Alors qu’il est interdit de verser le sang sans droit et sans justice, l’Arabie et ses alliés agressent le Yémen. Les Saoudiens ont bombardé la capitale Sanaa qui demeure l’unique ville arabe qu’aucun envahisseur arabe, britannique, portugais, ottoman n’a pu occuper par le passé.  Il y a là un signe des temps qui ne trompe pas. Bien entendu l’esprit non partisan et indépendant ne peut rester indifférent devant l’armada bédouine mobilisée contre un peuple arabe alors que le peuple arabe palestinien n’a jamais bénéficié d’un soutien réel et conséquent de la part de ces bédouins. Pourquoi ?

En réalité j’ai apporté ma réponse en expliquant depuis plusieurs années que ce qu’on appelle la décolonisation est un processus de désengagement militaire et policier trop couteux en faveur de la transformation des anciennes colonies en comptoirs commerciaux selon le principe de l’inégalité des termes de l’échange. Ce processus, avec l’hégémonie américaine sur l’Europe, arrive à son terme et se fait remplacer par un autre : les armées arabes deviennent des armées coloniales agissant pour le compte de l’Empire. C’est le même souci d’économie, d’efficacité et de prédation avec une nouvelle doctrine militaire qui fait du champ de bataille le social, la culture, la technologie et l’économie, du système d’arme la communication et la médiatisation, de l’action militaire une supervision stratégique. La tactique est confiée aux vassaux européens. L’exécution aux sbires arabes et africains. Le Yémen, après la Libye, du fait de l’absence d’un État fort, est un champ d’apprentissage et d’expérimentation de la nouvelle doctrine.

Dans mon analyse assidue des « révolutions arabes » de l’absence de curseur idéologique, de la faiblesse de l’encadrement politique, de la démagogie du discours j’ai vu avec lucidité la chute tragique de l’élan populaire et la récupération du sang versé par les opportunistes avides de pouvoir. Dans mon analyse je voyais la Syrie, la Libye, l’Égypte et le Yémen sombrer dans le pire. J’ai vu l’échec flagrant de ceux qui se réclament de l’islamisme comme ceux se réclamant du progressisme ou du libéralisme. Froidement et sans parti pris j’ai vu deux horizons. Le premier c’est la guerre fratricide sunnite chiite et Arabes Perses. Le second c’est le renouveau de la « Révolution » sous d’autres couleurs et d’autres encadrements, car l’idée du changement est dans l’air, car l’échec des premiers sera capitalisé. Quand et où ? Je ne pouvais deviner. J’avais l’intuition que cela devait se produire comme étant logique, nécessaire historiquement. J’ai pensé que ce serait en Égypte une fois que les nationalistes, les frères musulmans, les salafistes, les azharites et les miliaires auraient épuisé leurs peu d’argument. Cela s’est passé au Bahreïn et cela se passe maintenant au Yémen. L’histoire a son aspect mystique lorsqu’on la débarrasse des mythes. La porte est ouverte, grande ouverte partout pour tous les scénarios.

Il y a bien entendu d’autres raisons que nous allons passer en revue brièvement.

Il faut être aveugle et ignorant pour ne pas savoir que l’Arabie des Saoud et les territoires des roitelets bédouins sont une création de l’Empire britannique et un instrument de l’Empire américain. Que les auxiliaires de l’empire et du sionisme soutiennent l’agresseur et se réjouissent de l’agression ne doit pas nous étonner. L’argent de la corruption, l’instrumentalisation de la religion et les commandements US expliquent l’impensable.

L’impensable est une guerre fratricide entre musulmans pour le compte de l’Empire et au profit du capital militaro industriel, financier et pétrolier. Cette guerre n’est pas née du néant. Elle a commencé avec la manipulation de Sadam Hussein amené à entrer en guerre avec l’Iran après la révolution iranienne. Elle continue de faire son chemin dévastateur après la « révolution arabe ». Dans ce long chemin, très court sur le plan historique, nous avons assisté à trois phénomènes majeurs :

–          La destruction des territoires arabes grands par leur histoire, leurs  ressources et leurs géographies : Algérie, Soudan, Irak, Syrie, Libye.

