Karim BENZEMA n’est pas forcément la tasse de café pour tous ceux qui détestent le football, aujourd’hui pourri par l’argent. Madame Myriam El KHOMRI, militante socialiste et illustre inconnue au sein de la diaspora algérienne, est devenue ministre du travail parce qu’elle s’est convertie au « hollandisme ».

« Une affaire de chantage » et une bourde dans une émission, fortement médiatisées, ramènent, le joueur du Réal Madrid et numéro 10 de l’équipe de France ainsi que la jeune ministre et « alibi » du Gouvernement Valls, à leurs origines.

Placé sous contrôle judiciaire par la juge d’instruction du parquet de Versailles dans l’affaire dite de « la sextape Valbuena », Karim BENZEMA a été mis en examen pour « complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement » aux dépens de Mathieu VALBUENA. Le délit en l’occurrence est le chantage. BENZEMA est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire à des escrocs qui tentaient de faire chanter son coéquipier en équipe de France. Attendons que la justice tranche dans cette affaire.

Le même jour, comme par hasard, sur BFMTV, Myriam El KHOMRI a vécu un grand moment de solitude chez Jean-Jacques BOURDIN. Questionnée sur le nombre de renouvellements possibles de CDD, la ministre du Travail a admis ne pas connaître la réponse et reconnaît avoir «merdé». Grave pour une ministre du travail !!!

BENZEMA le coupable et VALBUENA la victime. EL KHOMRI, la ministre d’origine marocaine et forcément incompétente… le déterminisme ethnique et racial frappe médiatiquement, une fois de plus, à la porte de ceux et celles qui, bien que français, doivent plus que jamais rester, aux yeux de l’opinion française, comme d’origine étrangère et donc douteux.

Karim BENZEMA est présenté comme un dominant, un produit d’excellence de la formation française. Un aristocrate du foot, malgré ses origines modestes, choyé, flatté, courtisé depuis son adolescence. Mais un joueur qui refuse de jouer le jeu médiatique, de chanter la Marseillaise et incapable de couper, comme ANELKA, les ponts avec ses amis d’enfance de Bron, dans la banlieue lyonnaise.

Nommée à la surprise générale ministre du Travail, de la formation professionnelle et du dialogue social en remplacement du maire de Dijon François REBSAMEN, la Parisienne d’origine marocaine, Myriam El KHOMRI se retrouve en charge du dossier le plus sensible en vue de la présidentielle de 2017 : celui des chiffres du chômage.

Symbole de la parité, elle est la seconde figure marquante issue de l’immigration au sein du gouvernement sous la coupe de l’Élysée, aux côtés de la ministre de l’Éducation nationale, Najat VALLAUD-BELKACEM, également d’origine marocaine…

En l’espace de quelques heures, ils sont redevenus médiatiquement de simples «arabes», paumés, véritables zombies, incultes, obsédés par l’argent, ayant vécus dans des zones minables de Quick Burger, de HLM sentant l’urine où habitent aussi des jeunes désœuvrés, violents, délinquants, incapables de faire la différence entre la réalité et la fiction.

En l’espace de quelques heures, et pour accréditer, à la veille des élections régionales de décembre prochain, les thèses politiques et extrémistes, ils ont servi à une propagande, bien huilée depuis des années, pour mieux broyer, détruire et défaire l’image de tout ce qui rappelle «l’arabe» ou le musulman.

Il n’y pas de mot pour qualifier cette propagande médiatique, insidieuse et effroyable, qui gangrène la société française et encourage ouvertement, en son sein, le racisme et l’islamophobie.

Depuis quelques jours les médias français ne parlent, d’une manière suggérée, que des « fourberies » de « l’Algérien » et de « l’incompétence révélée » de la marocaine.

A grand renfort de publicité et de reportages, le « café du commerce » tient lieu de déontologie journalistique pour s’emparer de tous les sujets qui peuvent stigmatiser la population des français «bronzés» en raison de leurs différences religieuses ou culturelles rejetées.

Cette politique du « café du commerce » fait craindre pour la cohésion de la société et la montée des haines entre populations qui se côtoient. Nous ne sommes plus à l’abri d’une flambée de violences racistes dont les cibles désignées seront les maghrébins, les noirs, ou les musulmans d’une manière générale.

Cette politique risque fortement de nous enfoncer, à l’approche des prochaines échéances électorales, dans le fascisme et nous fait craindre aujourd’hui pour la liberté et la démocratie.

Car ne nous y trompons pas, La France n’est pas plus raciste aujourd’hui qu’un autre pays européen mais certains irresponsables, dans les milieux politiques et médiatiques, par calcul ou par conviction, militent ouvertement pour le racisme et l’islamophobie!

Ils acceptent qu’un Roi du Moyen-Orient privatise une plage, soit reçu à bras ouvert, parce qu’il inonde de pétrodollars l’économie du coin pendant qu’un musulman sera discriminé dans son quartier.

Les mots et les images ont un pouvoir. Fort de celui-ci, les médias influencent l’opinion de millions de téléspectateurs, lecteur ou auditeurs. Ils véhiculent des images, des idées et des théories qui viennent ensuite formater et orienter insidieusement le débat public. Par là-même, les journalistes ont de fortes responsabilités.

En choisissant de mettre en avant tel ou tel fait d’actualité, comme celui d’un homme footballeur ou d’une femme ministre, ils orientent le regard de la majeure partie de l’opinion vers l’objet de leur choix.

Aussi, le problème ne réside pas tant dans le fait que les médias mettent en avant deux personnes plutôt que d’autres, mais plutôt dans le fait que leur information supposée se transforme en propagande pour présenter une vision bien arrêtée de la réalité de toute une population.

Cette réalité décodée, telle qu’elle nous a été présentée depuis 48 heures, est celle d’une France divisée, à deux visages. D’un côté « la France blanche de peau, qui vit dans les centres villes et qui bénéficie des acquis du combat féministe ». De l’autre, « la France des quartiers », soumise à la « loi de la cité », mélange d’incompétence, de violence et de délinquance, héritée de parents immigrés.

Or, dans cette conception de la société française, c’est bel et bien toute une population qui se trouve stigmatisée et renvoyée du côté de l’incompétence, de l’image d’Épinal sur le « travail arabe » et du mal illustré par la délinquance.

Encore une fois, et suite à ce constat, on ne peut que s’interroger sur les buts politiques poursuivis sur l’instrumentalisation d’une « affaire de droit commun » pour BENZEMA et d’une « bourde » pour la ministre du travail. Une seule hypothèse: favoriser la montée de forces politiques extrémistes française?

Le Secrétariat Général de l’A.N.A.A.F