Pour sa première sortie politique depuis son départ de la tête du RCD, Saïd Saadi appelle les Algériens à une mobilisation pour « disqualifier les présidentielles ». De ce fait, « Abdelaziz Bouteflika fera campagne seul  et sera président de la République de lui-même ». Invité au Forum de Liberté, ce mardi 25 février, Saïd Saidi affirme intervenir en tant que citoyen. « Je suis en retrait de la vie politique mais je ne suis pas en retraite », indique t-il.

L’homme politique au long parcours, qualifie le contexte de « dangereux »  et de « trouble ». Pour autant, il ne critique la candidature de Bouteflika. En effet, Saïd Sadi ne veut décliner ce droit à personne. Son discours et ses critiques se veulent dirigées uniquement autour du bilan de l’actuel président de la République. Il reconnait cependant les problèmes de santé de M. Bouteflika et s’interroge sur le certificat médical devant être fourni par les candidats aux présidentielles. « On ne peut empêcher un candidat à se présenter sauf à avancer son incapacité physique », souligne t-il.

Ce qui importe à l’ex-numéro 1 du RCD n’est pas tant la candidature d’Abdelaziz Bouteflika que l’absence « de garantie quant aux conditions dans lesquelles va se dérouler le vote ». « Il n’est pas obligé de retirer lui-même les formulaires de candidatures, je me suis moi-même  présenté deux fois aux présidentielles et j’ai fait procuration pour qu’on retire pour moi les formulaires ». L’homme ne veut pas entrer dans les invectives et la surenchère. « Ni de discours pour régler personnellement ses comptes », insiste t-il.

Saïd Saadi reconnait ne pas être surpris par la candidature de Bouteflika, prévisible « depuis le viol de la Constitution pour briguer des mandats à vie ». Par contre il se dit étonné du maintien des autres candidatures. « On ne peut se dire de l’opposition, déclarer que les jeux sont faits d’avance s’il y a 4e mandat et rester en lice », interroge Saïd Sadi. L’ancien président du RCD ne prononcera pas le terme de boycott. Il propose une disqualification qui doit être menée tant par les candidats actuels que par le peuple. De même, il n’appelle ni à manifester ni à marquer son mécontentement dans l’espace public. La disqualification peut se faire de façon pacifique, laisse t-il entendre quand il stipule : « il ne faut pas pousser à l’affrontement ».

Le bilan des années de présidence sous Bouteflika est pointé du doigt par l’ex-président du RCD. Il revient sur son propre retrait du parti pour laisser « la jeunesse pleine de potentialité » exercer son rôle au RCD, sous-entendant par là que le président de la République devrait faire de même. L’essentiel pour l’homme politique ne tourne pas tant autour du personnage d’Abdelaziz Bouteflika que dans le changement intégral du système. Il recommande à ce titre « l’engagement dans un processus ordonné de sortie du système ». Mais également une formation collégiale avec des personnalités indépendantes, l’élaboration d’un cahier des charges ».

Il ne réfute pas la nécessité de « passer par référendum », ni « durant la période de transition, l’élaboration d’une Constitution », proclame le leader du RCD. Il invoque la Tunisie qui a été « capable de légiférer une nouvelle Constitution autour d’un consensus ». Le parallèle avec l’Ukraine et le Venezuela ainsi que la Thaïlande démontre pour M. Sadi que si le projet de société n’est pas pensé, « le peuple se soulève ». La menace de baisse de production des hydrocarbures prévisible « dans deux ou trois ans commande une réponse rapide ». Confiant, il souhaite : « il est peut-être toujours temps de sauver l’Algérie ».

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