–          La résistance iranienne. Les Iraniens sont parvenus à se fédérer, à se démocratiser, à s’industrialiser et à instaurer leur présence comme force stratégique dans la région selon le principe simple et efficace qui énonce que « la nature a horreur du vide ». Ce sont les Arabes qui ont créé le vide et qui ont vendu le vide à leurs peuples et à leurs alliés pour ne récolter que le chaos, la vassalisation et le terrorisme.

–          La résistance palestinienne qui se trouve otage des divergences politiques arabes et palestiniennes et des pressions financières et diplomatiques arabes et internationales. Nous avons vu comment le HAMAS s’est trouvé impliqué dans la crise syrienne et dans le conflit fabriqué entre sunnites et chiites au détriment de la cause palestinienne rejoignant les errements de l’OLP et de ce qu’on appelle l’Autorité palestinienne qui n’est rien d’autre qu’instrument anglo-saxon d’administration de l’occupation sioniste de la Palestine.

Les bédouins, par leur nature vassale et irresponsable,  ne peuvent donc qu’alimenter nuisiblement ces trois phénomènes. L’aura prestigieuse et usurpée de « Serviteur des deux lieux saints » de l’Islam ne peut cacher la trahison envers Al Qods (Jérusalem), le démantèlement de ce qui reste de cohérent et d’homogène dans le monde arabe, la diffusion de la mentalité rétrograde et contraire à l’Islam, le soutien du terrorisme intégriste. Derrière ce qui semble incohérent il y a une politique satanique. Ne pas voir cette politique satanique c’est ne pas comprendre les multiples insenséismes géopolitiques et religieux dont à titre d’illustration :

–          Créer l’organisation des pays islamiques pour contrecarrer les nationalismes arabes qui investissaient dans l’enseignement publique et  l’industrialisation nationale

–          Accepter l’alliance avec les « mécréants » dans un pacte pétrole contre sécurité des régimes tout en exportant le désaveu et la guerre contre les « mécréants » dans les autres pays musulmans.

–          Être l’allié du Shah laïc et ennemi du clergé iranien.

–          Désavouer le FIS sunnite algérien, les Frères musulmans égyptiens et les Houttistes chiites yéménites au nom de la légitimité du pouvoir en place, mais encadrer militairement et financièrement les destructeurs de l’État en Libye et en  Syrie.

–          Implanter le Wahabisme dans le monde arabe, mais collaborer avec la Turquie « frériste » et ottomane pour détruire la Syrie et l’Irak.

–          Dévoyer le Soudan pour le partitionner en zone utile et zone de conflit puis faire de ses gouvernants avides de pouvoir et corrompus jusqu’à la moelle épinière non seulement les fossoyeurs du projet islamique au  nom duquel ils ont mené une politique absurde, mais les vassaux dociles de l’Empire. Pour l’anecdote si le Soudan était bien gouverné et si l’argent arabe était bien dépensé tous les musulmans auraient mangé à satiété des ressources soudanaises. Les Yéménites, les Soudanais, les Égyptiens, les Afghans et les Bengalis seraient « prospères » alors que le FMI et la Banque mondiale seraient en faillite.

Derrière ces paradoxes il y a un cynisme qui veut détruire le monde arabe et l’Iran pour imposer la continuité de Sykes Picot à la sauce américaine. Lorsqu’on parle de sauce américaine on parle de plusieurs choses :

–           géopolitique du pétrole,

–          relance de la machine économique par l’industrie militaire,

–          interdiction aux Arabes et aux musulmans d’avoir un projet d’éveil ou de renaissance civilisationnelle qui viendrait comme alternative au matérialisme capitalisme,

–          empêchement des Russes et des Chrétiens d’Orient de faire jonction avec les autres peuples et les autres religions sur un projet aussi ambitieux que l’Eurasie. L’Eurasie est économiquement, financièrement  et politiquement la mise à mort de l’Empire anglo-saxon. Le monde arabe et musulman est au cœur des enjeux planétaires, mais les musulmans sont prisonniers de leur ignorance et de leur bigotisme.

