PARTIE 1 – PARTIE 2 – PARTIE 3

L’histoire est remplie de tragédies inexpliquées et inexplicables. Mais en règle générale l’homme construit sa propre liberté par son propre désir de liberté, par la suite les moyens peuvent être disponibles ou venir à manquer selon l’intelligence, les conditions et les possibilités d’un peuple. Le Coran et le hadith transcendant nous disent :

{Et Allah Établit la vérité, par Ses Paroles, même contre le gré des malfaiteurs.} Younes 82

« O ma créature, toi tu veux et Moi Je veux ! Si tu m’obéis dans ce que Je veux, je te donnerais ce que tu veux ; mais si tu refuses ce que Je veux, tu n’auras que ce Je veux et en plus je te ferais souffrir dans ce que tu veux »

Qu’est-ce que nous voulons ? La démocratie, la liberté, la prospérité, la modernité, la Dawla islamiya ? Nous les voulons comment et pourquoi ? Ce que nous voulons est-il une fin ou un moyen ? Quel est notre rapport à Dieu ? Quelle est la finalité à laquelle nous devons aspirer ?  Quelle est notre rapport à la Miséricorde, à la Justice, à la Vérité et comment les manifester ou les partager avec les autres créatures d’Allah qui ne partagent avec nous ni la foi ni la vision du devenir ? Quels sont les principes que nous pouvons partager et communiquer avec les autres pour respecter nos différences, tisser notre vivre ensemble et fédérer ce qui est commun et partageable ?

Ce ne sont pas des questions à se poser comme une secte qui cherche son salut au détriment de l’existence des autres, mais ce sont des exigences que le peuple, les militaires, les agents économiques, les hommes de lettres et de communication, les fonctionnaires et les politiques algériens doivent avoir s’ils conservent encore un peu de lucidité et de foi en Dieu. Le système algérien est non seulement pourri, irréformable et irrécupérable, mais il est nocif pour l’existence même de l’Algérie. Tous les Algériens, civils et militaires, administrateurs et administrés devraient méditer leur part de responsabilité dans la destruction de l’Algérie et dans les malheurs des Algériens :

{Certes, Pharaon et Hàmàne ainsi que leurs troupes à tous deux, étaient foncièrement coupables.} Al Qassas 8

Le commanditaire et l’exécutant partagent la double culpabilité dans un pays musulman tel que l’Algérie : porter préjudice à la foi et porter torts aux vivants. Lorsqu’on médite le sens de cette Aya et le sens de la tragédie algérienne, on comprend qu’il ne s’agit pas de voir la crise algérienne et les malheurs de l’Algérie comme le raccourci idéologique et médiatique veut le montrer : une junte militaire avec Pinochet à sa tête. Pour moi l’armée algérienne, ses Djounouds, sous-officiers et officiers, qui sont algériens et musulmans, sont mis, comme le reste du peuple, dans l’incapacité de savoir où se trouve le véritable commandement de l’Algérie. L’armée est depuis trop longtemps otage du système, mais elle n’est pas le système.

Pharaon n’est pas le symbole du seul pouvoir politique et Hamana celui de l’armée. Pharaon est le symbole du totalitarisme qui exerce le pouvoir spirituel, religieux, politique, médiatique, économique et militaire. Hamana n’est pas le chef des armées, il est le chef des bâtisseurs, des technologues, des administrations. Il fait fonction de régisseur de l’Empire. Son existence et ses privilèges dépendent du vouloir de Pharaon. Cependant le fonctionnement de l’Empire, sa prospérité, l’autorité de Pharaon et les privilèges de la cour impériale dépendent de la logistique et de l’efficacité du régisseur et de ses troupes. Les troupes, civiles et militaires, exécutent, approuvent, sécurisent et conseillent Pharaon et Hamana. Ces castes et leurs servants sont intimement liés dans la mise en servitude du peuple, de son massacre, de la corruption morale et sociale. Ils se partagent la responsabilité comme ils se partagent les avantages et les rentes de pouvoir ou de situation.

En Algérie il n’y a pas d’homme disposant de tous les pouvoirs de Pharaon ni de toutes les compétences d’organisation de Hamana. Il y a sans doute un système occulte né dans des conditions occultes avant et après l’indépendance nationale qui fait fonctionner les autorités civiles et militaires, qui désignent les cadres, qui les fait bouger et qui les élimine selon une logique clientéliste visible, mais également selon des logiques qui déroutent les observateurs les plus lucides. Les personnels civils et militaires, à l’instar du peuple algérien, savent intuitivement et de visu que l’Algérie fonctionne mal, très mal et que les hiérarchies sont incompétentes et iniques au point qu’ils doutent de l’existence d’un pouvoir et d’un État.

Le même turn over et la même Hogra frappent les cadres et les personnels dans le civil et dans l’armée. L’armée s’en tire formellement mieux que les autres institutions et administrations civiles, car elle dispose d’un esprit de corps, d’une meilleure bureaucratie ainsi que d’un nationalisme entretenu comme un mythe qui permet de faire de l’armée un instrument de répression lorsque la police et la gendarmerie sont dépassées.

