Loin des feux de l’actualité, la république centrafricaine sombre depuis des mois dans une violence chronique. Lynchés, attaqués, chassés, considérés comme des collaborateurs de la « Seleka » mouvement de rébellion (qui signifie alliance), les musulmans tentent par milliers de gagner le Cameroun et le Tchad voisins. Hommes, femmes et enfants fuient les persécutions, escortés par les soldats Tchadiens qui ne parviennent pas à éviter les exactions. Les militaires centrafricains laissent faire, et parfois même participent aux violences en public. Ils paradent devant les caméras, dans un spectacle macabre et à visage découvert, ils sont sur Internet, donc identifiables. Le premier ministre centrafricain de transition a demandé à ce que soient traqués et traînés devant la justice les soldats centrafricains auteurs de ces crimes. A Bangui, des milliers de femmes, de bébés et d’hommes déplacés s’entassent à quelques mètres de chez eux dans des conditions inacceptables.

La France montrée du doigt.

Le représentant spécial de l’ONU, le ministre Français des affaires étrangères et le congrès Américain évoquent une situation « pré-génocidaire ». Cela fait référence à un certain nombre de violations des droits de l’homme, des violences à l’encontre de la population musulmane, des discours de haine, des exactions commises au nom de motivations religieuses, ethniques et raciales. Les populations des zones chrétiennes font l’amalgame et s’en prennent donc ensuite aux populations musulmanes. Plus de 350 mosquées détruites et les livres coranique profanés, 30 réfugiés selon médecin sans frontière. Quelques milieux centrafricains accusent la France d’avoir attiser la haine et le conflit en RCA. La France, dénoncent-ils, soutient la milice chrétienne Antibalaka, (c’est-à-dire « anti-machette), pour défendre ses intérêts, la France est intervenue la ou il y’a de l’uranium, les diamants et le bois. La caution de la France aux Antibalaka est claire.

Dans l’ambiance explosive qui règne dans ce pays, des appels à la réconciliation entre musulmans et chrétiens sont lancés par des Imams qui préviennent toutefois que si les deux communautés n’arrivent pas à s’entendre, il n’y aura d’autre solution que la séparation.

Nacer Nadji – www.lejeunemusulman.net