Finalement, le clip en faveur d’un quatrième mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika n’aura duré que quelques jours. En effet, suite à une pétition signée par des dizaines de milliers d’internautes, le réseau de partage sur Internet YouTube vient de bloquer sa diffusion. Il a coûté près de huit milliards de centimes, selon des informations non vérifiées qui ont circulé à travers les réseaux sociaux et certains médias électroniques. Le tout payé par la direction de la communication du président-candidat.

Le clip qui porte comme titre le slogan de campagne de ce dernier, et qui, en réalité, n’est rien d’autre qu’un hymne glorifiant l’Algérie – exclusivement – sous le règne d’Abdelaziz Bouteflika, a réuni une brochette de chanteurs, d’artistes et d’acteurs rémunérés pour ce travail commandé, allant du roi du raï aux chanteurs en herbe sélectionnés dans le cadre de la Star Academy algérienne, Alhan Wa Chabab.

Tourné dans un studio de l’ENRS, la Radio algérienne, il a vu notamment la participation de Cheb Khaled, qui a défrayé la chronique ces derniers mois suite à l’obtention de la nationalité marocaine et, plus récemment encore, à son soutien «indéfectible» au candidat Abdelaziz Bouteflika.

Diffusé sur le réseau de partage mondial YouTube, le clip a été visité plus de 150 000 fois, mais les initiés savent que des techniques existent pour gonfler le nombre de vues de façon rapide. Ces techniques connues de tous permettent de promouvoir les vidéos postées et de générer plus de vues. Plusieurs sites spécialisés mettent en ligne des infographies qui montrent comment y arriver. Par contre, ce qu’il faut noter dans cette diffusion, c’est le nombre de visiteurs qui ont «voté» contre ce clip et qui s’élève à plus de 10 000 contre un peu plus de mille votants «j’aime», cela au moment où nous rédigeons cet article.

Cette mascarade vient s’ajouter à deux autres, qui consistent en la création de deux chaînes de télévision, Al-Wiam et Le Président, mais qui ne diffusent rien, sinon des images de Bouteflika sur un fond sonore fait d’hymnes nationaux et de discours. D’aucuns se demandent à quoi aura servi tout cet attirail audiovisuel que personne ne regardera, de toutes les façons, en l’absence de programmes sérieux, comme c’est le cas dans d’autres chaînes privées créées dernièrement.

Par ailleurs, il faut rappeler que le site internet du candidat Abdelaziz Bouteflika avait été piraté quelques jours à peine après son lancement, ce qui dénote d’un manque flagrant de maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de la communication par l’équipe sollicitée par la direction de campagne de Bouteflika pour ce faire, ont noté les observateurs.

Karim Bouali – www.algeriepatriotique.com