Ce qui est saisissant c’est que l’armée algérienne consent à jouer et à bien jouer son rôle de bouc-émissaire sans doute pour des raisons historiques, politiques, géostratégiques et sociales qui finiront par s’élucider. Le FLN avait joué lui aussi ce rôle. Même si les cadres supérieurs de l’armée et du FLN étaient d’un niveau aussi lamentable qu’ils ne le paraissent, le scénario aurait quand même été mieux écrit et mieux joué, car l’instinct de survie le dicte.

Le clanisme et le zaïmisme peuvent expliquer en partie la médiocrité et la méchanceté du système. Le système maffieux dont les membres s’agglutinent autour d’un chef coopté à qui est confiée la fonction d’arbitrage dans les moments de crise tient la route, est une autre explication, mais elle n’explique pas le suicide vers lequel le système est conduit.

La bureaucratie est une explication plausible. Un pays exsangue, sans encadrement politique et sans idéologues, après une guerre de libération nationale, peut facilement devenir l’otage d’une bureaucratie francophone renforcée au fur et à mesure par l’inculture et l’esprit revanchard des générations d’arabophones qui servent d’auxiliaires et d’alibis à la machinerie administrative. Comme toute les bureaucraties, la bureaucratie algérienne a pu devenir une institution informelle phagocytant l’Algérie et inculquant aux algériens la culture de la course aux postes sans que les désignés au poste n’ait de culture militaire, politique, économique ou géopolitique. Le critère d’allégeance est justement l’incapacité à réformer, à moderniser, à produire de la pensée. Il suffit de plagier l’administration coloniale.

Les rebuts indigènes de l’administration franco musulmane sont promus en grands commis de l’Etat algérien et qui à leur tour confient à la France la sélection et la formation de l’énarchie algérienne, c’est le schéma simplifié, mais réel de la constitution de la bureaucratie algérienne. L’énarchie bureaucrate, apolitique et sans conscience nationale peut se servir des civils et des militaires, des universitaires et des ratés de l’école, des trotskystes, des berbéristes et des islamistes pour constituer son réseau de clients. Elle a détenu le pouvoir de nommer les cadres et de gérer leur dossier sans rendre compte. Elle a bénéficié d’une chance historique de savoir lire et écrire et de partir à la conquête des appareils d’Alger au moment où une partie des Algériens étaient absorbée par l’insouciance et une autre partie absorbée par l’édification nationale minée par les contradictions entre « islamistes » et « progressistes ». C’est cette bureaucratie qui a détruit l’industrie nationale et qui a cultivé les dérogations, les rentes et le transfert des richesses nationales vers les parasites. L’irresponsabilité de cette bureaucratie n’a pas de limites, car elle est inculte et ignorante.

La bureaucratie française est responsable et raffinée dans son jeu de mise en collaboration des agents sociaux, financiers et économiques pour ne pas exposer la France à la violence politique et sociale tout en conservant le monopole de la connaissance, de l’information et des arbitrages au sein de groupes puissants où il est difficile d’accéder et qu’il est difficile de contester. La bureaucratie algérienne excelle dans la mise en réseau des maffieux, des revanchards, des courtisans, des monarchistes, des vassaux coloniaux. C’est une puissance aveugle, stérile, provocatrice, arrogante sans envergure intellectuelle et culturelle, sans la moindre préoccupation politique, économique, sociale ou culturelle pour les concepts de gouvernance, sans la moindre disposition morale pour le dialogue, la quête de partenaires et la promotion d’une voie de règlement des problèmes. Elle est la mutilation de l’identité algérienne, la négation de son devenir.

La bureaucratie algérienne n’avait pas l’envergure de construire un État, car elle n’a ni culture d’état ni idéologie. Elle fonctionne par le bricolage, l’improvisation, le sens innée de l’opportunisme et les réseaux d’intérêts avec la féodalité foncière convertie en bourgeoisie marchande. Les pseudos progressistes, les arabisants, les partisans du Makhzen marocain, les alliés et les clients des appareils bureaucratiques ont compris assez vite l’opportunité et les gains sociaux, politiques et économiques en infiltrant systématiquement l’administration militaire et civile. Ils ont constitué des alliances de rentes et de privilèges qui fonctionnent sans idéologie, sans programme politique, sans doctrine d’État. Ce sont des meutes de prédateurs qui se partagent les territoires et les proies selon les procédures de la MAFFIA. Tout ce qui est national est considéré par eux comme corps étranger qu’ils rejettent ou qu’ils détruisent. Avec cette mentalité dominante, le pays ne pouvait que produire des pénuries, des infantilismes, des insenséismes.

