs. Et les poètes sont suivis par les égarés. N’as-tu pas vu qu’ils sont errants dans chaque vallée, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ?} As Chou’âra  221 à 226

Les Bani Israël avaient l’avantage sur nous : ils cultivaient leur ego et attendait le Messie alors qu’il était parmi eux. Nous sommes pires qu’eux car s’ils ont été insensibles au vrai Messie qui leur semait des paraboles nous sommes sensibles au faux Messie qui nous sème de la diversion et de la subversion. Nous sommes pires qu’eux car nous produisons les mêmes contradictions en produisant des aberrations comme avec en plus la quête de l’illusion de  grandeur  dans ce qui produit le minus habens et la perte sèche :

« Le perdant est celui qui a vendu son au-delà pour l’ici-bas, mais le plus perdant est celui qui a vendu son au-delà pour l’ici-bas des autres »

Nous avons perdu le sens de semer et de lire les semences dans le monde et à ce titre nous ne pouvons ni être semeur ni prendre conscience que nous sommes plus que perdant, nous sommes perdus. Notre passé, notre présent et notre devenir sont toujours aux mains de l’Étranger qui les écrit et les façonne selon son dessein. Il est semeur et moissonneur, nous sommes des auxiliaires et de vulgaires consommateurs. Nous ne sommes que des pitres espiègles jouant les intéressants sans moyen d’action sur le jeu qui s’accomplit à notre détriment. Nous n’avons pas conscience de notre devoir et de nos responsabilités alors on nous fait montrer, comme d’habitude, midi à quatorze heures. Et pourtant la vérité par laquelle nous aurions pu voir les complots ainsi que nos défaillances est toujours là à nous interpeller :

{O Hommes ! Une parabole vous est fournie, écoutez-la : « Certes, ceux que vous invoquez, à l’exclusion d’Allah, ne pourront point créer de mouche, même s’ils s’y mettaient tous ensemble. Et si une mouche leur ravit quelque chose, ils ne sauront point le récupérer d’elle ». Faible de nature, le solliciteur et le sollicité ! Ils n’ont point apprécié Allah comme il se doit. Certes, Allah est  Omnipotent et  Invincible.} Al Hajj 73

{Prenez garde à une sédition qui ne frapperait pas uniquement les injustes d’entre vous}

Il est fort remarquable de voir comment l’Empire récolte ce qu’il a semé : la sédition, en confisquant des émeutes arabes où les élites ont fait preuve d’incompétence et de convoitise à chercher le pouvoir au lieu de construire une résistance contre l’ennemi commun et une coopération pour résoudre les mêmes problèmes de sous développement. Il est donc logique de voir le Qatar et le Maroc, pour ne citer que ses deux extrêmes géographiques, devenir les abris pour les révolutions islamistes alors que ces mêmes pays sont anti-islamiques et anti-démocratiques. Nous sommes devenus tellement incultes que non seulement nous ne pouvons ni semer ni récolter ni même être sensibles aux aberrations et aux absurdités de la rédition du même schéma afghan avec cette fois-ci l’Arabie saoudite en retrait mais avec les mêmes insensés en premières lignes.

Sobhane Allah, rien n’a pu fédérer les fréristes, les sanafirs et les pieds nickelés, ni le Coran ni le Hadith ni la langue ni le destin, mais Clinton les a mis au pas. Si j’étais metteur en scène ou producteur de films j’aurais produit « Les Enuques hilarants » ou « Les néo Mamlouks ».

Il est sans doute temps que les bonnes âmes se retirent et se taisent pour ne pas ajouter davantage à la confusion et aux mauvaises herbes. Je viens de comprendre la parabole du Messie : « Bienheureux sont les faibles d’esprits » . Heureusement que le Messie est Musulman et qu’il va revenir pour restaurer l’Islam originel :  je n’aurais pas donc l’idée et l’embarras de me  convertir à sa religion puisqu’elle est déjà la mienne.

En attendant de voir des jours meilleurs, je n’aurais pas l’outrecuidance de vous souhaiter une bonne année alors qu’il y a suffisamment de tag et de tartag… annonçant la normalisation avec le sionisme !

Omar Mazriwww.liberation-opprimes.net