«La diaspora algérienne établie en France ne veut plus de députés», lit-on dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction et signé conjointement par des membres de la communauté algérienne établie en France et l’association de la diaspora des Algériens résidant à l’étranger (DARE).

Désormais, la prise de position de certains députés en faveur de l’application de l’article 51 se fait encore sentir chez la diaspora. DARE, une association connue pour ses nombreuses actions de soutien à la communauté, explique sa position dans son communiqué rendu public hier et signé par son vice-président, Otman Douidi : «Au cours du dernier mandat, les députés représentant la communauté algérienne de France ont brillé par leur absence sur le terrain et par des prises de décisions allant à l’encontre de la population qu’ils sont censés protéger, comme le vote de l’article 51 de la Constitution qui réduit les droits des Algériens binationaux», s’indigne-t-il.

Pour rappel, DARE est l’une des associations algériennes de France qui étaient derrière l’adoption de la loi pour le rapatriement des corps des Algériens décédés à l’étranger. Ce n’est pas tout, car en plus de ses nombreuses actions de soutien à la communauté, l’association DARE se fixe parfois des missions qui relèvent du rôle des représentations étatiques à l’étranger, comme celle de venir en aide aux travailleurs des consulats où diplomates sur le problème de la double imposition en France.

Joints par téléphone, plusieurs Algériens concernés par cette mesure nous ont avoué sous le couvert de l’anonymat «que c’est grâce à DARE qui avait mené des pourparlers avec différents ministères français que ce problème de double imposition a été réglé». «Ni les consuls, ni même l’ambassadeur d’Algérie en France ou les députés ne sont venus à notre aide. Il faut savoir que nous payons à la fois des impôts en Algérie et en France, ce qui était contraire à la convention signée entre les deux pays. A quoi servent-ils alors ?» confie un travailleur de l’un des consulats d’Algérie en France. Otman Douidi propose de remplacer les députés par une association. «A la place des députés, nous souhaitons la création d’une structure telle que l’Amicale des Algériens, comme c’était le cas auparavant. Structure financée par l’Algérie qui prendrait en charge ses salariés. Le but serait de travailler avec les autorités algériennes afin de transmettre les doléances de nos concitoyens aux diverses institutions et administrations», suggère-t-il.

La proposition en question a été transmise par l’association DARE au Premier ministre M. Sellal et au ministre des Affaires étrangères, M. Lamamra, «mais cette dernière est restée sans suite», confie Otman Douidi. «Nous nous tenons à la disposition des autorités algériennes pour poursuivre, en concertation avec elles, cette réflexion et ces discussions», assure le vice-président de l’association DARE. 

Meziane Abane – El Watan