L’ancien ministre de la Justice, Mohamed Cherfi, vient de jeter un nouveau pavé dans la mare dans le dossier qui oppose le DRS au secrétaire général du FLN, Amar Saïdani.

L’ancien Garde des Sceaux révèle, dans une contribution publiée samedi par le quotidien francophone El Watan, que le secrétaire général du FLN lui a demandé d’aider Chakib Khelil dans l’affaire Sonatrach. «N’est-ce pas, Si Amar, vous qui êtes venu, le jour même de votre installation à la tête du FLN, me proposer amicalement de préserver mon poste de ministre de la Justice en m’engageant à extirper M. Chakib Khelil de l’affaire Sonatrach 2 comme on extirpe un cheveu d’une pâte” (selon votre expression). Ma réponse, vous le savez, fut de fermer mon portable jusqu’à après la fête de l’Aïd El Adha, c’est-à-dire bien longtemps après le remaniement ministériel», a écrit l’ancien ministre.

 En s’attaquant au secrétaire général du FLN, l’ancien juge ne veut pas associer l’ancien président de l’APN à Abdelaziz Bouteflika. «En rappelant cela à Si Amar Saâdani, je n’insinue nullement qu’il était mandaté par quiconque pour me marchander, car je sais pour avoir appris à le connaître que le président Bouteflika ne marchande jamais les prérogatives de ses ministres, en tout cas pas celles que j’ai eu l’honneur d’exercer, lui qui, se référant parfois au général de Gaulle, rappelle que « tout ce qui grouille et grenouille n’a pas de valeur ». Ceci d’autant plus que le président de la République avait solennellement et publiquement apporté son soutien à l’action de la justice dans l’affaire Sonatrach 2 en affirmant sa totale confiance en elle», a encore écrit Mohamed Cherfi.

 L’ancien ministre de Bouteflika, limogé en septembre dernier, fait même une menace en direction de Saïdani. «Quant à vous, Si Amar, je vous conseille amicalement de bien lire l’article 75 du code pénal avant de vous lancer dans de nouvelles diatribes car, en raison de vos fonctions éminemment influentes à la tête du FLN, vos paroles seraient susceptibles de tomber sous sa qualification », lui dit-il. L’article 75 du Code pénal évoque la possibilité de poursuites judiciaires dans un tribunal militaire. L’avertissement est donc lancé.

Essaïd Wakli – Algérie Focus