Le Yémen aurait pu connaitre la paix et la prospérité et devenir l’équivalent de Singapour si les Bédouins avaient eu la morale humaine et la vision politique d’investir dans l’éducation, l’industrie et l’agriculture au lieu de provoquer les déchirements du Yémen dont les pires moments remontaient à la guerre froide et à l’insenséisme des Arabes qui divergeaient entre progressistes alliés de Moscou et monarchistes alliés de Washington. Dans un cas comme dans l’autre le « peuple » ou la « nation » et « Dieu » étaient de la rhétorique comme le sont aujourd’hui islamisme et libéralisme ou démocratie et patriotisme. Les canailles font de chaque valeur un refuge et parviennent à y rassembler d’autres canailles plus stupides. Nasser plus populaire que Sissi avait conduit l’Égypte à perdre des milliers de ses fils au Yémen au début des années 60. Où va aller Sissi avec une Égypte meurtrie, endettée et corrompue. Le sang des Égyptiens qu’il a sur la conscience ne peut être lavé par le sang des Yéménites.

Pourquoi agresser le Yémen dans cette période ? Les mêmes gouvernants, les mêmes « savants » musulmans et les mêmes imposteurs et usurpateurs de l’Islam se rangent derrière les Bédouins comme ils l’ont fait lorsque l’OTAN détruisait la Libye et les terroristes détruisaient la Syrie. Ils n’ont aucune justification morale ni religieuse. Le sang qui coule vient s’ajouter à leurs forfaitures. Chacun répondra devant Dieu pour ses paroles et ses actes. Chaque goutte de sang versée sans droit viendra demander justice. Les bigots, les politiciens et les opportunistes qui approuvent l’effusion de sang par leur consentement ou par leur silence auront à répondre le Jour de la Rétribution.

Pourquoi agresser le Yémen dans cette période ? Lorsqu’on sait que les États-Unis assassinaient avec l’aide de l’armée yéménite les présumés dirigeants d’Al Qaïda et qu’ils ont relativement encouragé les Houttistes à prendre le pouvoir et à lutter contre les Takfiris, on reste dubitatifs sur l’intervention saoudienne. Est-ce que les États-Unis sacrifient le Yémen pour faire oublier leur échec en Syrie et en Ukraine ou est-ce que leur satanisme dépasse toute imagination.

Pourquoi agresser le Yémen dans cette période ? Est-ce que les Perses et les Chiites sont un danger pour le monde arabe et l’Islam ? Est-ce qu’ils n’ont pas le droit de revendiquer et d’avoir du pouvoir parce qu’ils n’appartiennent pas à la doctrine de l’orthodoxie sunnite ? Où sont et qui sont les Sunnites ? Quelles sont les divergences doctrinales entre sunnites et sont-elles moins ou plus graves que celles avec les chiites et les ibadites ? Est-ce que nous sommes conscients de la gravité de la situation ? Qu’allons-nous dire à Dieu ?

Pourquoi agresser le Yémen dans cette période alors que la raison humaine et la géopolitique appellent le musulman et l’Arabe à s’interroger sur :

–          Presque 5 ans de guerre civile en Syrie sans perspective de règlement autre que l’huile jetée sur le feu par les Bédouins.

–          La fragmentation de la Libye qui touche la Tunisie et qui va toucher l’Algérie.

–          La Jordanie qui livre la mer noire à Israël au détriment de son écologie et de ses voisins arabes.

–          L’Égypte paupérisée et sans projet de démocratisation et de développement sérieux qui se trouve entrainé par un maréchal ambitieux à intervenir pour le compte de tiers en Libye et au Yémen.  Sur plusieurs fronts, internes et externes, comment l’Égypte va-t-elle résister à l’Éthiopie lorsqu’il faut régler le contentieux hydraulique et surtout comment envisager un instant qu’Israël n’a pas le projet de se débarrasser à jamais de la plus grande armée arabe à ses frontières.

–          L’armée irakienne et la défense populaire (peu importe qu’elle soit sunnite, chiite ou sans religion) qui s’organise (avec l’aide de l’Iran) pour contrer DAESH (soutenu par l’Arabie saoudite, ses donneurs d’ordre et ses alliés).

