Saïf al-Islam

Dans « Libye : cas d’école de la lutte idéologique » nous avons vu quelques aspects de la lutte idéologique : Guerre psychologique,  guerre médiatique, instrumentalisation des appareils bureaucratiques onusiens, faux témoignages des droits de l’homme et caution des rentiers de l’Islam qui tous ont donné la caution idéologique, politique, morale et religieuse à l’agression d’un pays souverain par la coalition néo colonialiste et islamophobe. Lutte idéologique ou les idées de la Jamahiriya libyenne ont été matraquées au profit d’une lecture ethnocentriste de la démocratie et des droits de l’homme contre la démocratie directe, décentralisée et participative, au profit d’un mode de vie occidental au détriment du progrès social atteint par les Libyens, au profit d’une illusion de Charia islamique par des cœurs qui ne connaissent ni la miséricorde ni la loyauté ni la vision géostratégique au profit d’une caricature épouvantail de l’Islam qui sert les intérêts des néo Croisades et dessert les intérêts des Musulmans.

La lutte idéologique vise à imposer les idées de l’Occident colonisateur et à faire taire toute voix et toute idée qui lui sont hostiles, différentes ou indépendantes. La lutte idéologique fait taire par différents moyens : Diaboliser et criminaliser le porteur de l’idée sinon l’éliminer physiquement, faire porter ses idées par ceux qui ont la vocation de les falsifier ou mal les représenter, donner la parole à ses détracteurs et isoler le porteur de l’idée, pousser ses auditeurs (peuple, lecteurs, partisans) à douter de lui ou à s’occuper d’autre choses grâce au mensonge, à la diversion, au sensationnel, à la manipulation.

Nous avons vu que cette lutte une fois qu’elle a atteint son objectif, assassiner Mouammar Kadhafi, elle s’est appuyé ensuite a faire de la diversion en faisant circuler l’idée que Seif-al-Islam allait se rendre à la cour pénale internationale. La lutte idéologique visait trois objectifs : Accréditer l’idée que Kadhafi aurait des révélations et que sa mort est un soulagement pour tout le monde et que Seif-al-Islam en se livrant allait faire la lumière sur ses révélations et rendre justice à son père. La lutte idéologique consiste à nous faire croire que la CPI est un tribunal de justice et non un instrument juridico-politique de la lutte idéologique. En accréditant cette thèse par la force de persuasion nous faisons oublier l’essentiel : L’agression de la Libye par l’OTAN et son soutien par des savants religieux musulmans est une agression pure et simple, une transgression flagrante du droit international et une transgression de la Charia islamique dont les savants musulmans et les prédicateurs inféodés n’ont jusqu’à présent fournis aucunes justifications religieuses et ne pourront jamais donner au monde musulman une explication pouvant répondre à la question si tuer un prétendu tyran doit passer par la destruction d’un pays, la mort de milliers d’innocents et sa mise sur la voie d’une guerre civile de 100 ans allumée par une forteresse militaire et pétrolière américano sioniste.

Mettre la lumière sur Seif-Al-Islam est un objectif de la lutte idéologique pour faire de la Libye non plus une affaire du peuple libyen mais une affaire de famille dont il faut éradiquer tous les membres pour faire diversion le temps de mettre les tribus libyennes dans une guerre de mille ans et le temps de voir comment le FMI, la Banque mondiale et l’armée Égyptienne allaient mettre au pas cadencé la révolution égyptienne. Si en Tunisie les vainqueurs islamistes ou laïcs sont prêts à composer avec l’armée tunisienne, le département d’état américain et prendre pour modèle la Turquie hybride et pragmatique d’Erdogan, les choses ne se dessinent pas nettement en Égypte avec ses 80 millions d’habitants, l’éclatement des frères Musulmans en cinq parties ingérables, les Nassériens, le mouvement Kifaya, les jeunes révolutionnaires qui continuent de remettre en cause le Maréchal et les généraux égyptiens, un rapprochement d’une partie des révolutionnaires avec l’Iran, la frontière avec Israël…

Mettre la lumière sur Seif-al-Islam c’est bien entendu organiser une traque à l’homme comme du temps des cow-boys et des indiens et faire oublier l’assassinat d’un chef d’État dans des conditions justiciables. C’est aussi faire écran à l’assassinat de l’autre fils de Kadhafi qu’on veut montrer comme le fils d’un tyran qui a des privilèges alors qu’il est un général d’armée, issu des écoles militaires et qui a servi son pays en résistant contre l’agression de l’OTAN comme le lui commande son honneur d’officier. Fait prisonnier par l’OTAN, il a droit aux traitements dus à son rang d’officier de haut rang et à aux respects de la convention de Genève. C’est un crime de guerre que de porter atteinte à la vie, à la dignité et au rang d’un soldat capturé sur le terrain de la bataille. Si l’OTAN peut se permettre de trafiquer les images, les réalités, le Musulman sait qu’il y a le regard d’Allah qui voit et que l’excuse irresponsable des lâches et des inconscients qui nous ont amené à cette nouvelle Nakba «  Il n’a eu que ce qu’il mérite » est la pire transgression envers un prisonnier de guerre car il s’agit bel et bien d’une guerre où se réjouir et jouir de la défaite même de son ennemi est tragique car l’Islam n’a pas vocation à humilier les gens ni à se réjouir de leur malheur. La biographie de Mohamed (saws) est là pour témoigner. Salah Eddine libérant Jérusalem est un exemple parmi tant d’autres.

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