Alger : Mon journal le 24/11/2015 16h44

Invité le 22 novembre dans l’émission « Houna El-Djazaïr » qu’anime le journaliste Kada Benammar sur Echourouk News pour s’expliquer sur la vidéo qu’il avait postée sur sa page facebook le 12 novembre dernier le montrant devant l’hôpital Val-De-Grace en disant que le président Bouteflika s’y trouvait dans un état de mort clinique, Rachid Nekkaz a signé et persisté à dire que « le président Bouteflika est mort ». Alors que le journaliste lui rappelait l’audience accordée par le président Bouteflika au premier ministre maltais le jeudi 26 novembre, Nekkaz a répliqué « Des images pareilles on peut en faire autant qu’on veut. Moi, aussi, je vais vous montrer une vidéo me montrant en compagnie du défunt président Houari Boumediene ».

Ces graves déclarations ont amené les autorités algériennes à préparer un dossier judiciaire contre l’activiste politique pour procéder à son arrestation. On parle déjà d’une Interdiction de Sortie du Territoire National qui a été généralisée au niveau des postes frontaliers. Ainsi, est programmé le refoulement de Rachid Nekkaz au niveau de la Police de l’Air et des Frontières au cas où il s’apprêterait à quitter le pays. Un avant goût de cette mesure a été donné au concerné à son arrivée à Alger dernièrement puisqu’il a été arrêté avant d’être relâché à l’aéroport Houari Boumediene.

Cela signifie que Rachid Nekkaz sera bientôt convoqué par un juge d’instruction pour répondre du délit de « divulgation d’informations mensongères, atteinte à la personne du chef de l’Etat, atteinte à la sécurité nationale et au bon fonctionnement des institutions de l’Etat ». Des accusations standard fin prête pour toute personne qui ose remettre en cause l’exercice du pouvoir par Abdelaziz Bouteflika.

Rachid Nekkaz a la citoyenneté américaine

Pour beaucoup moins que ce qu’a déclaré Rachid Nekkaz, les 2 quotidiens « Mon journal » et « Jaridati » ont été fermés et leur directeur Hichem Aboud poursuivi en justice, la chaîne ATLAS TV a été fermé, son matériel saisi et son directeur contraint à l’exil du fait de poursuites judiciaires injustifiées. Pour avoir remis en cause le pouvoir exercé par saïd Bouteflika, le général Hocine Benhadid est en prison depuis le mois de septembre. Tout récemment, le caricaturiste Tahar Djehiche a écopé d’une peine de 6 mois de prison ferme pour un dessin dans lequel le président Bouteflika n’est nullement cité. Le correspondant de presse Bouras est aussi en prison pour des propos beaucoup moins graves que ceux tenus par Rachid Nekkaz.

Le seul problème qui fait hésiter les autorités algériennes à passer à l’action pour mettre en prison Nekkaz est sa citoyenneté américaine. En effet, Rachid Nekkaz qui s’est désisté de sa nationalité française possède la citoyenneté américaine en épousant une citoyenne américaine. Par conséquent, il est protégé par la puissante Amérique qui n’hésiterait pas à prendre des mesures coercitives contre le pouvoir algérien si par malheur il s’aventurerait à arrêter l’activiste politique qui appelle à l’organisation d’élections présidentielles anticipées en déclarant Abdelaziz Bouteflika mort cliniquement.

Saïd Bouteflika doit longuement réfléchir avant d’ordonner une quelconque mesure contre Rachid Nekkaz qui nous a déclaré dans une communication téléphonique à partir d’Alger « assumer mes paroles et faits. Ce n’est pas la prison qui me ferait reculer quelque soit la mesure qu’on puisse prendre à mon encontre. »