Deux avions d’Air Algérie se sont « légèrement » télescopés ce lundi 1er septembre à l’aéroport d’Alger,  a indiqué la compagnie aérienne nationale dans un communiqué.

« C’est un incident sans gravité qui s’est produit entre deux ATR 72 500 en stationnement à l’aéroport Houari Boumediene. L’un des appareils a touché le bout d’aile de l’autre avion suite à un traçage trop rapproché du parking des aéronefs », précise Air Algérie.

Il s’agit du troisième incident enregistré par la compagnie nationale en quelques semaines. Le 24 juillet, un avion affrété auprès de la compagnie espagnole Swiftair s’était écrasé au nord du Mali causant la mort de 116 passagers. Le 30 août, un avion d’Air Algérie qui s’apprêtait à décoller de l’aéroport de Lille avait effectué une sortie de piste.

Dans cet entretien, l’expert en aéronautique, Mohamed Benzerroug, revient sur cet incident.

Est-ce que ce genre d’incidents se produit fréquemment ?

Je dirais qu’ils ne doivent pas se produire, surtout au sol. Les avions y sont plus vulnérables qu’ils ne le sont en l’air avec des risques d’accidents graves. Il faut savoir qu’il y a eu des accidents de collision sur le sol avec des conséquences graves et mort d’hommes.

Qui est le fautif ?

Le responsable est le commandant de bord qui n’a pas effectué convenablement le roulage au pas. Donc, soit il a roulé rapidement, ou il n’a pas respecté la signalisation ou bien il n’a pas effectué convenablement la manœuvre de stationnement.

Air Algérie a parlé d’incident sans gravité…

Elle ne va pas dire le contraire pour ne pas effrayer les voyageurs. En fait, au sol, le roulage sur le taxiway (les petits chemins empruntés par les avions pour rejoindre le parking ou, dans le sens inverse, la piste de décollage) doit se faire au pas ! Le commandant de bord doit suivre le tracé.

Les conséquences auraient-elles pu être plus graves ?

Oui ! Les réservoirs de l’avion se trouvent sur ses ailes et au milieu. Un feu aurait pu être déclenché, l’avion aurait pu être endommagé avec tout ce que cela aurait pu engendrer comme retards et des déprogrammations. Même si l’incident peut vous paraître banal, aux yeux de l’autorité de l’aviation civile et d’un point de vue technique et sécuritaire, il s’agit d’une infraction à la réglementation. L’incident révèle également une forme d’anarchie au sol.

Hadjer Guenanfa – TSA