PARTIE 1PARTIE 2 – PARTIE 3

Lorsque le refus du système se réalise en tournant le dos à ses symboles, à ses rentes et à ses tentations (menaces) non seulement le Croyant se libère des contingences, mais il devient apte à recevoir le monde comme gratification et comme œuvre gratifiante dans cette existence et dans l’autre  :

{Et Nous avons fait hériter les gens, qui étaient opprimés, les levants de la terre et ses ponants, que Nous avions bénis. Et la Bonne Parole de ton Dieu fut réalisée pour la descendance d’Israël à cause de leur persévérance. Et Nous avons détruit ce que faisaient Pharaon et son peuple, et ce qu’ils ont édifié.} Al A’âraf 137

{Certes, Pharaon s’est comporté avec arrogance de par la terre, il a désuni ses habitants en clans divers, opprimant un groupe d’entre eux, massacrant leurs enfants et laissant vivre leurs femmes. Lui, il était du nombre des corrupteurs. Mais Nous voulons faire don à ceux qui furent opprimés de par la terre, en faire des modèles, faire d’eux les héritiers, leur donner pouvoir de par la Terre, et montrer à Pharaon, à Hàmàne, et à leurs soldats ce qu’ils appréhendaient de leur part.} Al Qassas 4

Il ne s’agit pas de conforter l’oppresseur et l’oppression par la résignation et la servitude ni par la porte ouverte à l’aventurisme qui donne justification morale et idéologique à la répression des innocents et ainsi imposer le régime de terreur et de corruption. Il s’agit de nier ses valeurs, sa légitimité, ses appareils en refusant ses symboles, en se détournant de ses idoles et en refusant ses méthodes. Il ne s’agit pas de ne plus travailler comme fonctionnaire ou de fonder une secte de « hijra et takfir ». Il s’agit tout simplement de refuser de devenir un instrument ou un agent de domination, d’oppression, de corruption… Il ne s’agit pas de déserter la vie sociale et économique, mais de refuser la collaboration, la servilité, le blâmable et le répréhensible. C’est davantage un état d’esprit civique, éthique et esthétique porté par la foi et par la conscience humaine qu’une démarche politique organique.

Il ne s’agit pas seulement de la prise de conscience de la servitude et de l’oppression, mais de la connaissance de leurs causes, de leurs finalités et de leurs mécanismes pour les démonter dans leur essence et non jouer dans les marges de leurs contradictions sociales, politiques et économiques.

Le Coran a fait entrer en scène, à l’appui de Moïse, des savants. Il ne s’agit pas de théologiens au sens religieux ou universitaire, mais d’hommes doués de l’esprit de sens et des principes de vérité et de justesse. Le Prophète (saws) a défini le savant ni par son érudition ni par son statut social et intellectuel, mais par ses prises de positions lorsque les situations deviennent confuses. Ils se démarquent du mensonge et prend position pour la vérité en s’appuyant sur des arguments solides et authentiques. Les savants ne prennent pas position pour ou contre des hommes ou des appareils, mais ils éduquent le peuple et éclairent les postures et les prétentions régaliennes en les inscrivant dans la perspective du devenir inéluctable qu’il faut redouter : l’effondrement brutal et imparable de Coré une fois que ses artifices de pouvoir et d’appropriation seront démasqués. La prise de position est toujours inscrite dans la vérité, dans le salut et dans la libération de ce qui peut aliéner la volonté de l’homme et lui faire perdre son humanité.

Il est remarquable que les savants de la communauté de Moïse interviennent sur un sujet aussi complexe que la motivation économique (le désir, la propriété) et qu’ils se manifestent bien avant que la Thora ne soit révélée. Nous voyons que le discours et la posture de la foi ne peuvent être confinés dans le religieux. L’élan spirituel fait partie de la quête de vérité et de la proclamation de la vérité. La vérité est la vérité sur Dieu, mais aussi la vérité sur le salut de l’homme. Il ne peut y avoir salut de l’homme si ce dernier est aliéné par l’idole religieuse, politique, idéologique ou économique. La libération n’est pas seulement le renversement du tyran ou la reconquête du sol, mais surtout et avant tout la création des conditions spirituelles, subjectives et objectives qui mettent fin à la mutilation de l’homme, qui lui donnent les moyens et les possibilités d’accéder à la vérité et de se libérer de tout ce qui aliène ses désirs, ses choix, ses savoirs, ses quêtes de sens. L’économie comprise comme la production, la consommation, la répartition, l’échange et l’accumulation des biens pose le problème de la finalité de l’acte économique, de l’organisation sociale, de l’éthique qui font la grandeur ou l’humiliation d’une société, l’émergence ou l’effondrement d’une civilisation, la liberté ou la servitude de l’homme.

