Des formules chocs sont devenues obsessionnelles chez certains hommes politiques français. Ils n’hésitent plus à les relayer sur Internet pour faire le « buzz » et, espèrent-ils ainsi, accroître leur notoriété.

« Les terroristes sont forcément des musulmans » pour faire de tous les musulmans de France, majoritairement algériens, des suspects est la formule la plus répandue. Ils n’étaient pas déjà très bien vus et le terrorisme n’arrange pas les choses.

L’opinion, bien manipulée, a fini par assimiler une bonne partie de la jeunesse, cantonnée dans des banlieues insalubres et laissées à l’abandon, à des « délinquants » ou des « assistés sociaux » qui menacent la sécurité du pays et creusent le trou de ses caisses de solidarité sociale.

Ces dernières années, l’accent politique a souvent été mis sur l’assistanat en multipliant les discours et les messages « bidonnés », décrivant des prestations sociales généreuses, parfois supérieures à celles dont bénéficient les « citoyens d’ascendance européenne », octroyées à des pseudo « profiteurs » d’origine étrangère.

Des formules simplistes et commodes pour frapper les esprits, telles que « 20 à 30 % des actifs des jeunes des banlieues sont chômeurs, contre 10 % pour le reste de la population ». Il s’agit bien entendu de transformer médiatiquement et politiquement tous les jeunes de ces banlieues en « assistés sociaux ».

Par contre, les promoteurs de ce discours xénophobes et racistes refusent de reconnaître que « 70 à 80 % de ces jeunes travaillent », ce qui est exactement la même chose mais contredit leur propagande mensongère.

Et pourtant, une étude de l’OCDE a clairement montré que les immigrants et leurs descendants, devenus citoyens de la République, n’ont pas pris le travail des autres français et ne plombent pas les comptes sociaux.

La propagande politique raciste en France continue d’employer le terme d’immigrés au lieu d’évoquer des citoyens qui, concrètement sont des chefs d’entreprise, des informaticiens, des mères de famille, des élèves, des chômeurs et, très marginalement, des trafiquants, des délinquants et encore moins des terroristes.

Lorsqu’ils s’agit de parler des citoyens d’origine algérienne ou de confession musulmane, certaines classes politiques françaises préfèrent les enfermer dans des catégories administratives, qui n’ont économiquement aucun sens, au lieu de mettre l’accent sur leurs qualités professionnelles, leurs compétences et leur apport essentiel à l’économie du pays, du serveur de restaurant jusqu’au médecin dans les hôpitaux ou l’ingénieur informaticien qui innove dans l’industrie des services immatériels.

Il est temps de remettre les pendules à l’heure. La France s’est trop habituée à bénéficier gratuitement des avantages de la libre circulation des biens et des personnes. Avec la montée de l’extrémisme politique qui est encouragé au sein de sa société, elle pourrait vivre un véritable cauchemar dans les années à venir.

Les Français qui votent pour l’extrême droite oublient volontiers qu’ils ne doivent pas leur petit bonheur qu’à leurs seuls mérites.

Beaucoup d’entre eux doivent savoir qu’une bonne partie de leur prospérité est due à la présence d’une population, majoritairement d’origine algérienne sur leur sol. Près de 6 millions d’algériens ou de Français d’origine algérienne ! Dont d’ailleurs plusieurs millions d’entre eux sont nés en France que des hommes politiques, égoïstes et ambitieux, sans courage ni programme pour l’échéance électorale des Présidentielles de 2017, veulent terroriser en les menaçant d’un projet de déchéance de leur nationalité qui relève du « coup politique » des plus vulgaires.

Ces Français d’origine algérienne et ces Algériens qui se sont installés en France depuis les années 90, bien formés dans de hautes écoles algériennes et européennes, n’occupent pas seulement des fonctions pour lesquelles la main-d’œuvre française manquait. Leur présence a aussi suscité la création de nouveaux emplois au profit de l’économie française. Dans certaines régions on voit bien que l’éclosion de quelques entreprises de haute technologie qu’on refuse de mettre à l’affiche des média et l’actif de certains ingénieurs d’origine algérienne.

Par ailleurs, épiceries, restaurants, agences de voyages gérées par des citoyens d’origine algériennes contribuent activement au dynamisme économique français. Un recensement exhaustif de l’Assemblée Permanente des Chambres des Métiers et de l’Artisanat datant de 2005, indique que 155 000 personnes d’origine algérienne figurent parmi les indépendants du pays. Plus de 135 000 PME et PMI de 2 à 4 personnes sont entre les mains de chefs d’entreprises d’origine algérienne. Cela démontre que des centaines de milliers de membres de la diaspora algérienne, vivant dans l’Hexagone, ont pris l’initiative de travailler pour leur propre compte et présentent un taux d’indépendance supérieur à celui d’autres composantes de la société d’origine étrangère.

La contribution de la diaspora algérienne à l’économie française s’avère donc bénéfique en termes quantitatifs, mais également qualitatifs. Ils apportent des idées nouvelles, un savoir-faire qui diversifient et dynamisent les activités proposées dans les différentes régions françaises.

Restaurants, commerces, agences de voyages, entreprises informatiques ou du bâtiment… Presque tous les secteurs sont concernés. De nombreuses entreprises ont été créées par des Français d’origine algérienne au cours des dernières décennies. Ce phénomène continue à telle enseigne que certains n’hésitent plus à parler d’Algérian-business.

Ces entreprises s’avèrent prospères et viables notamment parce que leurs dirigeants disposent d’un réseau de contacts qui leur fournissent des produits typiques ou que la clientèle est d’origine algérienne ou de confession musulmane, comme par exemple les agences de voyages.

Un enseignement peut être tiré de la réussite algérienne en France. Lorsque les algériens sont confrontés à des difficultés, ils sont capables de les relever pour peu qu’on les laisse faire. En France et dans d’autres pays dans le monde, ils font preuve d’un esprit d’entreprise marqué. Ils sont réputés pour être très présents dans le conseil informatique ou le domaine financier, ce qui explique leur taux d’indépendance plus élevé que d’autres populations d’origine étrangère.

Mahjoub BENTEBRIA

Consultant PME-PMI

Secrétaire Général de l’ANAAF