« Il faudra en finir avec la domination et son flot incessant d’enseignement non sollicité. Il faudra reconnaître que, dans une démocratie, l’apprentissage par contrainte signifie l’endoctrinement, et que l’éducation ne peut être que l’apprentissage par invitation et par choix. »

Roland Meighan, Chercheur britannique en sciences de l’éducation

Depuis plusieurs semaines un tourbillon de panique est né autour des apprentissages qu’inculque l’école publique à nos petites têtes brunes (il n’est jamais trop tard, mais on n’en demandait pas tant !)

Alarmés par des instituteurs soucieux d’une certaine morale au sein de l’éducation nationale, ou par des personnalités réacs, les parents ne savent plus sur quel pied danser, et se mobilisent pour retirer une journée par mois leurs enfants de l’école, cherchent frénétiquement des renseignements via internet, ou se lancent dans de grands débats philosophiques avec les instituteurs sur la théorie du genre, l’expression est lancée !

La théorie du genre n’a pas seulement inquiété les parents, elle les a aussi humiliés*!
La faute aux (dés)informations qui, teintées de beaucoup d’amalgames, ont crée des discours incohérents et peu crédibles, face à nos interlocuteurs fervents défenseurs de l’immoralité ambiante.
Pour tenter de clarifier les différents échos qui font cacophonie dans nos médias communautaires, nous allons commencer par distinguer les trois mouvances extrémistes qui candidatent à l’entrée de l’école de la République.

En tête de file nous retrouvons la banalisation de l’homosexualité et de l’homoparentalité, sous couvert de lutte contre les discriminations.
Il faut tenter de préserver ces enfants que nous avons réduit à être un droit que tout adulte peut acquérir…
On retrouve donc toutes les modalités d’apprentissage de ce qu’est l’homosexualité, pour que dès la maternelle nos enfants puissent connaître les différentes orientations sexuelles, matière primordiale à leur évolution psychologique et à leur éveil, (dois-je préciser l’ironie ?)
Livres « éducatifs » sur Tango qui, en plus d’avoir un prénom ridicule a deux mamans, et le pire c’est que ce n’est pas le seul…
Les sorties au cinéma qui laissaient déjà à désirer, sont également depuis la rentrée scolaire 2012 orientées sur ce même sujet, avec le film Tom Boy en vedette dans quasi toutes les écoles élémentaires parisiennes.

Le deuxième point (qui est à différencier du premier), concerne l’apprentissage de la sexualité en générale dès l’école maternelle.
C’est, d’après ce qu’on peut lire dans les médias, un rapport de l’OMS qui propose cette initiative, soutenue en première ligne par les fidèles des fabulations de Mister Freud.
En effet ce dernier est à l’origine de ce que l’on appelle dans le monde psychanalytique*: la sexualité infantile.
Dès 1905 lorsque Freud publie la première esquisse de cette théorie, déjà les gens furent scandalisés par cette approche pansexualiste de l’évolution de l’enfant.
Si la découverte du corps de l’enfant est une étape naturelle qui peut provoquer des interrogations, un plaisir ou un déplaisir chez les plus petits, ceci n’est en rien à mettre en lien avec la sexualité génitale telle que l’on le propose actuellement*: page 29 du programme de l’organisation mondiale de santé: «*Ces pré-requis posés, l’éducation sexuelle doit satisfaire les critères suivants:
– L’éducation sexuelle doit être participative.
Le travail interactif passe aussi par la diversification des méthodes afin de répondre à différentes préférences d’apprentissage et de solliciter tous les sens ».

