La visite du Président François HOLLANDE en Algérie le 15 juin 2015, à l’instar des cérémonies annoncées qui scanderont son déroulement, sera certainement placée sous le signe de la coopération et participera d’une image mythifiée de la proximité entre les deux pays, d’autant plus que son annonce et sa programmation ont été entourée d’un certain mystère.

Il ne sera donc pas aisé pour l’opinion de saisir les perspectives concrètes de la coopération franco-algérienne, qui seront certainement évoquées, car une partie de la presse s’efforcera d’en brouiller les pistes, en la réduisant à une opération de séduction qui vise principalement les opinions publiques, notamment la diaspora algérienne en France pour ce qui concerne le Président François HOLLANDE en tant que candidat potentiel pour les élections de 2017.

L’A.N.A.A.F (Alliance Nationale des Associations des Algériens de France considère que « le voyage-éclair » du Président de la République en Algérie est révélateur du cours des relations franco-algériennes qui n’ont jamais cessé de balancer entre mythe et realpolitik car il intervient le jour même où se réunit, sous l’autorité du Premier ministre – monsieur Manuel Valls et du Ministre de l’Intérieur chargé des cultes – Monsieur Bernard CAZENEUVE-, l’Instance de dialogue avec l’Islam de France.

L’A.N.A.A.F profite de cette occasion pour rappeler, comme elle l’a fait dans sa lettre adressée au Ministre de l’Intérieur chargé du Culte datée du 02/06/2015 , aux autorités de la République que :

« Seule la mise en place d’une Institution représentative, forte, active et démocratique dans son fonctionnement, sera capable de proposer des relations, franches et efficaces, entre les autorités de la République et tous les musulmans de France.
Continuer à croire ou faire croire qu’un Islam de France au service « d’influences diplomatiques » ou étatisé sera un rempart contre le radicalisme et le terrorisme est une illusion que nous combattons…… Qu’un véritable ancrage de l’islam dans la société française et de ses valeurs laïques exige des réponses fortes à plusieurs types de questionnements d’ordre juridiques, politiques et sociaux, véritables enjeux de sa représentation et du respect de ses croyants »

L’A.N.A.A.F espère également que Le Président de la République – Monsieur François HOLLANDE – fera ressortir, dans ses entretiens avec les autorités algériennes, la place éminente de la diaspora algérienne dans l’économie française mais aussi dans la création artistique et le spectre politique, pour mieux l’inscrire comme dimension importante de la stratégie de coopération franco-algérienne capable de rendre plus efficace le transfert de connaissances, l’interconnexion économique et humaine entre les deux pays, et le retour au pays de leurs aïeux de tous ceux et celles qui qui le souhaitent et qui ont une capacité intellectuelle, scientifique ou financière pour y investir et s’y investir.

L’A.N.A.A.F tient également à rappeler qu’il est essentiel de ne plus se fourvoyer dans des « arrière- pensées calculées ou électoralistes » et des tergiversations stériles pour dire la vérité de l’histoire coloniale en Algérie.

Pour ce faire, il faut désormais reconsidérer l’Histoire de France, notamment l’histoire coloniale, à la lueur des évolutions de la société française, pour lui donner un orientation nouvelle susceptible de « décomplexer » certaines de ses composantes pour mieux raffermir leur cohésion et leur conscience citoyenne.

En effet, outre le terrorisme aveugle qui se développe et inquiète autour de la Méditerranée et dans le monde, des compétitions internationales extrêmement vives se font jour autour du Maghreb, dont l’Algérie est l’épine dorsale comme pays émergeant avec des ressources naturelles énormes, un marché de près de quarante millions de consommateurs, et une puissance stratégique, nettement mise en relief ces dernières années, pour la résolution des problèmes et des conflits qui font rage dans la région( Mali, Libye… etc.)

Tout cela devrait logiquement amener certains dirigeants français à réfléchir sur la routine de leur politique qui refusent d’intégrer que « le déni » des pages noires de l’histoire coloniale de la France en Algérie participe de la précarité future de sa position dans cette partie du monde.

Ce « déni », aujourd’hui assumé politiquement, risque de réserver au pays, « historiquement proclamé patrie des droits de l’homme et du citoyen », s’il n’y prend pas garde, de graves surprises avec les générations futures de l’Algérie qui pourraient favoriser d’autres puissances, vierges de tout contentieux historique avec leur pays, cherchant à y consolider leur présence économique et culturelle, y compris sous l’angle linguistique.

Beaucoup de Français responsables ont conscience de cette réalité future et s’en inquiètent mais se sentent impuissants pour imposer à leurs dirigeants de prendre les devants en imaginant une position innovante, hardie, voire révolutionnaire pour aborder, objectivement et sereinement, les atrocités, les crimes et les massacres commis par le système colonial durant 132 ans en Algérie.

Il n’est plus possible ni permis politiquement de les considérer comme des remous passagers d’un discours nationaliste, aussi bien en France et en Algérie, qui finira par s’épuiser de lui-même, comme par enchantement, au nom d’une amitié, factice et viciée à la base, entre le peuple français et le peuple algérien.

Rien ne pourra se faire d’une manière solide et sincère sans avoir au préalable solder toutes les « tragédies » de l’histoire coloniale et de toutes leurs séquelles. C’est à cette condition, parmi tant d’autres, que les intérêts des deux puissances régionales et méditerranéennes, que sont devenues la France et l’Algérie, pourront être renforcés et développes, de manière sincère et solidaire.

C’est à cette condition également, parmi tant d’autres, que la France pourra se mettre à l’abri et conserver son audience internationale car beaucoup de puissances connues cherchent à mettre dans leur jeu, pour lutter contre le terrorisme ou dominer le monde, les meilleurs atouts.

Or, l’un des meilleurs atouts économiques futurs mais surtout le meilleur atout pour lutter contre les terrorismes, d’où qu’ils viennent, c’est l’Algérie comme épine dorsale du Maghreb et clé de la Méditerranée centrale.

Si la France faisait un effort pour comprendre son histoire coloniale et reconnaître les atrocités, les crimes et les massacres qui ont été commis en Algérie, cela sera pour tout le peuple français un soulagement.

Une fois ce geste historique accompli, il n’est pas ridicule d’affirmer que tous les algériens lui tendraient les deux mains pour faire de la Méditerranée un espace de paix et de prospérité.

D’ici à 2017,où des échéances électorales importantes engageront l’avenir de la France, est-il raisonnable de penser ou d’espérer qu’un homme politique français émerge ou confirme , au nom «des valeurs de la France qui ne doivent plus être trahies» » comme le proclama le Président François HOLLANDE devant le parlement algérien en décembre 2012, que le courage de dire la vérité sur les crimes et les atrocités du système colonial s’impose comme s’est imposée la «paix des braves» ?

L’avenir et le génie électoral du peuple français nous le dira…

Le Bureau exécutif de l’A.N.A.A.F

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