Ce n’est pas une opinion personnelle. La littérature politique et économique a depuis longtemps démontré comment le capital international prédateur sert les intérêts stratégiques de l’Empire en faisant collaborer les bourgeoisies nationales, les bureaucraties et les maffias dans sa conquête des territoires et sa confiscation des richesses. C’est la même logique d’intimidation, de répression et d’arrogance qu’on retrouve dans les systèmes iniques qui sont condamnés à l’anéantissement comme Pharaon, ‘Ad et Thamūd. C’est le même étonnement que les gens sensés manifestent devant la bêtise méchante et arrogante :

{Il dit : « O mes gens ! Pourquoi vous hâtez-vous dans la mauvaise action avant la bonne action.} An Naml 46

Le Prophète Salah (saws) qui veut la réforme par le bien ne va trouver que le mal dans sa forme la plus abjecte alors que le royaume est prospère, puissant, instruit pouvant faire l’économie d’une démonstration de forces brutale :

{Et il y avait dans la ville neuf bandes qui corrompaient de par la terre et n’amendaient point. Ils dirent : « Jurez par Allah de le tuer la nuit, lui et sa famille} An Naml 48

Neufs brigands, neuf partis politiques, neufs appareils de répression, neuf administrations iniques, neuf agents de subversion, neufs liges, neuf tribus, neuf opportunistes, neuf zélés sont mis à contribution par mettre au silence un homme, une idée, un principe, un projet. C’est la même logique de domination impériale et de négation de la vie d’autrui qui se met en marche contre un Prophète, un vertueux, un homme qui ose parler et donner son point de vue ou marquer son étonnement devant la méchanceté et la bêtise.  Sur le plan conceptuel et historique l’alliance entre l’oppression et le brigandage sans foi ni loi est objective. Le pouvoir visible paye et désigne la victime, le pouvoir occulte exécute.

Sur le plan conceptuel les agents du pouvoir occulte peuvent être promus et sont souvent promus pour service rendu ou par chantage à des fonctions symboliques et c’est à ce moment qu’on assiste au règne des seconds couteaux. Les seconds couteaux ne sont pas habitués à administrer, à gérer et à être raffinés, car ils ont vécu dans l’exécution des sales besognes. Nous pouvons imaginer comment la magie se retourne contre les magiciens. Nous pouvons imaginer la déliquescence et l’effondrement d’une puissance régionale comme ‘Ad ou Thamūd.

{Et ils ourdirent une grande ruse, mais Nous planifiâmes un stratagème plus puissant sans qu’ils ne s’en rendent compte. Regarde alors quel est le résultat de leur ruse : Nous les avons détruits, eux et leurs gens, en totalité. Voilà donc leurs demeures désertes, en raison de ce qu’ils furent injustes. Certes, il y a en cela un Signe pour les gens qui savent.} An Naml 50

En théorie, l’Algérie qui n’est puissance que dans les papiers de l’Administration est effondrée depuis longtemps. Il est impossible que le système dans sa forme actuelle puisse encore survivre, car il a perdu les atomes de crédibilité, de légitimité et de considération qu’une autorité a besoin pour se maintenir et se reproduire. J’ai fait le pronostic sur Ali Benflis comme véritable candidat que le système avance comme pion masqué pour créer la surprise et opérer les changements dans la continuité. Benflis est docile, il a déjà servi la bureaucratie, il pourrait s’entourer de « réformateurs » et donner l’illusion de réformes ainsi que l’illusion de rééquilibrage régionaliste et linguistique alors que la bureaucratie a déjà verrouillé et sclérosé la présidence et l’armée. Il est difficile d’imaginer les administrations algériennes devenir de simples comptables au service d’une politique nationale. Le système algérien a suffisamment de nuisance et de cachoterie pour envisager les scénarios les plus inimaginables. Je ne m’aventure pas à faire des pronostics, mais tout porte à croire que le système s’est damé le pion contre lui-même sans possibilité d’issue. De toute façon il n’a ni l’idée du changement, ni les compétences du changement et même s’il le voudrait il ne le pourrait par sa nature bureaucratique qui ne fonctionne que pour elle-même et par la corruption.

L’issue dramatique de ce régime est non seulement possible et souhaitable, mais nécessité historique inéluctable indépendante de notre volonté et de notre action. Nous pouvons retarder ou rapprocher l’échéance, la rendre plus facile ou plus tragique, mais nous ne pouvons plus la changer. Je ne vois pas de forces morales, religieuses, économiques politiques et sociales qui pourraient s’opposer à l’inertie de ce système. Aucune force n’a pu vaincre l’inertie de son immobilisme, je ne vois pas pourquoi et comment cette force défaillante pourrait vaincre l’inertie de son effondrement. La révolte populaire ou l’insurrection armée que les revanchards souhaitent ne va rien changer à l’ordre des choses. Le salut pourrait venir d’un coup d’État militaire contre l’Administration dans une sorte de sursaut patriotique, mais c’est une expérience déjà tentée et ratée.

Que faire ?

