Après avoir lâché son fameux «le cerveau de Bouteflika fonctionne mieux que tous nos cerveaux réunis», Amara Benyounes, jamais avare d’une obséquiosité, livre, peut être sans faire exprès, l’argument qui peut valoir à Bouteflika décision d’empêchement.

Dans un entretien à TSA, il confirme que Bouteflika traine un handicap, suite à son AVC du 27 avril 2007: il ne peut pas se mouvoir. Le nomade gouvernemental atteste d’au moins une séquelle du président-candidat, une attestation que ne s’est autorisée, jusque-là, aucun autre thuriféraire. «Bouteflika est appelé à gérer le pays avec sa tête et non avec ses pieds. Ce n’est pas parce qu’un président a des problèmes pour se mouvoir qu’il ne peut diriger ou gérer un pays. Ce qui est demandé à un président, partout dans le monde, c’est d’être en pleine possession de ses facultés mentales pour gérer le pays. Quant à un certain nombre d’handicaps physiques, on a connu de grands présidents, à travers le monde, qui avaient des handicaps physiques et qui ont très bien géré leurs pays», dit-il, ajoutant «Dénier à quelqu’un, qui a un handicap, le droit de se présenter est, quand même, assez dangereux. Demain, si quelqu’un ne voit ou n’entend pas bien (par exemple), on lui interdira de se présenter. Il faut savoir raison garder» !

Cette affirmation, qui d’ailleurs dément celle du premier ministre et du ministre des affaires étrangères est suffisante pour alerter le conseil constitutionnel sur la capacité de Bouteflika à exercer ses fonctions. L’incapacité  de Bouteflika à se mouvoir et ses problèmes de locution sont avérés mais jamais avoués par les courtisans. En l’intervalle d’une année, il n’a pu présider que deux conseils des ministres expéditifs. Par ailleurs, on imagine mal un président qui accomplirait un mandat présidentiel sans se déplacer ni à l’intérieur du pays ni à l’étranger en tant que représentant de la Nation. Le handicap, dans le cas de Bouteflika, séquelles d’un AVC, peut être une maladie invalidante à laquelle s’applique l’article 88 de la constitution. Outre les déficits de mobilité, il y a la capacité à être un minimum de temps disponible pour se concentrer sans assistance de drogue et à pouvoir verbaliser sa pensée si tant est qu’elle est claire.

Hamid Guerni – Algérie Express