–          Quel crédit donner aux dirigeants arabes et à leurs « savants » lorsque l’Amérique et la France soutiennent et armes les bédouins contre les Arabes ?

–          Que représentent politiquement, intellectuellement, économiquement et socialement dans les masses arabes les bigots salafistes qui ont fait de l’Arabie saoudienne leur Qibla ?

Il est impensable que les « Arabes » ne se soient pas posé ces questions et qu’ils entrent dans une guerre.

Si la majorité des naïfs croient que c’est ainsi qu’il faut mettre fin à l’expansionnisme iranien et chiite cela prouvent qu’ils n’ont aucun sens des réalités.

La première réalité est celle des lois de la thermodynamique. Il y a trop d’énergie gaspillé dans le monde arabe sans que cela puisse continuer à être supporté. Personne ne sait quand, où ni comment et avec quelles forces les énergies vont se libérer. Elles peuvent être créatrices ou chaotiques. Dans un cas comme dans l’autre elles ne seront pas favorables aux systèmes en place. Il est impossible que la crise puisse durer éternellement. Les élites en place seront plus touchés que les peuples qui n’ont plus rien à attendre à moins d’être chair à canon pour des causes qui ne concernent ni leur religion ni leur nation ni le devenir de leurs enfants.

La seconde réalité est celle de l’Iran. L’Iran, qu’on soit d’accord ou opposé à sa politique, a construit une compétence de compter sur ses forces, une industrialisation, une capacité de mobilisation silencieuse et efficace. Il a surtout construit des alliés stratégiques organisés et disciplinés qui peuvent livrer bataille idéologique, politique et militaire dans les pays arabes. Cela signifie qu’à moyen terme ce sont les Arabes qui vont s’auto détruire au pire des cas sinon ce sont les iraniens qui vont gagner au meilleur des cas. Les iraniens non seulement ne sont pas stupides pour intervenir directement et ouvertement, mais ils ont les capacités de superviser le combat où se dessine leur avenir et celui des monarchies arabes.

Pour l’instant l’Empire et le sionisme ont une capacité de nuisance redoutable, mais force est de constater qu’elle perd de plus en plus son efficacité, son hégémonie voire son contrôle sur les événements pour sombrer dans le chaos.

Troisième réalité. On peut donc dire qu’à quelque chose malheur est bon puisque la crise va s’aggraver et les contradictions s’aiguiser et favoriser ainsi l’effondrement prévisible et visible du système dominant. La nature et la direction de ce changement va dépendre des Arabes, des Musulmans et bien entendu du rôle des Russes et des Chinois. L’histoire est en train d’impliquer la Russie dans un destin planétaire.  Après la Syrie et l’Ukraine, le Yémen directement ou l’Iran indirectement est une autre voie de manœuvre pour les Russes.

La quatrième réalité est celle du pétrole. L’Arabie saoudite a brisé les revenus de la Russie, de l’Algérie, de l’Iran, du Venezuela sans que cela n’apporte un gain aux peuples ni une réalité des prix. Ce sont toujours les compagnies américaines qui exploitent, prospectent et consomment selon leurs propres stratégies. Les Arabes bédouins continuent de dépenser plus que ce qu’ils produisent, la guerre va détruire leurs ressources, mais elle ne va pas enrayer leur culture du gaspillage.

La cinquième réalité est celle de l’accord probable entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire iranien. Cet accord est plus important pour le président Obama qui aurait ainsi à son actif un fait historique. La guerre durcit la position iranienne et fragilise Obama qui finalement se retrouve président sans pouvoir et sans destin. Cela signifie que la crise est grave, elle ne concerne pas les Arabes et leur folie, mais l’Amérique, ses institutions et ses centres de décision. La France, pour l’instant, est sans destin, sans cap ni capitaine. L’alignement du président Hollande sur l’Arabie et ses couacs en Syrie et en Ukraine ne fait que reconduire les catastrophes de Sarkozy en Libye.

