Madame,
Dans votre interview parue dans le Figaro du 23/05/2015, vous vous définissez comme arabe, d’origine algérienne et de culture musulmane. Mais au fur et à mesure que l’on découvre vos propos relatifs à votre histoire personnelle et familiale, il est évident que vous êtes victime, sans le savoir, de cette «haine de soi pathologique», observé chez certains juifs, connue sous le nom de «Jüdische Selbsthass».

Dans l’hypothèse ou vous ne le sauriez pas, sachez que le 4 octobre 1903, le jeune et brillant écrivain juif Otto Weininger, (1880-1903), après s’être converti au protestantisme, fut retrouvé mort dans sa chambre. Il s’était tiré une balle en plein cœur. Emmené à l’hôpital, il décéda quelques heures plus tard. Son suicide, à l’âge de 23 ans, ajouta encore à sa célébrité précoce et suscita aussi une vague de suicides par imitation. Il était atteint d’une maladie très particulière, qui fut désignée plus tard comme la «haine de soi juive».

C’est le philosophe juif allemand Theodor Lessing, (1872-1933), qui créa l’expression «Jüdische Selbsthass» – haine de soi juive – pour décrire ce phénomène bien particulier, affectant une partie de l’intelligentsia juive européenne au début du siècle dernier.

Cette «haine de soi» explique vos invectives délirantes à propos de l’Islam en France et de ceux qui s’en réclament pacifiquement.

Vous prenez le prétexte de la laïcité pour «enfourner», dans l’enfer politique, l’Islam, ses valeurs, le comportement du prophète Mohamed (QSSL) et des musulmans en France. C’est l’artifice «intellectuel» le plus subtil que vous ayez choisi pour refuser d’assumer votre condition d’origine algérienne et de culture musulmane, et rejoindre ainsi le camp d’ islamophobes qui agissent, politiquement et dans certains média, comme les bourreaux terroristes de notre mémoire collective.

Par opportunisme politique, vous avez avancé masqué. Avant de fuir en Finlande pour occuper, à nos frais en tant que contribuables, un poste doré «d’Attachée culturelle» à l’ambassade française, vous avez décidé de vous dévoiler.

Vous étiez membre ou sympathisante d’un parti, qui défend, pour des raisons bassement électoralistes, les bienfaits du système colonial français en niant les atrocités et les crimes dont les tenants se sont rendus responsables et coupables envers le peule algérien pendant près de 132 ans.

Aussi, nous ne sommes donc pas étonnés que vous puissiez assimiler les combattants de la liberté de la Révolution algérienne à des terroristes sanguinaires. Votre position à propos de cette période de l’histoire coloniale relève de votre extravagance légendaire et portera à jamais le coup de grâce à votre petite réputation d’opportuniste politique.

Sachez, madame, que seule la plume vengeresse de l’historien omni-puissant est appelée à graver dans l’airain de l’éternité la vérité historique quasi-définitive de la «nuit coloniale française» en Algérie.

Vous attaquez l’Islam en France mais nous ne vous ferons pas ici la liste des pays et des régimes totalitaires que votre formation politique soutient, que vous même fréquentez pour des raisons professionnelles, alors même qu’ils bafouent de manière éhonté le droit des femmes dont vous vous targuez de défendre la cause.

«La haine de soi » dont vous êtes victime vous aveugle et vous pousse à oublier que face à la montée de l’islamisme radical et du terrorisme criminel dans le monde arabo-musulman, qui menace toutes les démocraties, les musulmans de France, particulièrement les algériens ou ceux d’origine algérienne, ont toujours été et restent en première ligne.

Vous oubliez que le terrorisme en Algérie, durant les année 90, a accepté «un contrat financé» pour assassiner sans discernement femmes, enfants et vieillards, journalistes, cadres et dirigeants d’entreprises, médecins et simples ouvriers d’usine, détruire bon nombre d’infrastructures de l’Etat et asphyxier socialement et économiquement le peuple pour le soumettre à l’obscurantisme.

On ne vous a pas entendu à l’époque crier ou manifester pour dire que l’agression des terroristes contre l’Algérie ne concernait pas uniquement le peuple algérien, mais tous les peuples épris de liberté.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que condamner vos prises de positions partiales et indécentes vis à vis de Islam en France, des citoyens de la République qui s’en réclament ou celles relatives à l’histoire coloniale.

Fidèles à nous mêmes, à notre histoire et à l’humus de notre identité collective, nous ne mangerons jamais de votre pain car nous sommes convaincus que l’espoir l’emportera toujours sur la haine parce que l’immense majorité des Françaises et des français rejettent catégoriquement les extrémismes d’où qu’ils viennent, surtout ceux qui prônent ou encouragent « la haine de soi » au prétexte de défendre les valeurs de la laïcité qui nous tiennent à cœur en tant que citoyens.

Depuis la création de l’Alliance des Associations des algériens de France (ANAAF), nous nous sommes déterminés à rejeter tous les intégrismes, tous les amalgames et nous opposer à toute stigmatisation visant un groupe social ou ethnique, une religion ou une croyance.

Contrairement à vous, madame, nous savons que toutes les religions et idéologies politiques ont leurs intégristes et que face à l’intégrisme islamiste, face à sa capacité de séduction auprès de plusieurs jeunes dans les quartiers défavorisés socialement, l’intensification de la répression ne peut, à elle seule, garantir un résultat positif et par-dessus tout, permanent, contre la radicalisation djihadiste.
Il faut s’intéresser au cancer de la «mal-vie sociale et économique» et répondre aux actions intégristes violentes par encore plus de démocratie.
Contrairement à vous, madame, à la haine des terroristes criminels, nous préférons opposer la justice et l’espoir pour donner envie de la vie.
Contrairement à vous, madame, nous restons en France et faisons le choix de la démocratie et de la responsabilité citoyenne, en militant au sein de l’A.N.A.A.F, plutôt que d’exploiter la peur et le refus de l’autre pour obtenir un poste de diplomate dans une ambassade française à l’étranger.
Enfin, contrairement à vous, madame, nous préférons prendre des positions fondées sur des principes car cela paraît au dessus de vos moyens intellectuels dans la mesure où vous avez toujours choisi, dans votre carrière politique, le chemin le plus court mais le plus abject, celui de l’opportunisme politique.
Profitez donc de votre séjour doré en Finlande pour vous soigner…surtout psychiquement !
« La haine de soi » dont vous êtes victime risque de vous conduire au suicide, d’autant plus que vous vous sentez abandonnée par le peuple français…

Le Bureau Exécutif de l’ANAAF – Alliance des Associations des algériens de France