Il faut juste s’inscrire collectivement dans le refus moral de ce système et implorer Allah qu’Il nous envoie des Réformateurs à dimension prophétique qui parviennent à fédérer le peuple et à le mettre dans une dynamique de rupture avec les mentalités, les appareils et les canaux du système. L’effusion de sang doit être évitée et peut être évitée si les militaires s’impliquent dans la dynamique de réforme. Le changement salutaire peut être envisageable sérieusement s’il est conduit comme acte de résistance non seulement contre le système visible, mais contre ses commanditaires. Les Algériens doivent prendre au sérieux le récit coranique sur Moise et Salah, car la solution est possible si leur volonté de changement est réelle. Chacun doit veiller à ce que les brigands ne prennent pas de nouveau l’armée en otage et la mettent au service de la répression des volontés de changement et de liberté.

Les militaires et les civils doivent se réveiller devant tant d’impuissance et de gabegie qui atteignent aujourd’hui le ridicule sans pareil. Ce ridicule horrible ne peut pas être produit par la seule bureaucratie et ses alliés locaux. Il faut se rendre à l’évidence et faire front contre la vengeance historique menée par une main diabolique contre la révolution algérienne : elle salit ses martyrs, ses symboles et fait aimer le colonialisme français. Cette vengeance doit coexister avec une volonté de monarchie à la marocaine qui a rencontré les ambitions et les imaginaires de certains algériens propulsés dans des centres de décision et qui ont transformé l’Algérie en annexe du Makhzen, en laboratoire, en principautés informelles…

Lorsque la vengeance des uns, l’ambition des autres et l’insouciance générale se rencontrent ou s’allient contre le probable réveil de l’Islam en Algérie tous les scénarios sont possibles. Tous les mots qui font la fierté des algériens sont dangereux pour les prédateurs de l’Algérie : Islam, liberté, armée populaire, ressources, développement. Il ne faut pas lire ces mots dans un cadre romantique ou journalistique, mais civilisationnelle, car le monde change avec déplacement des rapports de force et de tension. L’Algérie est sur l’axe des tensions et un dispositif en potentiel dans le rapport des forces. Nous ne voyons ni le potentiel ni l’axe, car la bureaucratie nous a anesthésié par le patriotisme sentimental des canailles et des fainéants.

Les scénarios qui ont discrédité l’armée issue de l’ALN, le FLN historique, l’Islam libérateur et civilisateur et le peuple algérien résistant ont réalisé la première partie de leurs objectifs. La seconde partie est pour bientôt.

Quel que soit le scénario réel qui est orchestré en Algérie, les Algériens portent leur entière responsabilité morale, religieuse et nationale dans ce qu’il est advenu et de ce qui va advenir de l’Algérie et des générations futures. Chacun doit savoir qu’il devra rendre compte devant son créateur et que la sécurité, la paix et la prospérité dans ce monde sont relatives et changeantes :

{Nous voulons faire don à ceux qui furent opprimés de par la terre, en faire des modèles, faire d’eux les héritiers, leur donner pouvoir de par la Terre, et montrer à Pharaon, à Hàmàne, et à leurs soldats ce qu’ils appréhendaient de leur part.} Al Qassas 6

Il est vrai qu’à notre échelle humaine nous ne pouvons pas voir le destin se tricoter et l’histoire se réaliser en s’inscrivant déjà dans l’au-delà qu’Allah a effacé de la pensée des arrogants, des corrompus et des oppresseurs à l’image de Pharaon, de Hamana et de leurs troupes civiles et militaires :

{Et Nous en Fîmes des chefs qui incitent au Feu ! Et le jour de la Résurrection, ils ne triompheront point. Et Nous les poursuivîmes dans ce monde, d’une malédiction, et le Jour de la Résurrection ils seront de ceux qui sont en abomination.} Al Qassas 41

Il est difficile pour l’insouciant et pour le fauteur de désordre de comprendre que le mal porte en lui-même sa propre contradiction, sa dynamique interne qui le conduit vers l’effondrement et l’anéantissement :

{Et Nous Apportâmes en fait le Livre à Moïse, ne sois donc pas dans le doute, de Sa rencontre, et Nous le fîmes une Direction pour les Bàni Israël. Et Nous avons établi certains d’entre eux en qualité de Guides qui dirigent conformément à Nos Ordres, dès qu’ils se sont montrés persévérants et croyants avec certitude en Nos Signes.} As Sajda 24

Ce paradoxe, cette dialectique, cette mystique de l’histoire qui finit par distinguer l’autorité du mal et son funeste destin de celui qui guide vers le bien et vers son issue honorable n’est pas annoncée à coup de fracas, de tonnerre et de drapeau. Elle s’annonce dans le cœur du plus humble, du plus faible, de l’impensable comme un espoir devant lequel s’efface la peur du puissant qui est persuadé de massacrer tous les germes de résistance contre lui et d’anéantir toutes les potentialités créatives et libératrices de l’humain :