La sixième réalité est celle de la réalité politico religieuse au Yémen. La propagande veut nous présenter ce qui se passe au Yémen comme un coup d’État chiite contre un président sunnite. Le président est un président sortant qui a échoué dans son mandat. Les « Ançars Allah » sont certes chiites, mais leur principal allié est l’ancien président Ali Abdallah Salah qui est sunnite et qui jouit d’une grande estime dans la population malgré qu’il fût renversé par la « révolution arabe ». Salah a toujours la confiance de l’armée et le soutien d’une partie des savants sunnites du Yémen. C’est cette armée qui a permis aux Houttistes de renverser l’ancien régime.

La septième réalité est celle de l’expérience égyptienne : Le président Morsi était élu démocratiquement et il était sunnite pourquoi n’a-t-il pas été soutenu et défendu ? Est-ce que le Pakistan a une compétence religieuse, humaniste, légale sur le plan du droit international pour intervenir dans une coalition « islamique » contre un pays arabe souverain alors qu’il n’est capable ni de pacifier son propre peuple ni d’aider les Afghans à se libérer de l’occupation étrangère ?

La huitième réalité est celle du terrain. Toutes les doctrines militaires savent qu’il ne suffit pas de pilonner l’ennemi par l’aviation et l’artillerie pour le vaincre, il faut occuper le terrain, le pacifier et le nettoyer de tout embryon de résistance qui pourrait prendre les armes ou la parole qui mobilise contre le vainqueur. Les Palestiniens de Gaza ont résisté glorieusement à trois agressions sionistes. Les terroristes de DAESH en Irak et en Syrie résistent depuis des mois au pilonnage de la coalition internationale. Les membres présumés d’Al Qaida au Yémen sont toujours actifs malgré les drones et les missiles américains provenant de la mer, de l’air et de la terre ? Est-ce que les Houttistes, soutenus par l’Iran et une partie de la population arabe, vont s’effondrer ? N’ont-ils pas remportés la première manche contre l’Arabie saoudite en 2009 ?

Nous ne sommes donc pas encore dans un scénario où l’Arabie et la coalition des bédouins vont gagner la bataille. Mais dans l’hypothèse improbable d’une défaite cuisante des Houttistes il n’y a que deux scénarios probables sachant que celui de la paix est définitivement éliminé :

–          guerre civile dans un pays qui vit dans une situation de conflit presque éternelle avec cette fois-ci exportation à l’intérieur des frontières des monarchies menaçant leur sécurité nationale,

–          fédération des yéménites arabes dépassant le clivage sunnite chiite sur le principe de résistance à l’agresseur.

Dans un cas comme dans l’autre le conflit va durer et va réveiller les conflits de clans et de tribus dans des territoires qui ne connaissent ni la mentalité républicaine ni l’appartenance à l’État moderne. Il est logique de voir prochainement le rapport de forces militaires en faveur de l’aviation saoudienne se changer en faveur d’une force de frappes par les missiles que l’Iran et la Russie livreraient à la résistance yéménite. Les territoires yéménites occupés par l’Arabie saoudite comme Najrane seraient revendiquées militairement, socialement et politiquement. A titre de rappel, l’Empire américain avec sa logistique, ses armées et sa technologie n’a pu l’emporter sur l’Irak ni sur l’Afghanistan ni sur la Somalie. Il a généré des entropies acceptables au regard de son éloignement géographique. L’Arabie est trop proche pour ne pas être touché par les conséquences de son aventure vouée à l’échec.