Il est admis que le mouvement politique national qui a précédé, accompagné et suivi la guerre de libération national n’avait pas de repères précis. L’indépendance pouvait être confisquée par les charlatans, les bureaucrates, les colons, les ennemis de l’indépendance, car elles ne disposaient ni d’instruments d’orientation et de navigation ni de repères de clivage et de confrontation. Chacun pouvait « servir » la nation selon sa démagogie et ses clients. La sélection naturelle s’opérait selon la loi de la jungle. Le maquisard, le déporté, le peuple enthousiaste, mais ignorant étaient épuisés et démunis devant les appareils constitués d’opportunistes véreux et d’incompétents rusés. Les mégalomanes et les naïfs pouvaient tenir leurs beaux discours, mais il leur manquait les lignes idéologiques et les instruments de gouvernance. Durant ce temps les fortunes colossales et les réseaux de clients se construisaient en amont et en aval du secteur public avant de prospérer sur ses décombres et sa braderie.

Il y a une cohérence entre les concepts coraniques et le processus de libération, car l’énoncé coranique et ses enseignements sont la vérité. Le savant mosaïque qui attire l’attention sur l’importance stratégique de l’économique dans le processus de libération rappelle les conditions sociales et économiques de la servitude qui mutilent l’humain et le rendent aptes à collaborer, à trahir, à démission et à se laisser corrompre mettant en cause sa propre liberté et celle de ses compagnons. L’indépendance, lorsque les ressources sont disponibles, devrait continuer à mobiliser en prenant en compte les besoins matériels et psychologiques brimés par la colonisation et l’oppression. Il ne s’agit pas de rente, mais de gratification morale et sociale. Voici comment Allah a traité le peuple libéré de la servitude, de la mutilation et de la privation :

{Nous vous avons ombragés de nuages et nous avons fait descendre sur vous abondance et réjouissance : « Mangez des délices que Nous vous avons octroyés ».} Al Baqarah 57

Les commentateurs et les traducteurs musulmans se conformant aux traditions judéo-chrétiennes et aux rigoristes musulmans nous disent qu’Al Manna est le miel ou la manne et qu’As Salwa est la caille rompant ainsi avec la cohérence narrative du Coran et contredisant donc la logique historique et sociale de la libération d’un peuple. Un peuple soumis à la servitude est un peuple qui garde les stigmates de la privation et de l’humiliation. Toute privation matérielle et toute atteinte psychologique qui durent ou qui ne s’expliquent provoquent la rupture avec le projet de libération et réveillent les habitudes de la soumission jusqu’à vouloir le retour de l’esclavagiste ou du colonisateur qui assuraient le pain et la sécurité. Il est logique et impératif de répondre aux besoins physiologiques par l’abondance de nourriture et de répondre aux besoins psychologiques par les réjouissances, la paix, la joie, le festif, la convivialité, le divertissement.

Il ne s’agit ni du panem circences (pain et cirque) des Romains pour contenir la plèbe ni du bolchévisme pour contenir les masses ni du capitalisme pour amadouer les citoyens, mais de répondre aux besoins élémentaires de l’humain collectivement et avec équité. Il faut conjuguer les sciences, les techniques et les organisations pour produire en abondance et en qualité. Il faut aussi de la liberté, de la sécurité, de la spiritualité, de la culture, de la socialité et des arts pour vivre le cœur réjoui et la cité apaisée. Est-ce que la bureaucratie a connaissance et responsabilité en matière de bien-être total ? Est-ce qu’elle sait produire ? Est-ce qu’elle est cultivée pour distinguer la culture du folklore ? Pour l’instant elle a produit la boulimie dans le chagrin et l’affliction. Est-ce que le peuple algérien s’est remis au travail avec sérieux et responsabilité ou est-ce qu’il a participé à la corruption et à la démission. Nous savons que Bani Israël avaient perdu les fruits de la libération dès qu’ils se sont mis à transgresser les ordres d’Allah après avoir oublié qu’ils n’avaient aucun mérite dans leur liberté :

{Mangez et buvez des subsistances d’Allah et ne ravagez pas de par la terre en corrompant.} Al Baqarah 60

Le savant mosaïque dans le Coran est un visionnaire qui voit le processus dans sa globalité et dans sa dynamique. Il ne rend pas la richesse illégitime et illicite. Il remet les choses dans leur contexte du salut : pourquoi réaliser l’acte économique, dans quelles conditions et pour quelle finalité s’enrichir, dans quelle gratitude et gratification ou ingratitude et sanction inscrire l’agent économique ? Ce ne sont ni des questions subsidiaires ni des clauses de style.  C’est ainsi qu’on identifie les moyens de réalisation de la paix sociale, de la justice sociale, de la solidarité, de la liberté.

