La condamnation à mort des militants des Frères musulmans qui ont refusé le coup d’état militaire est inquisitoriale. Elle ne repose ni sur la justice ni sur le droit ni sur la morale. C’est le comportement bête et méchant qui croit que l’exemplarité et la sévérité des peines contre un adversaire politique déchu par manipulation suffit pour reconquérir la légitimité politique perdue.

Les monstres sont en train de cultiver la haine et la violence qui vont emporter ce qui reste de vivable en Égypte pour le seul profit de l’Empire, du sionisme et des milieux d’affaires égyptiens. La gauche, les libéraux, les nationalistes et les bigots salafistes qui ont participé à ce scénario n’ont aucune envergure politique et morale pour gouverner l’Égypte avec ou sans les militaires. Ils viennent, une fois de plus de montrer leurs limites politiques et leur médiocrité intellectuelle.

La répression brutale et cruelle a déjà produit les ferments de la dislocation sociale et morale de la société. Ni le FMI ni les investisseurs étrangers ni les conseillers étrangers ne pourront redresser un pays de 85 millions d’habitants menés par l’intimidation et la menace.

Je ne pousserai pas le cynisme à charger les Frères musulmans, mais depuis la pseudo révolution contre Moubarak ils n’avaient fait que s’embarquer dans un processus qui a cherché l’embrasement de la région faisant du soulèvement légitime des pauvres et des exclus un prétexte, un écran et une mécanique diabolique.  Ils avaient l’obligation de déjouer le complot et de refuser la précipitation et la tentation du pouvoir. Non seulement ils sont tombés dans la Fitna, mais ils en sont devenus les instruments. Il ne s’agit pas de revenir sur les errements politiques et idéologiques des Frères musulmans, mais de dire que la compassion ne suffit pas pour prendre position et mettre fin à ces cycles d’insenséismes. Les arrangements d’appareils, les luttes « révolutionnaires »  et les archaïsmes des confréries montrent une fois de plus les impasses auxquels ils conduisent fatalement.

Dénoncer les militaires et  faire de cette dénonciation la seule arme de résistance n’est pas réjouissant. Il semble que la répression poursuit cet objectif  : mettre l’armée et une partie du peuple dans une guerre sans merci derrière laquelle le capital continue son œuvre de déstructuration des territoires, des économies, des sociétés et des mentalités. Le Qatar et l’Arabie saoudite, leurs savants attitrés et leurs médias ont mené le monde arabe et  l’Égypte vers le chaos programmé.

Omar MAZRI – www.liberation-opprimes.net