Ces bédouins n’ont rien à voir avec les Omeyades, les Abbassides ou les Ottomans.  Ils n’ont ni ancrage historique ni profondeur civilisationnelle. Ils seront donc effacés de l’histoire de la même manière qu’ils y sont entrés par effraction. Si les Américains ont le culte du pragmatisme, les Bédouins n’ont pas de culture politique à moins que nous sommes déjà dans une bataille contre l’Iran. Cette guerre est repoussée depuis trop longtemps. La confusion ne peut durer encore longtemps. Les informations font état d’une mobilisation massive de la flotte militaire américaine près des côtes iraniennes et arabes, mais ils oublient que les Arabes chiites représentent au Moyen-Orient entre 10 à 40 % de la population locale. Les armes les plus sophistiques aux mains des appareils les plus organisés dans la répression n’ont aucune garantie de maitriser la situation. Le Yémen en fait déjà la démonstration depuis quelques semaines. Les milliers de milliards de dollars d’investissements et de chiffres d’affaires réalisés par les riches arabes peuvent disparaitre en un clin d’œil du fait de la guerre. Est-ce que le sectarisme ethno religieux sera plus fort que le sens des affaires ? Dans quelques jours on aura la réponse ! En attendant nous félicitons l’Algérie et Oman pour leur neutralité.

Neuvième réalité, la plus amère. Les gouvernants arabes et les mouvements islamiques – en particulier les Frères musulmans et les Salafistes – n’ont pas de curseur idéologique ni de carte politique. L’aveuglement les conduit à devenir des marionnettes que l’Empire manipule selon son agenda. N’est-ce pas étrange que les FM soient décapités en Égypte, mais actifs en Syrie et au Yémen ?  N’est-ce pas étrange que le tout petit Qatar refuse à Sissi le droit d’intervenir en Libye? N’est-ce pas étrange que le Qatar promu à être avalé par l’Arabie saoudite se trouve pièce maîtresse dans le dispositif d’agression contre le Yémen à coté des néo-ottomans? Ce qui réuni tous ses gens malgré leurs divergences psychologiques et doctrinales est leur crapulerie mise au service de l’Empire. Là où vous voyez un musulman trahir les valeurs de l’Islam et contribuer à l’effusion du sang vous trouverez la pire des crapuleries et la pire des soumissions. Je me rappelle l’interview du  défunt Erbakan où il décrivait Erdogan comme l’ambitieux le plus dangereux pour la cause musulmane et pour la nation turque. L’argent versé par les Arabes à l’Égypte depuis un mois prouve qu’il y a préméditation d’agression contre le Yémen et d’autres pays.

Enfin il faut poser ou reposer la question fondamentale et décisive de la légitimité du pouvoir : qui a compétence à légitimer ou à délégitimer un gouvernant ou un aspirant à gouverner ?  Qui est le mieux placé pour juger et décider souverainement : le peuple musulman ou les gouvernants étrangers « islamiques » ou mécréants ?  L’Arabie saoudite n’a aucune compétence pour s’ingérer dans les affaires nationales d’un autre pays. Qui est plus concerné pour décider de son sort : un peuple qui vote démocratiquement pour élire ses représentants ou qui se rebelle contre la dictature qui lui confisque ce droit ou bien un savant musulman qui instrumentalise la religion et qui intervient dans l’histoire, la sociologie et la politique d’un pays sans connaitre les tenants et aboutissement de ses conflits et de ses antagonistes.

L’Arabie saoudite et les « savants » musulmans peuvent se permettre toutes les folies car ils sont moralement des fous irresponsables et intellectuelles des gens conscients que face à eux il n’y a que des brigands et des corrompus. Il n’y a rien à attendre de ces paniers à crabes. Ces paniers à crabes savent que le pouvoir américain est divisé, confus en perte d’intelligence sur le monde et en profitent pour jouer en solo des rôles dont ils n’ont ni l’étoffe ni les moyens. Cela donne un désordre dont ils n’ont pas conscience qui ressemble à la réalisation de cette loi divine :

{Nous les emmenons graduellement vers leur perte sans qu’ils ne s’en rendent compte}

Dans quelques jours ou dans quelques semaines nous verront sans aucun doute la fragilité, la défaite et la honte de l’Arabie saoudite et de sa coalition corrompue et irresponsable. L’équation est simple où le Yémen sera le tombeau des monarchies où ces monarchies vont lever une armée plus grande pour agresser la Syrie et le Hezbollah. Ce qui va se passer est décisif. Chaque fois que les Palestiniens sont agressés des événement décisifs se réalisent dans le monde arabe malgré lui. Il y a une mystique de l’Histoire.

Omar MAZRI – www.liberation-opprimes.net