Enfin le troisième point, celui sur lequel je m’attarderai, est celui qui a fait le plus parler de lui, souvent de manière maladroite*: la théorie du genre, ou le gender pour les anglophones.
La théorie du genre naît dans les années 50 de différentes théories, dont celles de John Money qui parle de genre de l’assignation, l’idée selon laquelle la différence des sexes est davantage due à l’éducation qu’à la biologie en se basant entre autres sur la question des enfants nés hermaphrodites.
Il y a tout un mouvement qui va participer à ce «*joyeux*» délire, néanmoins certains psychanalystes s’opposaient à ces idées jusqu’à mettre cela du côté de la psychose comme le célèbre Jacques Lacan.
L’idée de la théorie du genre c’est que toutes les catégories soient flexibles même dans le domaine sexuel, l’idée de la théorie du genre est donc, certes, contre nature.
Jean Laplanche participe à cette théorie en élargissant la sexualité avec la notion de ce qu’il appelle le sexual : le sexual n’est pas le sexué mais le sexuel infantile, c’est-à-dire essentiellement la question du fantasme, c’est là que l’on entre dans le concept affolant qui dit qu’un petit garçon de 4 ans se sentant fille est (non pas une fille) un garçon dont le genre est féminin.
Alors que Lacan parle de la construction de l’identité par l’autre, l’enfant se construit une identité en s’identifiant aux parents. Laplanche va affirmer qu’il est important d’avoir non pas une identification à l’autre mais une identification par l’autre. Selon lui c’est le sexual des parents qui vient faire bruit dans l’assignation.
BREF*: La théorie du genre n’est pas le fait de transformer un petit un garçon en petite fille et vice-versa, c’est bien plus complexe que cela. Néanmoins dans le cas où on tente de l’adapter à des enfants de 0 à 4 ans (ce qui est difficilement imaginable pour un clinicien digne de ce nom) il est clair qu’elle sera caricaturée et risque d’être plus dangereuse encore qu’elle ne l’est déjà !

En somme ce qui se passe au sein des écoles communautaires laïques est à l’image de leur croyance, d’où notre interrogation : la théorie du genre à l’école de la république et alors*?
Il ne nous semble pas incohérent, au vu de ce que soutient le gouvernement Français actuel (notamment la Charte de la laïcité qui a lancé le bal des réjouissances), de mettre en place ce genre de propagande afin de lobotomiser les enfants dès le plus jeune âge*!
Par contre il y a pour les parents de quoi s’alarmer de leur propre situation, dont le diagnostic semble être proche de la bipolarité quand, pour beaucoup, ils sont entrés il y a quelques mois dans ces mêmes écoles contre lesquelles ils se soulèvent aujourd’hui, pour voter afin de mettre en place ce système dégradant.
L’ordonnance docteur ? A notre humble avis : l’organisation de la communauté afin de mettre rapidement et de manière efficace en place des écoles fidèles à l’éthique musulmane à défaut de pouvoir organiser individuellement la Hijrah de sa famille (nous nous étendrons plus longuement et en détails sur ce sujet dans un prochain article).
A chacun, donc, de se prendre en main, de retrousser ses manches pour que la vingtaine d’écoles existantes actuellement en France soit encouragée et soutenue que ces établissements doublent, triplent et se multiplient pour accueillir TOUS nos enfants.

En attendant, à l’échelle individuelle, que faire pour éduquer et instruire sainement nos enfants ? L’Instruction En Famille (IEF) peut être une vraie piste à explorer d’autant plus que cela permet aux parents musulmans d’accumuler, à l’échelle familiale, et au moins en maternelle, une expérience éducative significative et suffisamment intéressante pour la faire fructifier ensuite avec celle d’autres familles dans un nouveau projet d’école privée ou, au moins, dans des ateliers associatifs à visée éducative.
Apprendre par nous-mêmes à accompagner nos enfants en étant pleinement conscients des challenges et armés intellectuellement pour répondre à leurs questions, pour éveiller leur curiosité, leur permettre de s’épanouir et d’être autonomes, tout le contraire de l’école confiscatoire que l’on connaît et qui cherche à déposséder les parents de leur rôle d’éducateurs.