Ce savant qui connait le rôle de l’économique dans le processus de libération à l’égard des idoles et de l’oppression nous laisse croire que Moïse (saws) ne se contentait pas de discours métaphysique. Comme Mohammed (saws) à Médine il a dû imaginer et organiser les moyens de résistance économiques et de solidarité sociale contre les monopoles financiers et fonciers qui détiennent la monnaie, le crédit, les outils de production, les marchés et les moyens de communication. Si l’économique est le symbole de l’échec de la bureaucratie algérienne c’est aussi un moyen de résistance que l’opposition algérienne n’a jamais étudié ou exploité. Au lieu d’épuiser ces décades à dénoncer et à protester il aurait été plus judicieux de promouvoir l’économie solidaire et le crédit coopératif dans l’agriculture, la petite et moyenne industrie et dans les services pour impliquer les Algériens dans un processus qui les responsabilise, les rend acteurs de leur propre libération et les met à l’abri des rentiers, de la corruption et du marché informel. Dénoncer le système algérien qui corrompe la jeunesse par le crédit aurait eu du sens si l’opposition avait promu des initiatives alternatives. Il est vrai que la bureaucratie algérienne avait sapé le mouvement coopératif et autogestionnaire qui avait vu le jour au début de l’indépendance.

Le salut impose donc de garder ses distances hors de la sphère des imposteurs et des usurpateurs. Le savant est celui qui rappelle la voie du salut et ses exigences, qui explique l’histoire au-delà des conjonctures et qui annonce les comportements pour faciliter ou activer le dénouement inéluctable de la crise qui passe par la fin du système oppresseur une fois qu’il est mis dans l’isoloir de son suicide.

Est-il réaliste et licite d’espérer et de souhaiter le suicide d’un système ? Oui, il faut observer froidement et avec lucidité le comportement du régime algérien pour l’espérer et le souhaiter comme une délivrance. Ce qui est illicite est l’effusion de sang sans droit ni justice :

{Et Moïse dit : « Notre Dieu, Tu as accordé à Pharaon et son élite aisance et biens dans la vie terrestre, notre Dieu, afin qu’ils se fourvoient de Ta voie ! Notre Dieu, supprime leurs biens et Endurcis leurs cœurs, de sorte qu’ils ne deviennent pas croyants jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux ». Il Dit : « Votre invocation, à vous deux, est exaucée. Suivez alors, tous deux, la rectitude et ne suivez surtout pas la voie de ceux qui ne savent point. »} Al Qassas 88

L’action seule ne suffit pas pour libérer. Il faut une grande pensée et une grande spiritualité pour trouver les réponses globales et cohérentes qui permettent de résoudre l’énigme de l’oppression et de la servitude.  La grande pensée ne suffit pas pour briser le cercle vicieux de la servitude oppression si les individus ne transforment pas leurs besoins, leur sensibilité, leur conscience, leurs valeurs et leur comportement en développant une nouvelle mentalité :

{Allah ne change point en la situation d’un peuple jusqu’à que qu’il change son propre état}Ar Ra’âd 11

L’objet du désir, la visée du vouloir, le contenu du savoir, la façon de croire, la finalité de l’acte, le cadre du devoir doivent changer radicalement. C’est cette nouvelle mentalité que le philosophe américain Marcuse appelle « la subjectivité radicale » et  « le grand refus » qui créé les conditions subjectives et objectives pour la transformation sociale. Marxiste freudien il ne peut envisager l’acte de libération que comme manifestation ou protestation contre la répression inutile. La gauche algérienne et les islamistes qui ont soutenu la répression n’ont à ce jour donné aucune justification politique qui puisse faire croire que leurs convictions ne sont pas mues par des calculs sordides.

Le Grand Refus marcusien n’est ni spirituel ni mystique, mais fondamentalement politique et social avec toutes ses limites morales et ontologiques. Il a quand même l’intelligence et le courage de dire qu’il s’agit de dire non, comme principe élémentaire, à la répression, à l’injustice, au jeu démocratique truqué, aux formes modernes de domination, à la pensée unique.  Pour Marcuse la pire ou la pure forme de la servitude c’est d’exister comme un instrument d’oppression ou de servitude. Dans sa logique, l’infantilisme politique et l’anarchie qui maintiennent le système en lui donnant les alibis à la répression sont une autre forme de servitude. Contre le système oppressif, le « grand refus » ou la « pensée négative » est la seule force de fracture.  Pour ma part je suis convaincu que le grand refus ne peut trouver contenu et viabilité que dans la projection de l’expérience prophétique dans notre existence sociale et idéique.

Cette idée noble, courageuse et généreuse qui refuse l’oppression, Malek Bennabi l’appelle le « sentiment démocratique ». Il s’agit de l’innéité de l’homme qui refuse d’être asservi tant qu’il ne s’est pas aliéné à un désir mimétique ou à une prétention démiurgique qui le pousse à se déshumaniser. Pour Malek Bennabi le sentiment démocratique est la mentalité musulmane par excellence qui fait que le gouverné refuse d’être opprimé et que le gouvernant refuse d’être oppresseur par considération spirituelle et morale. La fin de l’oppression est un acte de fraternisation, un acte de retrouvaille de l’humanité, un acte d’humanisation. Nous ne sommes pas dans des considérations religieuses ou nationales simplistes, mais dans une démarche philosophique et spirituelle, concrète et abstraite, qui se positionne par rapport à l’homme concret et à son essence abstraite. La dignité de l’homme est sacrée.

