17 octobre 1961 : La France coloniale jette des Algériens dans la seine
17 octobre 2016 : L’Algérie sort leurs enfants de sa scène politique

Quel triste anniversaire que ce 17 octobre qui va voir l’hypocrisie officielle des autorités fêter la mémoire de la lutte de la communauté et ses sacrifices pour la cause nationale.

Des déclarations et des commémorations vont marquer cette date sacrée, journée de l’émigration, par ceux-là mêmes qui viennent de faire voter une constitution avec un article excluant les enfants de cette communauté de toute possibilité de participer à la vie nationale de leur patrie d’origine.

Le ridicule ne tuant pas, on va assister au déploiement d’une démagogie de haut vol, pour faire oublier leur forfait, et endormir, par des arguments fallacieux, une opinion que guettent des dangers multiples et que frappe une crise économique dont on redoute les effets à court terme.

La fracture est désormais consacrée entre cette communauté et son pays d’origine qui s’enferme dans une logique incompréhensible de méfiance et de rejet vis-à-vis de ses propres enfants, à qui d’autres pays leur ouvrent grands les bras.

Relégués à un statut d’« étrangers », les membres de la communauté n’ont pas encore mesuré la portée d’un tel article et la loi qui en découle. La prise de conscience se fera tôt ou tard par une jeunesse qui manifestera son mécontentement d’une manière ou d’une autre.

Les martyrs doivent se retourner dans leurs tombes devant cette extraordinaire injustice faite à leurs descendants en ce jour où l’évocation de leur mémoire, loin de constituer un hommage, va sonner comme une fausse note, et c’est un euphémisme, dans une Algérie qui, au lieu de rassembler tous ses enfants, rejette une partie, en lui fermant la porte, sous prétexte de trahison supposée.

A l’instar de leurs ainés, les enfants de notre diaspora sauront démontrer leur amour pour leur patrie d’origine, et lutterons pour qu’un jour se rétablira leur droit de conserver leur place dans cette Algérie de laquelle on veut les exclure.

RAFFED Abdelkader, président de l’ANAAF