Ce modèle éducatif peut susciter de l’étonnement voire des critiques parce que les questions qu’il soulève sont fondamentales et qu’ils obligent à un changement de vision des choses (pour nous-mêmes, déjà… et surtout) : nous nous devons de centrer nos efforts sur l’enfant lui-même, sur la préservation de sa « Fitrah » et sur le développement de son potentiel propre et de ses intérêts.
Nous devons centrer nos efforts sur le développement et l’épanouissement d’un être complet : son corps par le sport, son équilibre moral et spirituel, ses qualités humaines. L’essentiel dans l’éducation, c’est le développement de l’être humain dans toutes les dimensions : physique, sociale et spirituelle afin de lui permettre de rester celui qu’Allâh a créé dans sa prime nature.
Nous devons faire ce travail fondateur pour prendre conscience de ce qui se joue au travers de nos enfants et pour savoir vers où nous diriger. C’est une approche solide ! Bien plus que de « confier » à d’autres que nous cette amanah et de les en retirer quand on sent que le bateau vacille alors qu’il est déjà en phase avancée de naufrage !!!
Notre véritable travail concerne l’action, comme toujours, et non pas simplement la conscience des choses : on sait tous que l’école telle que nous la connaissons n’est pas adaptée, alors faisons place à l’action.
1- Mon enfant a l’âge d’être en maternelle, que faire ?

Vous n’avez rien à faire, l’instruction est obligatoire à partir des 6 ans de l’enfant (et non la scolarisation, encore une fois) .
Vous pouvez d’ailleurs, pour les matières classiques, comme pour le dîn, vous servir de manuels de qualité existants sur le marché et prêts à être imprimés (et réimprimés, au besoin) :

Manuel de maths, Cycle 1 et 2
Manuel de français, Cycle 1 et 2
Manuel de découverte du monde
Manuel « Islam »

Il faut savoir également que la maternelle telle qu’on la connaît en France, publique et « gratuite », n’existe pas dans de nombreux pays, y compris des pays européens comme l’Allemagne, où les enfants n’entrent à l’école qu’à 6 ans (sinon les enfants grandissent et sont éduqués au sein de la famille, et pour les enfants des mamans qui travaillent c’est un « Kindergarten » ou jardin d’enfants payant, mais sans bulletin, sans passage à un niveau supérieur conditionné par des notes, etc.).

2- Mon enfant a 6 ans et plus, que faire ?

A partir des 6 ans de l’enfant, l’instruction devient obligatoire et il est nécessaire d’envoyer deux courriers de déclaration (et non pas de demande d’autorisation) de l’IEF à la mairie de votre lieu de résidence et à l’inspection académique selon les modèles suivants :

Lettre à l’Inspecteur d’Académie

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Je, soussigné NOM Prénom, ai l’honneur de vous informer que mon (mes) enfant(s)

NOM Prénom, né(e) le à (département ou pays)

NOM Prénom, né(e) le à (département ou pays)

et demeurant (votre adresse),

est (sont) instruit(s) dans notre famille, conformément à l’article L.131-2 du Code de l’Éducation, relatif à l’obligation scolaire et à l’article L.131-5, relatif au régime déclaratif de l’instruction par les parents (Loi du 28 mars 1882 art. 4 – Ordonnance n° 59-45 du 6 janvier 1959).

Je vous prie d’accuser réception de cette lettre et de me faire parvenir un certificat de scolarité à domicile conformément à l’article L.131-3 en vue de remplir mes obligations prévues à l’article L.552-4 du Code de la Sécurité Sociale.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur l’Inspecteur, l’expression de mes sincères salutations.

Lettre au Maire

Citation:
Monsieur le Maire,Je, soussigné NOM Prénom, ai l’honneur de vous informer que mon (mes) enfant(s)NOM Prénom, né(e) le à (département ou pays)NOM Prénom, né(e) le à (département ou pays)et demeurant (votre adresse),est (sont) instruit(s) dans notre famille, conformément à l’article L.131-2 du Code de l’Éducation, relatif à l’obligation scolaire et à l’article L.131-5, relatif au régime déclaratif de l’instruction par les parents (Loi du 28 mars 1882 art. 4 – Ordonnance n° 59-45 du 6 janvier 1959). Je vous prie d’accuser réception de cette lettre.

Dans l’attente de votre répons, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes sincères salutations.


