Avec l’actualité brûlante de ces dernières semaines  et l’islamophobie galopante, il convenait de remettre certaines choses à leur place et de corriger quelques inepties redondantes sortant de la bouche des garde-fous de ce grand simulacre qu’est devenue la ripoublique française. Corrections certes modestes, mais pouvant à bien des égards faire sens :

On ne peut être qu’interloqué par le foisonnement de commentaires et diatribes antireligieux et xénophobes à l’encontre d’une frange de la population, pourtant bien française. On nous assène ça et là des « On est chez nous », ou encore des « dehors les musulmans ! », ou d’autres « dans notre culture » et tout ce qui s’ensuit. Or ces assertions méritent que l’on s’y arrête un moment.

Inscrivons-nous dans une perspective historique. Rappelons sommairement la manière dont la culture française a évolué du point de vue de ses mœurs et de la religiosité. Entrevoyons-en par la même occasion les facteurs d’influence ainsi que les forces en présence.

La France c’est plus de 1400 ans d’existence chrétienne, plus exactement catholique et grosso modo 200 ans d’agnosticisme et d’athéisme naissants. Comme tout le monde le sait, pour qui cherche un tant soit peu la vérité, cette transition paradigmatique s’est réalisée à l’insu du peuple, suite à son massacre systématique (période de la terreur, horrible génocide vendéen…) ainsi qu’à un intense, patient et subtil travail de subversion des idéaux, via des moyens divers et variés. La clé de voûte de tout cela ? La franc-maçonnerie ou plus généralement, l’avènement de sociétés secrètes émergentes sur le continent européen composées principalement d’ésotériques chevronnés à leur tête, et de conspirateurs athées et zélés en ses arcanes inférieurs.

Désireux d’en finir définitivement avec les écrits sacrés ainsi qu’avec tout zeste de spiritualité, ces aliénés ont chamboulé l’ancienne Gaule en peu de temps à l’échelle de l’histoire (de gré ou de force) jusqu’à arriver à l’apogée de l’ignominie, de la décadence, de l’infâme, j’ai nommé mai 68.

Il est le point de départ, la quintessence de tout ce que l’on retrouve de plus abject et de plus frivole aujourd’hui dans ce qui fut la fille aînée de l’Église : distributions massives de drogue, musique satanique, pornographie, pédophilie, exacerbation de l’athéisme, individualisme et consumérisme… Le tout sous sponsoring yankee.

Le ton vous est donné. Donc, non messieurs dames !!! Non ! Le nudisme, les maillots de bain, l’usure tous azimuts, le consumérisme fou, le narcissisme … etc. ne sont absolument pas des valeurs et des modes de vie que l’on pourrait qualifier de typiquement français ou « de chez nous » à l’échelle du temps comme beaucoup ont l’outrecuidance de l’affirmer.


Il est urgent que les Français non-croyants (et/ou simplement ignares) cessent de s’accaparer le droit exclusif de définir ce que c’est que d’être français, particulièrement quand leurs postulats s’inscrivent en parfaite contradiction avec l’histoire et le droit.


En outre, avez-vous oublié quelles furent les causes du caractère cosmopolite de la population française ? Vous rappelez-vous ce qui s’est passé ne serait-ce que ce dernier siècle dans l’histoire du pays, notamment son aventure coloniale ?

Osons une brève piqûre de rappel et remontons aux années 1830 (j’espère que les cerveaux n’ont pas lâché prise), lorsque le pays « des droits de l’homme » entreprit  de faire goûter aux Algériens sa sauce démocrasseuse :

Ne sont-ce pas ces mêmes sots belliqueux et sanguinaires de républicains qui ont exterminé des millions « d’indigènes » ? Ces derniers qui ont, en dépit de cela, combattu par la suite aux côtés de la France au cours des guerres mondiales, celle d’Indochine, ou encore celle d’indépendance de 54/62 (les harkis). C’est justement à l’issue de la décolonisation algérienne que de forts mouvements migratoires se sont opérés, notamment ceux des dénommés harkis brandissant jadis les armes contre leurs coreligionnaires, ainsi que ceux de leur famille.

Première vague rejointe plus tard par d’autres, entrevoyant en France un avenir socioprofessionnel moins morose. Entrefaites arrivant à point nommé pour le patronat français, voyant en ces étrangers fraîchement débarqués une parfaite opportunité de niveler par le bas, salaires et conditions de travail. Précision importante car elle met en perspective la volonté politique de cette arrivée massive d’une nouvelle force de travail low cost (pardonnez l’anglicisme).

Au vu de ces événements, n’était-il donc pas des plus légitime de résider désormais sur le territoire français ? Il est consternant de voir et entendre des aigris (pour la plupart descendants de migrants venus d’Europe (Italie, Espagne, Portugal au cours du siècle dernier) donner des leçons de « francéité » à d’autres dont les ascendants sont issus d’Afrique du nord qui, elle, était française depuis belle lurette.

À l’époque, le taux de chômage était faible, les nouveaux migrants furent parqués dans des grands ensembles où ils cohabitèrent plutôt bien. La population, aussi disparate fut-elle, vivait sous le sceau des valeurs traditionnelles, à la base de toute civilisation forte et durable. Les autochtones étant de tradition catholique et sortant il n’y a pas si longtemps d’une guerre dévastatrice, avaient toutes les raisons de faire dans le raisonnable. Les Algériens étaient de leur côté déracinés. La décolonisation des esprits n’avait pas encore opéré. Demeuraient donc en eux des réflexes et vieilles habitudes à la compromission, à l’imitation, voire à un certain rebut identitaire. (Cf. les travaux d’Ibn Khaldoun).

En 1968, comme nous l’avons vu, sous couvert de revendications sociales, tout allait être bouleversé par l’émergence d’apparatchiks au service du grand désordre et du pourrissement progressif de la société française, sauce oncle Sam.

Parallèlement et au gré des générations, les enfants issus de l’immigration maghrébine se conscientisèrent davantage quant à la place réelle qu’on leur accordait dans le pays de Clovis. Les frustrations sociales, professionnelles et identitaires se faisaient de plus en plus pesantes. En outre, nous assistâmes à une résurgence en matière religieuse. La démocratisation d’internet, l’ouverture de librairies musulmanes, la traduction d’ouvrages religieux jouèrent un grand rôle dans l’éclosion de ce phénomène social en forte accélération depuis le 11 septembre.

On allait donc voir inexorablement émerger deux vents opposés agissant en contre-force l’un et l’autre : celui du mondialisme libéral et décadent couplé à l’athégrisme maçonnique et celui du retour à l’islam et donc à celui de valeurs traditionnelles colportées par une vision transcendantale de la vie.

Deux paradigmes difficilement conciliables. Est-il légitime que le premier prime sur l’autre ou vice-versa ? La laïcité dont se targuent les laudateurs du matérialisme athée est censée garantir la libre expression et la pratique (privée comme publique) du culte. Sur le terrain, nul n’ignore que la vindicte et l’opprobre sont jetés sur les musulmans.

Il serait donc temps que la France soit en cohérence avec elle-même. Il est urgent que les Français non-croyants (et/ou simplement ignares) cessent de s’accaparer le droit exclusif de définir ce que c’est que d’être français, particulièrement quand leurs postulats s’inscrivent en parfaite contradiction avec l’histoire et le droit.

À bon entendeur.

SOURCE : http://www.lelibrepenseur.org/mise-au-point-de-la-legitimite-de-la-presence-de-populations-musulmanes-en-france-par-morgan/