{Nous avons alors inspiré la mère de Moïse : « Allaite-le, et si tu es prise de peur pour lui, jette-le dans le fleuve et ne crains rien, et ne t’afflige point. Nous te le ramènerons sûrement, et Nous le ferons du nombre des Messagers ». Alors il fut recueilli par la famille de Pharaon ; pour qu’il soit leur ennemi et leur affliction.} Al Qassas 7

Pour rester juste aussi bien à l’égard de nos « gouvernants » et de notre peuple que de la Parole divine il nous faut avoir le courage d’interpeller nos consciences sur les devoirs que nous avons trahis avant de revendiquer les droits que nous croyons mériter. Bani Israël ont connu la grandeur avant et après Pharaon. Ils ont perdu la grandeur pour tomber dans l’humiliation, l’insécurité, l’errance et la servitude pour une raison simple : l’ingratitude et la transgression :

Et lorsque Nous Conclûmes Alliance avec les fils d’Israël : « Vous n’adorerez qu’Allah, faites le meilleur envers les père et mère, ceux qui sont proches, les orphelins et les miséreux. Et dites aux hommes de bonnes paroles, accomplissez la prière et acquittez la Zakat » ; puis, vous vous êtes écartés en vous détournant, sauf peu nombreux d’entre vous. Et lorsque Nous avons conclu Alliance avec vous : Ne répandez pas votre sang, ne vous expulsez pas les uns les autres de vos demeures, vous y avez souscrit en apportant votre témoignage. Puis, voilà que vous vous entre-tuez, vous expulsez un groupe d’entre vous de leurs demeures, vous vous liguez contre eux par la transgression et l’agression ; et s’ils vous échoient en captifs, vous les rançonnez, alors qu’il vous est interdit de les expulser. Croirez-vous donc en une partie du Livre et rejetterez-vous en une partie ? Quelle serait donc la sentence contre celui qui agirait de la sorte d’entre vous, si ce n’est qu’ignominie dans la vie terrestre, mais le pire des châtiments est pour le Jour de la Résurrection !} Al Baqarah 84

{Et lorsque Moïse dit à son peuple : « Rappelez-vous la Grâce d’Allah à votre égard, lorsqu’Il vous sauva des gens de Pharaon : ils vous infligeaient le pire des châtiments, massacraient vos enfants et laissaient vivre vos femmes. Il y a en cela une rude calamité de la part de votre Dieu ».Et lorsque votre Dieu Proclama : « Si vous êtes reconnaissants, Je vous donnerais davantage, mais si vous êtes ingrats alors certainement Mon châtiment sera sévère ».} Al Qassas 6

Ces énoncés sont d’autres concepts par lesquels nous expliquons les lois que nous observons et qui nous permettent d’engager notre responsabilité morale et intellectuelle sans démarche partisane ou conjoncturelle. Nous devons reconnaitre que avons failli, nous avons trahi, nous nous sommes empressés pour le pouvoir et les privilèges au nom des martyrs, du socialisme, de la démocratie, de l’Algérie, de l’Islam et de tout ce qui nous vient à l’esprit comme justification et alibi. Tant que l’humilité et la sincérité continueront de déserter nos cœurs et nos esprits nous continuerons de sombrer dans l’humiliation. Nous continuerons de confondre nos intérêts privés ou sectaires avec ceux de notre patrie au détriment de la vérité, de la justice, de la foi, du mérite, de la morale, du droit des autres…

Le Coran ne nous demande pas de changer les choses par la violence, la politique et les appareils, mais par la foi et la vertu. Il ne s’agit pas de la vertu des bigots insouciants et infantiles. Il nous montre dans plusieurs contextes que la défaite des oppresseurs et des agresseurs n’est pas affaire de rapport de forces. Il ne s’agit pas de mettre en marche une majorité, mais de mettre en éveil une conscience et une motivation pour que la volonté de changement impulse les dynamiques qui rompent les points d’attache avec les inerties mises en place par Pharaon et Hamana :

{Mais ne crurent en Moïse que quelques jeunes, de ses gens, quoique ayant peur de Pharaon et de leurs notables qu’ils ne les fourvoient. En effet Pharaon est un tyran sur terre, et il est certainement du nombre des dissipateurs.} Younes 82

Ce n’est pas facile de devenir courageux devant un système oppressif et répressif. Moise lui aussi avait connu la peur :

{« O Moïse, l’élite complote contre toi pour te tuer. Sors donc ! Je suis de ceux qui te portent conseil ». Alors il sortit apeuré, aux aguets. Il dit : « Mon Dieu, Sauve-moi des gens injustes ».} Al Qassas 20

{… j’ai peur qu’ils ne me tuent…} Al Qassas 33

{…j’ai peur qu’ils ne me démentent ».} Al Qassas 35

Bien entendu, Moïse avait davantage peur de ne pas accomplir sa mission que de perdre sa vie.