Concernant les lettres :

Une fois que vous avez fait ceci vous n’avez plus rien a faire, vous êtes considérés comme parents instruisant leurs enfants à domicile, vous n’avez pas à attendre d’autorisation, vous êtes dans la légalité aux yeux de la loi.
Ceci est à faire chaque année et également en cours d’année si vous déménagez.
Conservez bien tous vos documents (votre courrier, bordereau de la poste, l’AR, et la réponse du destinataire)

Concernant les programmes :

Vous pouvez vous appuyer sur les programmes officiels existants en vous référent aux publications du Bulletin Officiel, et organiser vos apprentissages comme vous le souhaitez.
Vous pouvez également choisir de suivre un CPC (Cours par Correspondance) en sachant que certains délivrent un Certificat de Scolarité :

Établissement du ministère de l’éducation nationale, le Cned conçoit ses cours dans le strict respect des programmes officiels.
http://www.cned.fr

Le Cours Sainte Anne : enseignement catholique traditionnel, couvrant du CP à la 6e, réputé pour sa rigueur :
34, rue Amelot – 75011 Paris – 01 42 74 18 97.
http://www.sainteanne.net/

L’Ecole par correspondance : enseignement traditionnel
9 rue Crillon, 75194 Paris Cedex 04 – Tél : 01 42 71 36 35.
http://www.epceducation.com/

Le Cours Hattemer : très prestigieux, le Cours Hattemer offre notamment un programme spécial pour les enfants précoces :
52 rue de Londres – 75008 Paris – Tél : 01 43 87 59 14.
http://www.hattemer.fr/

Le Cours Privé Valin
8, avenue Henri-Peuteuil, 94430 Chennevières-sur-Marne
Tél. 01 45 76 79 12.

Le Cours Legendre
25 rue du Petit Musc – 75180 Paris Cedex 04 – Tél : 01 42 71 26 06.
http://www.cours-legendre.fr/

Les Cours PI
99-103 rue de Sèvres BP 316
75265 Paris cedex 06
http://www.cours-pi.com

Cours Ker Lann – Ecole Ker Lann à Tréalet
56460 Sérent
Tél: 06.71.56.26.09
02.97.74.82.20
contact@ecolekerlann.org
http://www.ecolekerlann.org/…/kerl…NNFOREVER.html

Ceci dit, que le musulman comprenne bien une chose : s’il ne désavoue pas les causes réelles de ce système pervers, qu’il s’offusque ou pas de ces orientations est sans conséquence, lutter contre la théorie du Genre efficacement c’est tout d’abord lutter contre tout le système qui a permis son émergence !

Car ce système jahilite est particulièrement pervers et vicieux, et il est actif et implacable : l’une des solutions pour lutter efficacement contre ces dérives est tout simplement de scolariser ses enfants dans des écoles communautaires privées ou bien l’instruction à domicile. Mais afin de refermer le piège qu’ils nous tendent, ces chayatines à corps humain pensent déjà à limiter « la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille » car pour eux cela peut être un moyen d’échapper à leur contrôle (http://www.senat.fr/leg/ppl13-245.html)…

Peu de musulmans comprennent que la théorie du Genre, et d’autres abominations, sont des suites logiques de la pensée progressiste occidentale (donc particulièrement visible chez les gauchistes).
Car l’Occident, depuis les transformations radicales qu’il a subies depuis 3 siècles (Humanisme, Libéralisme, cartésianisme et matérialisme) a changé sa vision de l’homme et de l’Humanité.
Voulant aller toujours plus loin (via le mythe du progrès et de la modernité) il a aboli toute frontière, détruit tous les garde-fous, naturels, traditionnels et religieux qui lui avaient permis un véritable progrès civilisationnel. L’homme nouveau s’est émancipé (libéré) de Dieu, il ne jure que par ses propres Droits (de l’homme), il nie la divinité et ses droits sur ses créatures et les limites qu’Il leur a fixées, il se fait Législateur via sa pseudo-Raison qui n’est souvent que Passions déchainées et débridées, laissant libre court à ses instincts que l’on ne peut même plus qualifier d’animaux par respect à ses créatures.
Légalisant l’homosexualité, l’homoparentalité grâce au système démocratie qu’il s’est inventé sur-mesure : la théorie du genre n’est que la suite logique de ce long processus.

Donc lutter contre cette ignominie c’est revenir à: La illaha Illa LAH, avec le takfir sur le taghout et sur son dîn, et avec son wala wal Bara c’est grâce à cela que le musulman est entré victorieux dans l’Histoire quand il l’a assimilé, c’est à cause de cela qu’il en est sorti humilié quand il l’a délaissé.

Source : www.ana-muslim.org