Sur ces principes, nous sommes tous dans une subjectivité comprise comme le regard que l’homme porte sur lui-même tant qu’il est maitre de son regard. Le jour où il tolère puis il s’habitue à ne voir que par le regard d’un autre il a perdu sa liberté de penser et de s’évaluer. Il perd sa subjectivité lorsqu’il n’est plus sujet libre, mais objet de servitude. Lorsque l’autre qui l’aliène est lui-même aliéné par des idées mégalomaniaques alors il a non seulement perdu sa liberté, mais son humanité devant dieu Pharaon qui peut dicter sa volonté pendant des siècles sans trouver de contestation ou de protestation :

 {Pharaon dit : « Je ne vous montre que ce que je vois…} Ghafir 29

Moïse (saws) en refusant radicalement Pharaon a montré qu’on pouvait et qu’on devait voir le monde avec d’autres yeux que ceux du tyran ou de l’idole. Lorsque le regard change pour adopter la perspective de la grenouille et le sujet mute en objet alors l’opprimé reprend la place de l’oppresseur, le va-nu-pieds devient arrogant, l’humilié devient la référence que le maitre et l’esclave convoitent sous des représentations différentes et des alibis différents.

Tous les Prophètes ont porté la vérité comme projet de libération contre le Taghout et comme voie de salut. Puisque j’ai déjà traité la voie de Jésus, du moins partiellement dans des articles précédents, je vais donc l’inscrire dans la continuité de Moïse. Jésus a emprunté le même schéma que Moïse dans un cadre légèrement différent. Pharaon est remplacé par les Romains. Les élites égyptiennes sont remplacées par les élites juives. C’est la même confrontation entre la vérité et le mensonge. La différence qui complique la situation de Jésus (saws) réside dans l’instrumentalisation de la religion par des « savants » et par le retour à la servitude des descendants de la génération libérée par Moise. Lorsque la religion est instrumentalisée, la vérité n’est pas la priorité des savants et le peuple devient un bouclier contre l’oppression ou un bélier pour faire tomber un régime et prendre sa place. Lorsque la religion est bien comprise alors elle devient élan libérateur qui demande à chacun d’assumer ses responsabilités, de se démarquer du mensonge et de dire non à toute forme d’oppression ou de rente.

Le Prophète et ses disciples sont des réformateurs qui ont la singularité d’appeler à Dieu, de susciter la vertu et d’être les modèles d’itinérants sur le chemin du salut. Ni la religion, ni la démocratie, ni la science ne sont une fin en soi. Elles sont des moyens pour éclairer le cheminement vers Dieu et vers le Salut. Celui qui cherche Dieu et le Salut finit par trouver ou retrouver ce qui a été donné gratuitement à Adam et à son épouse : la quiétude, la subsistance, la paix, la sécurité, la beauté et l’amour. Allah n’a pas déposé deux cœurs en l’individu, celui-ci ne peut chercher Dieu et le monde des tyrans en même temps. Il doit faire un choix.

La différence sur le rôle de la religion laisse penser que le Messie avait moins de liberté de parole et moins de possibilités d’action que Moise. Moise était face à un système arrogant et oppressif. Le Messie était face à une collaboration de systèmes qui sont parvenus rapidement et radicalement à la même conclusion : le faire taire en attentant à sa vie. Pharaon débattait avec Moise et recourrait aux armes de la communication et même s’il projetait d’emprisonner ou de tuer Moise, il avait peur de lui, car tous les Signes de Moïse annonçait la fin physique de Pharaon, de son pouvoir et de son avoir. Jésus n’avait que des ennemis sournois appartenant à des systèmes pluriels souvent occultes. Son objectif était la restauration de la foi et de la loi mosaïque confisquées et instrumentalisées par les rentiers de la race, de l’économie, de la religion, du territoire et de l’histoire. Ces mêmes rentiers étaient dans une relation de confusion entre amitié et animosité envers leurs rivaux, leurs alliés et leurs voisins. Le seul point de convergence était le projet d’assassiner le Messie (saws). Moïse faisant face à un empire en voie d’effondrement, Jésus faisait face à une colonie en pleine décomposition. Le problème anthropologique est relativement le même, mais les interactions politiques, sociales, économiques et religieuses étaient sans doute plus complexes par leur confusion

Face à cette situation, Jésus n’a ni négocié ni cherché un compromis pour avoir le droit de prêcher et encore moins solliciter une infime parcelle de pouvoir au sein des « vipères » et des « prostitués ». Il est allé très vite vers la démarcation en se focalisant sur le salut :