{Moïse fut subitement saisi d’une frayeur, Nous dîmes : « N’aie pas peur, tu es, toi, le supérieur, alors jette ce qui est dans ta droite, il happera ce qu’ils ont fabriqué. Ils n’ont fabriqué que ruse de magicien. Et d’où qu’il vienne, le magicien ne cultive point. »} Taha  67

Allah ne demande pas à tous de ne pas avoir peur et de porter avec la même abnégation le changement et ses sacrifices. Il demande par contre de ne pas se mettre du côté du mal, de l’encourager, de le tolérer ou de lui donner une justification.

Il suffit de voir l’image actuelle de vertu des islamistes, des démocrates et des progressistes algériens pour comprendre comment Allah fait dévoiler les intentions, les stratagèmes, les collaborations et les incompétences de ceux qui n’ont rien à envier à celles des troupes du système. Les troupes du système peuvent dire qu’elles ne savaient pas, qu’elles gagnaient leur pain ou qu’elles obéissaient aveuglement. Quelle est la justification de celui ou celle qui a délibérément choisi de « vendre son au-delà au profit des autres » ? Nous connaissons tous le Hadith sur le Khassar (le perdant ou le perdu) et le Akhssar (le pire des perdants ou le pire des perdus).

Nos concepts s’articulent toujours autour de deux principes inséparables : la foi et la liberté. Nous pouvons les synthétiser dans un seul concept : la quête de Vérité.

La liberté et la foi il faut les chercher dans la démarche prophétique. Elle viennent lorsque l’on se met en quête ou au service de la vérité. C’est en réalisant ce qui le dépasse que l’homme réalise sa liberté et donne un contenu spirituel et existentiel à sa foi, car il a été créé pour se dépasser et manifester le potentiel de Khalife qui est en lui. En manifestant ce potentiel de créativité au service de la vérité qui le transcende, par la foi qui l’anime et dans le respect de la dignité qui l’habite il réalise alors sa liberté, liberté de dire, de faire, de se taire, d’imaginer, de résister.

Il ne s’agit pas de la narrative des impostures et des falsifications qui font d’un prophète l’alibi de leur mégalomanie et de leur manquement aux devoirs vis-à-vis d’autrui. Il ne s’agit pas de la narrative des mimétismes qui ne voient toujours pas que l’Occident qui impose ses valeurs et sa modernité est négateur de la liberté et de la dignité humaine malgré son cirque médiatique, ses foires électorales et ses saltimbanques politiques. L’homme occidental dispersé entre les désirs insatiables n’est ni libérateur ni civilisateur ni libéré, il est otage de ses démons, de ses angoisses et de ses illusions. Le musulman hérité de la décadence et de la colonisation n’est pas aussi un modèle d’inspiration. Notre modèle est à repenser dans une autre échelle, dans une autre dimension, pour une autre finalité.

C’est difficile. Penser est difficile. S’inscrire à l’échelle de la planète est complexe. Le plus difficile est de se libérer des simplismes qui ont l’habitude de nous conduire vers les impasses, les anarchies ou les cynismes qui opposent liberté et Islam. Les choses deviendront plus simples et plus rapides si chacun laisse son cœur ouvert à la Providence comme celui de la mère de Moïse faisant confiance totale à Dieu et lançant ses espoirs, le fruit de ses entrailles et ses attentes dans le cours de l’histoire…

La liberté prophétique c’est de parvenir à cet état de conscience qui fait qu’entre l’individu et la vérité il n’y a plus d’écran qui s’interpose pour déformer la vérité ou détourner le regard et l’attention qu’elle réclame. La démocratie, la religion et même le projet de libération peuvent devenir des réducteurs ou des déformateurs qui s’opposent à la vérité lorsque les intérêts partisans sont dominants ou lorsque la finalité n’est ni la quête de Dieu, ni la dignité de l’homme, ni une civilisation à visage humain aspirant à la rencontre de Dieu. Il faut s’inscrire dans l’histoire même si le destin nous inscrit dans la liste des anonymes, des oubliés. Allah voit et cela devrait nous suffire comme motivation.

Moïse (saws) connaissait parfaitement les besoins des faibles qu’on fait parquer comme du bétail. Les traditions rapportent qu’il était attentif et affectueux durant les années qu’il avait passé comme berger après sa fuite d’Egypte. Pour mieux servir son peuple il s’est fait assister de son frère Haroun plus savant que lui en matières sociales et en communication. Il n’est pas chargé de conduire un troupeau docile, mais de libérer un peuple qui avait perdu la notion de liberté et de résistance. Ce qui semble impossible a été rendu possible puis facilité par l’amour divin et l‘espoir qu’il suscite :

{… lorsque Nous avons inspiré à ta mère suffisamment d’espoir : “Jette-le dans le coffre, puis jette-le dans le fleuve, alors le fleuve le repoussera sur le rivage ; un ennemi à Moi et un ennemi à lui le prendra.” Et Je t’ai comblé d’amour de Moi-même, pour que tu sois formé sous Ma surveillance…} Taha 38

