Fini le faux suspense qui entourait la participation du président Abdelaziz Bouteflika au sommet inaugural de l’Union pour la Méditerranée.
C’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui l’a annoncé, hier, en marge du sommet du G8, après un entretien avec le chef de l’Etat algérien.
«Le président Bouteflika m’a demandé de rendre publique la réponse. Il sera présent à Paris pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée », a indiqué Nicolas Sarkozy à l’issue de l’entretien. Le président algérien aurait, selon la présidence française, expliqué qu’il avait attendu pour répondre à l’invitation officielle qui lui avait été adressée afin de la lui communiquer personnellement. C’est désormais fait. Il y a eu, en Algérie, un semblant de débat - en réalité des prises de position - sur l’Union pour la Méditerranée qui, comme toujours, n’est pas allé vers le fond. Il est désormais clos par une décision de participation, déjà implicitement annoncée par Ahmed Ouyahia. Il y aurait à discuter de la forme dans laquelle cette annonce officielle de participation a été faite - pourquoi pas à partir d’Alger, cela aurait fait tout aussi plaisir à Nicolas Sarkozy ? - mais cela passera aussi. Nicolas Sarkozy, qui a accepté que le projet initial soit aseptisé par l’Union européenne, aura pratiquement tout le monde à sa fête inaugurale, hormis le colonel Mouamar Kadhafi. Nicolas Sarkozy, en contrepartie de la fleur qui lui a été faite «personnellement», dira les mots qui chatouillent : «C’est extrêmement important parce que l’Algérie joue un rôle central » et faire l’éloge de son homologue algérien qui « a une expérience, une autorité, qui font que sa présence autour de la table pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée est indispensable pour le succès de ce sommet ».
Source : www.cfcm.tv
François Fillon avait répondu en se disant « très attentif à ce que la communauté musulmane d’origine algérienne soit bien représentée (…) et que la Grande Mosquée de Paris conserve des responsabilités essentielles au sein du Conseil français du culte musulman ».
La grande mosquée de Paris (GMP) comme la mosquée de Lyon avaient appelé au boycott des élections du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), qui se sont quand même tenues le 8 juin 2008. A ce titre nous rappelons que l’article 6 du règlement électoral du CFCM n’a pas été respecté (voir : Les élections du 8 juin ne sont pas conformes au règlement électoral du CFCM).
Ces appels au boycott étaient « motivés » par une dénonciation unanime du système de scrutin du CFCM qualifié d’anti-démocratique et d’anti-représentatif. Ce système électoral était jugé injuste et inique, faussant ainsi le poids de la sensibilité de la grande mosquée de Paris en termes de représentativité.
Le mot d’ordre a été suivi dans toutes les régions de France par les mosquées affiliées à la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris, ainsi ces mosquées n’ont pas participé aux scrutins des conseils régionaux du culte musulman (CRCM) du 8 juin 2008.
Quelles sont les conséquences directes de cette non-participation au niveau des CRCM ?
INTERVIEWKamel CHIBOUT, 59 ans dont 42 ans de présence en France, est président de la Fédération Régionale de la Grande Mosquée de Paris (FRGMP) du Grand Est. Il est aussi membre du bureau exécutif de la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP).
CFCM TV : la FNGMP a appelé au boycott des élections du CFCM, pourquoi ?
Kamel CHIBOUT : Les raisons ont été largement évoquées par notre fédération, celles-ci visent particulièrement le mode de scrutin du CFCM basé sur les surfaces des mosquées pour déterminer le nombre d’électeurs. Ce mode de désignation est indigne et contraire à l’esprit démocratique qui nous anime, il conduit à une non représentation de la base, il favorise l’esprit clanique du sommet du CFCM en privilégiant les luttes de pouvoir au détriment du réel travail que nous devons faire en vue de mieux organiser, mieux défendre notre communauté au sein de la République française.
Ce système de scrutin est une tare, un poison qui est là pour paralyser la première communauté de croyants de France. Il favorise les notables du culte musulman qui utilisent politiquement et économiquement les besoins et demandes de millions de musulmans sans jamais les satisfaire.
Notre Fédération, la FNGMP qui existe depuis 3 ans maintenant ne cautionne et n’a jamais cautionné ce mode électoral. D’ailleurs si notre fédération avait existé avant le scrutin du CFCM de 2005, nous aurions fait exactement la même chose c’est-à -dire que nous aurions refusé que la Grande Mosquée de Paris prennent part à ces élections qui ne sont qu’une mascarade ! Nous sommes pour une réelle représentativité des musulmans de France, et non pour leur division, ni pour l’étouffement de leurs revendications.
CFCM TV : Oui mais certains, comme Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, ont demandé à Dalil Boubakeur : « Qu’avez-vous fait durant cinq ans pour changer ces critères (de scrutin) ? »
Par Benabdellah SOUFARI,
Source : www.cfcm.tv
Cette année encore comme les années précédentes, certains responsables du CFCM, particulièrement ceux du Comité National des Elections (COMELEN : instance nationale du CFCM pour la préparation des élections présidée par Haydar Demiryurek, également candidat à la présidence du CFCM) et ceux des Comités Régionaux des Elections (CORELEC : instances régionales), ne dérogent pas à la règle : encourager la fraude et le non respect du règlement électoral.
Nonobstant les règles iniques et anti-démocratiques du système de scrutin codifié dans les statuts et dans le règlement électoral du CFCM, il n’en demeure pas moins que ce règlement scellé entre les différentes fédérations qui composent le CFCM et l’Etat doit être appliqué à la lettre, comme le musulman doit, mutatis mutandis, respecter la parole qu’il donne quand il s’engage. L’éthique et la déontologie sont des valeurs qu’on ne peut piétiner.
Comme vous le savez maintenant, le système de scrutin du CFCM est digne et juste seulement pour ceux qui se considèrent comme des citoyens de seconde zone dans cette République démocratique. Pour mieux comprendre la supercherie de ce mode électoral, nous vous invitons à lire les articles suivants :
- Bientôt les élections du CFCM. Que faudrait-il changer ?
- CFCM : la Grande Mosquée de Paris continuera-t-elle à danser avec les loups ?
Des fraudes, il y en a eu à la pelle : arnaques sur les superficies pour dégager un nombre plus important de délégués (grands électeurs), irrégularités concernant la nomination des personnes qui composent les CORELEC, décisions prises sans qorum , procès verbaux non-signés etc. Les personnes qui ont travaillé au sein des CORELEC et du COMELEN ne signent aucun engagement écrit permettant d’établir et de garantir le respect du règlement électoral. De ce fait, en cas de fraude concertée, aucun outil ne nous permet de traduire les protagonistes coupables en justice. Par contre il est possible de saisir la justice par rapport à des faits non conformes au règlement et aux statuts.
Des fraudes ont été également observées au niveau du paiement des cotisations par les associations gestionnaires des lieux de culte au CRCM et au CFCM. Normalement ces cotisations sont obligatoires et conditionnent la participation ou non aux élections, elles doivent être payées par l’association gestionnaire du lieu de culte participant aux élections et non par un tiers.
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