 { فَلَمَّآ أَحَسَّ عِيسَىٰ مِنْهُمُ ٱلْكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنصَارِيۤ إِلَى ٱللَّهِ قَالَ ٱلْحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنْصَارُ ٱللَّهِ آمَنَّا بِٱللَّهِ وَٱشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ

{

{Lorsqu’il eut constaté leur mécréance, Jésus demanda : « Qui sont mes triomphateurs pour [vers] Allah ? » Les apôtres dirent : « Nous sommes les triomphateurs d’Allah, nous croyons en Allah, et sois donc témoin que nous sommes musulmans.} Ali ‘Imrane 53

Je ne reviendrais pas sur les points que j’ai déjà développés concernant le sens de cette Aya coranique :

  • Allah est la visée dans toute parole et action.
  • Le refus du populisme politique et idéologique.
  • La pureté et la sincérité du rapport à Allah.
  • La précision et la subtilité du discours contre la lutte idéologique et la confiscation de la parole.
  • Le langage de vérité et le contrat d’assistance dans la quête du salut.
  • L’engagement responsable, sincère et loyal des disciples.
  • Le sens de triomphateur d’Allah.
  • Allah est plus proche que ce qu’on imagine.
  • La mise à l’épreuve et le devoir de témoignage.

Le projet de Jésus est passé dans la littérature de la théologie chrétienne de libération comme le «Vivre sans inquiétude» et dans la littérature de gauche comme le « Grand refus » ou « le devoir d’indignation » que les premiers chrétiens ont porté comme projet de sacrifice et de résistance, comme philosophie de quiétude contre les persécutions. Même si le Coran ne donne pas crédit à la thèse de la crucifixion de Jésus, l’appel aux Apôtres peut être admis comme projet de martyr ou résolution de refus contre le système d’oppression qui cultive la confusion. Le Messie ne cherche pas à être roi, mais un discriminant qui fait démarquer la vérité du mensonge laissant à l’histoire le soin de départager équitablement les partisans de la vérité en minorité des partisans de la confusion en majorité.

Il se trouve que toutes les civilisations qui ont émergé et ont duré ont été confrontées à ce choix de démarcation d’une manière ou d’une autre. Elles ont été portées par un projet de salut après une catastrophe ou un châtiment divin, un élan spirituel qui donne le sens du témoignage, une orientation vers un devenir par une renonciation à « ici et maintenant ».  La civilisation occidentale est née du choix que les premiers chrétiens ont porté tragiquement contre les Juifs et les Romains qui les ont persécutés.

Si les historiens se controversent sur l’ampleur des massacres des premiers chrétiens, ils restent confus devant leur abnégation devant la mort. Les Romains réprimaient le fameux « obstinatio » ou persévérance des chrétiens à conserver leur foi « étrange » et leur coutume orientale alors que pour l’administration romaine tout devait renter dans leur moule doctrinaire de polythéisme et dans leur moule politique et sociale qui fixe les normes de la cité. Les romains imposaient par la loi et le glaive l’assimilation et l’intégration des peuples orientaux et notamment chrétiens. Ils pratiquaient déjà la discrimination positive pour les indigènes qui acceptent de se détourner de leur communauté et de servir l’Administration. Les romains refusaient donc aux chrétiens l’obstination, la persévérance dans leur foi et leurs coutumes qui étaient perçues comme mettant en péril l’existence des colonies et de Rome. Les chrétiens en réaction non seulement résistaient pour sauvegarder leur foi, mais parvenaient à contester les fondements romains tels que le Panthéon, le culte de l’empereur et l’esprit de caste au point de faire de la conversion à leur religion la seule possibilité de tolérer la cohabitation avec les Romains. Lorsque Rome se converti au christianisme, l’Église et l’Empire fusionnent pour devenir un pouvoir temporel et spirituel générant ses opposants idéologiques et politiques et massacrant les « hérétiques ».

Certains affirment que la foi et la prédication des premiers chrétiens étaient basées sur le message de sacrifice que Jésus avait enseigné à ses Apôtres.  C’était donc en toute logique et en toute historicité que le message de résistance de Jésus (saws) devenu culture du martyr fasse barrage à l’Empire romain qui ne trouve stratégie payante qu’en adoptant la religion des persécutés et en la sapant par une institution religieuse qui lui donne la légitimité politique qu’il a perdu et qui sape la légitimité religieuse des peuples qui lui résistent. La confusion entre culture juive, romaine et hellénique et la quête de pouvoir vont donc se manifester de nouveau entre culture chrétienne, romaine, hellénique et quête de pouvoir.  Les cultures vont se conjuguer dans des scénarios où on trouve l’exaltation religieuse la plus mystique avec le cynisme politicien le plus cupide et le plus cruel. L’Occident va porter cette contradiction ainsi que ses repères idéologiques jusqu’à ces temps post modernes où au nom de la liberté et de la démocratie on assassine la liberté et la démocratie, au nom de la laïcité on érige des temples pour les idoles du marché et du sensationnel, au nom du refus de l’oppression on a recours à des idées chrétiennes fondamentales tout en attaquant avec virulence les mêmes idées lorsqu’elles sont exprimées par l’Islam.