Moïse (saws) connaissait parfaitement la nature du pouvoir égyptien et ses mécanismes militaires, économiques et culturels de domination. Son combat s’est focalisé sur l’essentiel : la dérive démiurge de l’humain qui se donne droit de vie et de mort, d’appropriation ou d’expropriation, de reconnaissance ou de négation d’un autre homme ou d’une autre communauté au nom de valeurs et de justifications. Moïse va énoncer d’une manière simple, concise et incontestable les principes immuables du monothéisme. La vérité monothéiste va non seulement démasquer tous les syllogismes fallacieux du système, mais elle ne va lui donner aucune possibilité de récupérer un discours religieux et de l’instrumentaliser par les agents politiques, idéologiques et économiques du système pharaonique. Le discours mosaïque est un discours sur Dieu et sur la libération du peuple : foi et liberté.

La résistance de Moïse est le refus total et irréversible du système de pharaon, de ses idoles, de ses illusions, de ses troupes, de sa corruption. L’affrontement de classes, la révolte politico-militaire et toute autre forme de militantisme politicien ou partisan sont absents n’autorisant aucun arrangement, aucun compromis, aucune corruption, aucune récupération. C’est exactement le même comportement de Mohamed (saws) face aux païens à la Mecque alors qu’il était en minorité faible et démunie. C’est le même comportement de Noé et d’Abraham : le refus du système. Le système en place tombe lorsque ses symboles tombent. Le système en place tombe lorsque sa puissance devient impuissante à contraindre les faibles et les impuissants bien qu’elle puisse encore les réprimer dans le sang.

Cela fait partie des paradoxes de l’histoire lui donnant ainsi la dimension mystique qu’elle exprime dans les moments forts de l’existence humaine : l’émergence d’une civilisation et l’effondrement d’une autre. Les Prophètes (saws) et leurs disciples jouent alors le rôle de déclencheur historique qui remet les pendules à l’heure ou qui brise l’inertie, celle de l’immobilisme contre nature ou celle du mouvement entropique qui met en péril le devenir voire l’existence même de l’Homme. A chaque fois il est question du salut de l’homme qui n’a d’autre recours que le retour vers Allah.

Le système en place tombe lorsque l’énergie de son existence s’essouffle devant celle de sa négation. Moïse (saws) a remis en marche l’histoire en brisant les inerties que la démarche partisane, sectaire, politicienne ne peut vaincre car elle est le produit du système qui a besoin de sa propre contradiction pour donner l’illusion du mouvement tant que cette contradiction est formelle ou secondaire. La contradiction principale ou motrice est celle du rapport à la vérité ou à la déité sans artifices. Les contradictions sociales, politiques, économiques ou idéologiques ne sont pas les déterminants en matière de maintien ou d’effondrement du système. Elles expriment les oppositions entre intérêts mondains ou manifestent les symptômes d’une crise existentielle (surmontable ou non) dans la gouvernance, dans la distribution des richesses, dans le rapport à la justice. La contradiction fondamentale est dans le clivage entre deux visions du salut dans ce monde et dans l’autre. Il y a ceux qui se tournent vers la Transcendance pour chercher le salut en opérant tous les réajustements idéologiques, religieux et moraux. Il y a ceux qui font pérenniser le système en devenant ses représentants, ses auxiliaires, ses clients, ses contradicteurs secondaires. Ces derniers peuvent fréquenter les mosquées, les gérer bureaucratiquement ou même en faire des instruments de subversion et de diversion.

La résistance de Moïse et de ses disciples comme une résistance globale ou comme un projet de quête de la vérité s’appuie sur deux piliers.

Le premier pilier est la quête du salut. Le second pilier est le refus total du système dominant, de ses symboles et de ses valeurs. Le moteur qui fait mouvoir ces deux piliers comme deux jambes transportant un corps vers son devenir loin de son passé illusoire et de son présent attractif ou menaçant est la foi en Dieu. Le monothéisme authentique est le recours exclusif à Dieu, la confiance totale en Lui :

{Et Moïse dit : « O mon peuple ! Si vous avez vraiment eu foi en Allah, fiez-vous donc à Lui, si vous êtes musulmans. » Alors ils dirent : « Nous nous fions à Allah. Notre Dieu, ne fais pas de nous un fourvoiement pour les gens injustes, et sauve-nous, par Ta Miséricorde, des gens mécréants. » Et Nous inspirâmes à Moise et à son frère : « Prenez, vous deux, pour vos gens, des demeures à l’avant en Egypte. Et faites de vos demeures une Qibla, accomplissez la prière, et annonce la Bonne Nouvelle aux croyants ».} Younès 84

{Et Nous inspirâmes, en fait, à Moïse : « Pars de nuit avec Mes dévoués, et fraye-leur un chemin sec, dans la mer ; n’aie pas peur d’être rattrapé et ne crains pas. »} Taha 77