L’Administration républicaine, la laïcité et le droit français sont effectivement latins au sens propre et figuré sur le plan historique et culturel. Les Musulmans de France ont du mal à percevoir la dimension historique et culturelle des laïcs et d’ajuster en conséquence leur résistance et leur problématique. Les laïcs d’Algérie sont par contre dans une confusion totale tant sur leur histoire que dans leur mode d’emprunt culturelle et idéologique à la modernité française.

On trouve des informations sur le net disant qu’au moment de l’avènement de l’Eglise romaine par l’Empereur Constantin il y aurait eu plus de 4 millions de chrétiens massacrés alors que d’autres parlent de chrétiens qui ont choisi le suicide collectif plutôt que d’être soumis à l’empire de la puissance militaire et marchande. En tous les cas les irréductibles chrétiens qui portent encore la rancune contre les Juifs croient fermement que le message de sacrifice de Jésus avait très tôt sapé l’autorité morale, religieuse et politique des Juifs en Orient, mais qu’il avait ouvert la voie à l’effondrement de l’Empire romain. Cet effondrement aurait pris un tournant décisif et irréversible lorsque l’Empire romain a été confronté, en 289 après JC, au suicide collectif des soldats convertis de la Légion thébaine en Egypte (en Suisse ?) qui avait refusé d’obtempérer à l’ordre de massacrer une population chrétienne. Le Coran nous fait le récit d’une souffrance et d’un massacre que les savants musulmans reconnaissent comme étant celui du massacre des chrétiens par les païens :
وَٱلسَّمَآءِ ذَاتِ ٱلْبُرُوجِ ﴿1﴾ وَٱلْيَوْمِ ٱلْمَوْعُودِ ﴿2﴾ وَشَاهِدٍۢ وَمَشْهُودٍۢ ﴿3﴾ قُتِلَ أَصْحَـٰبُ ٱلْأُخْدُودِ ﴿4﴾ ٱلنَّارِ ذَاتِ ٱلْوَقُودِ ﴿5﴾ إِذْ هُمْ عَلَيْهَا قُعُودٌۭ ﴿6﴾ وَهُمْ عَلَىٰ مَا يَفْعَلُونَ بِٱلْمُؤْمِنِينَ شُهُودٌۭ ﴿7﴾ وَمَا نَقَمُوا۟ مِنْهُمْ إِلَّآ أَن يُؤْمِنُوا۟ بِٱللَّهِ ٱلْعَزِيزِ ٱلْحَمِيدِ ﴿8﴾ ٱلَّذِى لَهُۥ مُلْكُ ٱلسَّمَـٰوَ‌ٰتِ وَٱلْأَرْضِ ۚ وَٱللَّهُ عَلَىٰ كُلِّ شَىْءٍۢ شَهِيدٌ ﴿9﴾

{Par le ciel aux constellations, et par le Jour promis, et par un témoin et un mémorable (témoignage – révélateur). Périssent les Gens de la Fosse ! Leur feu était sans cesse alimenté de combustible pendant qu’ils se tenaient assis au bord, témoignant de ce qu’ils infligeaient aux croyants. Et ils n’ont tiré vengeance d’eux que parce qu’ils croient en Allah, l’Invincible, le Tout-Louable.} Al Bouroudj 1

On rapporte aussi que l’effondrement final et décisif de l’Empire romain a eu lieu lorsque le suicide et le spleen sont entrés dans les mœurs politiques de Rome. L’Empire ayant perdu toute vocation y compris celle de faire violence aux autres s’est fait violence à lui-même. Beaucoup de livres et de textes qui traitent de l’Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire Romain évoquent la célébration du suicide, de la corruption et de la prostitution dans les familles nobles de Rome.

Le capitalisme, dans sa forme impériale moderne sait recycler les choses, les hommes et les idées pour conserver sa vitalité et ses profits. Il donne existence à sa propre contradiction en laissant les idées nobles et généreuses qui le contestent s’exprimer pour ne pas affronter la violence. Le grand refus de Jésus (saws) et de Moïse (saws) continue d’émergera dans la société occidentale comme mouvement d’indignation, de protestation, de solidarité, de charité.

A titre d’illustration, « Le mouvement des indignés » qui prône la désobéissance civile non violente est d’inspiration chrétienne. Il a produit une pensée qui mérite d’être étudiée en termes de démocratie et de citoyenneté. L’essai « Indignez-vous » de Stéphane Hessel, remet à l’ordre du jour la question de la subjectivité radicale de Marcuse en proposant la protestation comme ferment de l’« esprit de résistance » contre les inégalités et les injustices. Même si ce mouvement a montré ses limites et n’a pas trouvé l’adhésion de ceux qui veulent une action plus subversive il a produit une réflexion sur les assemblées citoyennes, la démocratie participative, représentative ou associative qui mérite d’être étudiée et débattue en Algérie puis adaptée à notre contexte si nous ne sommes pas capables de nous en inspirer pour produire notre propre génie de changement. Il serait stupide de reprendre tels quels les modèles qui ont montré leurs limites en matière d’agitation politique et sociale dans leur sphère civilisationnelle.