Fuir Pharaon en allant vers Allah est le véritable salut. Que face à nous il y ait un petit pharaon ou un grand pharaon le salut est toujours le même. Il commence et finit par l’adoption de la vérité tant comme principe de vie et de pensée que comme critère de décision et d’action. C’est la vérité qui donne la coloration morale, idéologique, économique, juridique à l’action et à la parole. Il ne sert à rien de se réclamer de la religion ou de la liberté si la vérité fait défaut. La vérité est incompatible avec l’esprit partisan, sectaire ou dogmatique. La vérité est incompatible voire impossible avec la coexistence de la rente, du clientélisme, de la corruption, de la paresse, du désir mimétique qui font tolérer un système injuste ou qui poussent à s’y asservir.

L’anthropologue français, René Girard, a montré d’une manière magistrale la spirale infernale du désir entre les désirants, ceux qui possèdent et veulent garder l’exclusivité de la possession et de l’usage, et ceux qui aspirent à posséder ce qu’ils désirent alors qu’il appartient déjà aux autres. Les uns sont prêt à tout pour conserver leur objet de désir alors que les autres sont prêt à tout pour le leur arracher ou le partager avec eux avec comme résultat l’enfer social, économique et culturel.

Le pouvoir est sans doute le désir le plus irrésistible avec l’illusion morbide qu’il est la clé pour satisfaire tous les autres désirs y compris celui des autres, de ses clients, de ses administrés, de ses opposants, de ses asservis. La logique nous dit qu’une chose qui perd sa désirabilité non seulement n’est plus convoitée, mais perd de sa valeur, de sa séduction et de son pouvoir de tentation et de chantage :

{Et persévère toi-même avec ceux qui invoquent leur Dieu, le matin et au crépuscule, aspirant à sa rencontre. Que tes yeux ne se détachent pas d’eux pour chercher le luxe de la vie terrestre. Et n’obéis point à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre invocation et qui suit ses passions : son affaire est une lamentable négligence.} Al Kahf 28

Le Coran non seulement nous montre que le pouvoir n’est ni une perspective envisagée ni une préoccupation de Moïse, mais il sape son fondement en sapant le désir et ses justifications qui conduisent fatalement à la corruption et à la collaboration :

Qàroun était certes du peuple de Moïse, mais il les a tyrannisé lorsque Nous lui avons Octroyé des Trésors tels que leurs clés pèseraient lourd à tout un groupe d’hommes dotés de grande force ! ses gens lui disaient : « N’exulte pas, Allah n’Aime pas les vaniteux.

Recherche plutôt, en tout ce qu’Allah t’a octroyé, la demeure future, sans pour autant renoncer à  ta part dans la vie ici-bas. Et soit bon, comme Allah a été bon envers toi. Et ne recherche pas la corruption de par la terre. Certes, Allah n’aime pas les corrupteurs ».

Il dit : « Ce qui m’a été donné n’est que le fruit de la science que je possède ! » Ne sait-il donc qu’Allah a déjà anéanti, avant lui, des générations d’hommes bien plus forts que lui et beaucoup plus riches sur lesquels les criminels ne seront pas interrogés de leurs péchés.

Alors il se présenta devant son peuple  dans tout son faste. Ceux qui aspirent à la vie ici-bas dirent alors : « Puissions-nous avoir semblable à ce qu’a eu Qàroun ! Il a vraiment une chance prodigieuse ».

Mais ceux auxquels la Science a été donnée, leur ont répliqué : « Malheur à vous ! La rétribution d’Allah est bien meilleure pour quiconque devient croyant et fait œuvre méritoire. Ils ne l’obtiendront que les persévérants ».

Puis Nous l’avons englouti sous la terre ainsi que sa demeure, et alors. Il ne pouvait alors ni avoir un clan pour lui apporter secours contre Allah, ni pouvoir de se secourir lui-même.

Et ceux qui la veille avaient souhaité être à sa place, se sont mis le lendemain à dire : « Il est vrai qu’Allah déploie la subsistance ou la restreint à qui Il veut de Ses créatures. Si Allah ne nous avait pas fait grâce, Il nous aurait certainement fait engloutir. Il ne fera certainement pas cultiver les mécréants ».

Cette demeure future, Nous l’accorderons à ceux qui ne désirent pas d’arrogance de par la terre ni de corruption. Et l’heureux dénouement sera pour ceux qui prennent garde à Allah.} Al Qassas 73 – 83

L’anthropologie moderne fournit des concepts puissants, mais elle ne peut s’inscrire dans le projet coranique offert à l’humanité : libérer l’homme en l’inscrivant dans la quête de son salut. Lorsque l’homme se met en quête de Dieu et du salut, il va fatalement se détourner de la corruption et du système totalitaire et idolâtrique qui la génère. L’amour de Dieu et l’amour mondain sont incompatibles, inconciliables, antinomiques.

Omar MAZRI – www.liberation-opprimes.net