La collaboration avec le système mondial et l’absence de dimension spirituelle ne peuvent vaincre l’inertie de la domination politique, médiatique et économique des marchés et des finances comme ils ne peuvent vaincre la médiocrité et la méchanceté de la bureaucratie algérienne.  Le FIS et les mouvements nés dans son sillage ne peuvent promouvoir le changement ni y participer s’ils restent prisonniers des schémas anciens qui ont donné une part belle à l’improvisation, à la pensée unique, à la méconnaissance des priorités et à l’ignorance des mutations mondiales en cours.

En termes de prospective nous avons l’embarras de choix sur la fin de l’Empire de la bureaucratie algérienne : engloutie comme Pharaon ou suicidée comme Rome. Pour l’instant il faut se réjouir du suicide collectif du système algérien (pouvoir et opposition) qui est en train d’épuiser toutes ses cartes et de pousser le peuple vers la fin des illusions et vers le « non désespoir ». Même si la prise de conscience sera retardée, l’échéance se compte en années. Dans dix ou vingt ans l’Algérie perdra la rente de son pétrole et de son gaz par l’épuisement de ses stocks ainsi que par les innovations technologiques en matière d’énergie.

Docile ou rebelle, démocrate ou bureaucrate, terne ou brillant, jeune ou vieux, usé ou en bonne santé, le président, ancien ou nouveau, ne pourrait donner l’illusion de gouvernance alors qu’il n’y a ni Etat ni citoyen, ni liberté ni salut . L’inertie des appareils et des imaginations est tellement grande que seule une puissante volonté de changement radical peut remettre l’histoire en mouvement. Seule une religion à rayonnement civilisateur et à dimension libératrice peut inspirer cette volonté. Bouteflika a mis en place le réseau des confréries maraboutiques. L’Arabie saoudite a mis son réseau de bigoterie. L’ancien mouvement HAMAS algérien a mis en place son réseau de rhéteurs opportunistes. Tous ces réseaux sont sous le contrôle de la bureaucratie. Ils sont donc trop médiocres et trop corrompus pour s’opposer durablement à l’appel de Moïse, de Jésus et de Mohamed (saws) qui habitent l’âme algérienne si elle parvient à se libérer de la faciliter à chercher le salut en servant le système ou à se contenter de sa rente.  Il ne s’agit pas d’une option pour la violence, mais d’une option pour la dignité. Le système va continuer d’aller au suicide en épuisant ses ressources et ses intelligences.

La civilisation égyptienne ou romaine a disparu une fois qu’elle a épuisé son énergie de nuisance. La loi de l’alternance s’exécutera dès qu’une énergie positive se mettra en place comme alternative en Algérie. Cette énergie n’a pas besoin de solliciter le pouvoir ou de le convoiter ni de se proclamer vertueuse, il lui suffit de vouloir le bien et la vérité, l’histoire finira par la choisir pour une nouvelle étape. Il lui suffit aujourd’hui de manifester son indignation, son refus et de se mettre à l’étude des meilleurs scénarios de gouvernance alternative. Jésus (saws) avait tracé la voix du refus total :

{Lorsqu’il eut constaté leur mécréance, Jésus demanda : « Qui sont mes triomphateurs pour [vers] Allah ? » Les apôtres dirent : « Nous sommes les triomphateurs  d’Allah, nous croyons en Allah, et sois donc témoin que nous sommes musulmans.} Ali ‘Imrane 53

 

Le refus c’est le salut de l’âme. Il n’y a rien à attendre d’un système répressif, corrompu et corrupteur. Chacun doit s’interroger sur son devenir le Jour où il n’y aura ni rente, ni intercesseur :

{Certes, ceux qui se font injustice à eux-mêmes, les Anges leur disent en les rappelant : « Où en étiez-vous ! ». Ils dirent : « Nous étions des opprimés de par la terre ». Ils disent : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour que vous y émigriez ? ». Ceux-là alors leur refuge sera la Géhenne, vil destin ! Sauf les opprimés de parmi les hommes, les femmes et les enfants à court de moyens, et qui ne trouvent pas de voie.} An Nissa 97

Est-ce que nous avons épuisé les moyens de résistance ?  Est-ce que nous avons suffisamment refusé la servitude et l’oppression ?

Je ne le pense pas comme d’ailleurs je ne pense pas que la révolte armée ou que la désobéissance civile ou civique soit le moyen de résistance le plus efficace et le plus licite. La voie prophétique n’est ni celle du suicide collectif, ni celle du désordre total, ni celle de la résignation de l’impuissant, ni celle de la protestation bruyante ou de la dénonciation itérative.

L’histoire finit par répondre en offrant les conditions objectives et subjectives ainsi que les possibilités matérielles et spirituelles à ceux qui se sont inscrits dans le changement porté au niveau du sublime en l’occurrence le salut :

{Il n’est pas de mise qu’Allah laisse les croyants dans l’état où vous êtes, jusqu’à ce qu’Il discerne le méchant du bon. Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur le Ghayb, mais Allah élit, parmi Ses Messagers, qui Il veut. Croyez donc en Allah et en ses Messagers. Et si vous êtes croyants et êtes pieux, vous aurez sûrement une immense rémunération.} An Nissa 177

{Il n’est pas de mise qu’Allah soit injuste envers eux, mais c’est envers eux-mêmes qu’ils étaient injustes.} At Thawbah 70

{Il n’est pas de mise qu’Allah fourvoie un peuple, après l’avoir guidé, sans leur avoir démontré ce qu’ils doivent éviter.} At Thawbah 115

{Il n’est pas de mise que ton Dieu fasse périr les Cités par injustice, alors que leurs habitants sont des réformateurs.} Younes 117

La démarche réformatrice des Prophètes est l’élan spirituel à la fois salvateur, libérateur et civilisateur. Il ne s’agit pas de renoncer à ses droits, mais de les inscrire dans une dimension historique qui concerne les générations à venir ainsi que les principes universels, de les subordonner à l’exercice de ses devoirs, et enfin de leur donner sens dans la perspective de la vie après la mort :

« Allah mon Dieu ne fais pas de l’existence mondaine la chose la plus importante de notre préoccupation ni l’unique visée de notre savoir, et ne nous soumet pas, du fait de nos péchés, sous le pouvoir de celui qui ne te crains pas et qui ne nous fasse pas miséricorde ». 

A l’image des Prophètes, les réformateurs sont portés par l’anagogie cet élan spirituel qui les aspire vers la vérité, la vertu et la noblesse, l’empathie universelle, cette miséricorde qui leur fait aimer le bien, le bon et le beau pour toute la création divine, l’intelligence qui leur donne une vision réaliste et une conduite efficace dans les rapports de forces, de communication et d’ingénierie qui s’affrontent ou se confrontent :

{Si vous souffrez, eux aussi ils souffrent autant que vous souffrez, mais vous espérez d’Allah ce qu’ils n’espèrent point.} An Nissa 104

Un peuple, une communauté ou une minorité qui inscrit son destin dans l’espérance qui impose la rupture avec le système dominant finit fatalement par produire les moyens organiques de sa survie et de sa libération en produisant d’une manière autonome les richesses de son existence et les élites de la conduite de son changement. Ces élites vont nécessairement proposer des alternatives crédibles et efficaces pour réaliser le changement. Ces élites vont produire les idées et susciter les comportements nécessaires à la maitrise d’un territoire : l’usage, la conception, la réalisation, l’appropriation et l’expertise des choses, des instruments, des idées, des modes opératoires, des fonctions, des ressources humaines et des projets qui construisent l’avenir épuré des germes du Taghout.

Si le peuple ne peut être le ferment qui génère et fait prospérer les élites nobles et généreuses il ne peut ni organiser ni enfanter le changement et le refus qui va avec. Si les élites n’ont pas la vocation d’éclairer et de servir le peuple à l’image des savants de la communauté de Moïse elles seront fatalement condamnées à servir le système d’une manière ou d’une autre par leur dispersion, leur corruption ou leur confusion. La formulation de la liberté et des processus de libération ne peut donc se concrétiser dans la formulation bureaucratique de l’Algérie ou dans ses normes de l’Occident.

Le changement n’est pas simple affaire de vote ou de majorité formelle ni don du prince ni violence révolutionnaire contre les nantis et les autorités en place. C’est une aspiration spirituelle et temporelle qui impose au mouvement des idées et de la société le même élan, la même orientation et la mise en réseau du potentiel de changement. Il s’agit de mettre en commun et en synergie les compétences, les intelligences, les sensibilités, les moyens, les solidarités, les cultures et les ambitions. Chacun est au service de l’ensemble dont il partage le devenir. Ce devenir n’est pas confiné à ce moment, à ce lieu et à ce désir mondain, il est dans la trajectoire qui assure le salut dans ce monde et dans l’au-delà :

{Allah a promis à ceux qui sont devenus  croyants d’entre vous, et ont fait les œuvres méritoires, de faire d’eux, certainement, les successeurs sur la Terre, comme Il a fait de ceux qui furent avant eux, des successeurs, et d’accorder plein pouvoir à leur religion, qu’Il a agréée pour eux, et qu’après leur inquiétude, Il la leur changera en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent absolument rien. Et quiconque renie après cela, alors ceux-ci sont les pervertis.} An Nour 55

Omar MAZRI – www.liberation-opprimes.net