Devant le complot qui se trame nous offrons à nos enfants une grille de lecture sans langue de bois.

  • Plébiscite « illégitime » ou plateforme
  • La Jeunesse est l’acteur du changement.
  • La jeunesse est une « marchandise » convoitée.
  • La jeunesse algérienne inspire la crainte aux ennemis de l’Algérie.
  • Nos attentes envers la Jeunesse algérienne.

Plébiscite « illégitime » ou plateforme de reconduction du régime

Ali Ghediri avait annoncé qu’il se présentait aux élections présidentielles indépendamment du retrait ou non de l’actuel Président, en candidat libre sans lien avec les partis politiques de l’opposition classique qui a fait le jeu du pouvoir. Une fois que sa rupture est marquée dans nos esprits et que la confusion sur son statut d’ancien militaire est levée, voilà que son staff démissionne. Nous savions que son staff était complétement infiltré par des tendances qui ne lui sont pas favorables. Il a travaillé avec ce qu’il a trouvé à sa disposition : un panier à crabes ou un sac de vipères. Cette Hogra subtile nous rappelle celle exercée sur Boudiaf qui avait avoué ne pas trouver 60 algériens propres pour gouverner avec lui.

J’avais écrit mes positions sans ambiguïté : Quels sens donner au premier novembre ? Quel sens donner à la démocratie et à la République ? Quel sens donner à la Modernité ? Où placer le curseur idéologique ? Les Algériens ont perdu la notion d’État, de loyauté et de fidélité. L’opportunisme et les clivages idéologiques ont massacré les Algériens laissant le peuple en otage. Malek Bennabi, dans la lutte idéologique, a montré comment les « intellectomanes » et les « intellectotunnels » ne suivent pas les chemins de la Renaissance et de la Libération, mais les illusions et les fausses thérapies qui n’ont fait qu’aggraver notre pathologie morbide, qu’accentuer le mal qui est en nous. Le colonialisme sait que nos élites sont en quête de reconnaissance sans légitimité populaire, en quête d’être validés par les idéologues de l’Occident.

La trouvaille aujourd’hui est d’aller vers l’alternative binaire :

  • La reconduction de la plateforme politicienne inspirée par les Étrangers au clan Bouteflika.
  • Un plébiscite qui ne donnerait pas la légitimité au candidat de la Rupture et le mettrait plus tard en porte-à-faux, non seulement des ambitions paradoxales, en crise de gouvernance lorsqu’il faut faire face aux catastrophes et aux ruines sans élites compétentes, mais avec des politiciens aguerris à la lutte idéologique et aux contradictions. Il s’agit de donner un contenu péjoratif pour discréditer et disqualifier maintenant ou plus tard le seul candidat qui tient la route.

Le régime est habile. Ses inspirateurs et conseillers étrangers le sont davantage. Nos élites sont de piètres figurants. Ils continuent de mépriser le peuple algérien et de se jouer de son intelligence. Il faudrait qu’un jour ils se mettent à dialoguer avec les gens de l’intérieur du pays, les paysans, les sans-terre, les Djounouds de l’armée. Les microcosmes algérois, les syndicats caporalisés et les associations fantoches ne sont pas la réalité de l’Algérie.

Dans un cas comme dans l’autre, il n’y aurait pas de pouvoir fort et légitime pour résister à la prédation étrangère. Cette fois-ci, la prédation va faire de l’armée algérienne un accessoire de l’OTAN arabe et de l’Algérie non seulement un comptoir colonial, mais un complexe de bases militaires et sécuritaires sur le plan des opérations ou du renseignement.

La campagne de Ali Ghediri explose avec les démissions des principaux collaborateurs. Cela nous attriste, mais ne nous surprend pas et on va l’expliquer dans ces pages. Pour que nos explications soient claires et compréhensibles pour les jaloux de l’Algérianité, notamment pour les acteurs du changement nous apportons une lecture globale :

La Jeunesse et le changement

La Jeunesse, à travers l’histoire de l’humanité, est toujours à l’avant-garde de la résistance à l’oppresseur. La Jeunesse de l’Algérie a inscrit avec son sang la libération de l’Algérie. La majorité des militants de la cause nationale étaient jeunes à l’instar de Benboulaid, Amirouche, Benm’hidi, Zabana et des centaines de milliers d’autres. La Jeunesse de l’Algérie a les voix et la voie pour s’inscrire de nouveau dans l’histoire.

Aux grands rendez-vous avec l’histoire, les Jeunes sont présents, alors que leurs aînés souvent évitent les postes de combat trop occupés par la rente ou trop terrorisés par l’oppresseur. Les Jeunes sont les acteurs du changement en tout lieu et toute époque, malgré les entraves, les infantilisations et les dénis de reconnaissance du système oppresseur et ses alliés. Nous voici à titre d’exemple devant le récit coranique sur Moussa le grand libérateur face au plus grand tyran que la terre ait connu :

فَمَآ آمَنَ لِمُوسَىٰ إِلاَّ ذُرِّيَّةٌ مِّن قَوْمِهِ عَلَىٰ خَوْفٍ مِّن فِرْعَوْنَ وَمَلَئِهِمْ أَن يَفْتِنَهُمْ وَإِنَّ فِرْعَوْنَ لَعَالٍ فِي ٱلأَرْضِ وَإِنَّهُ لَمِنَ ٱلْمُسْرِفِينَ [يونس:83

{Personne ne crut en Moïse, sauf un groupe de jeunes gens de son peuple, les autres craignant d’être éprouvés par Pharaon et par leurs notables. Car Pharaon était arrogant sur la terre et il était du nombre des outranciers.}

Bien entendu, il ne s’agit pas de tous les jeunes ou de toute la lignée d’un peuple, mais l’élite qui s’engage par conviction, par dignité. Elle n’a pas besoin d’un cadre organique partisan ou sectaire, car, par son indépendance d’esprit et sa dignité instinctive, elle ne peut être embrigadée ni endoctrinée par des appareils ou des propagandes. Voici Ibrahim face à la plus grande escroquerie idéologique de l’Histoire que prend l’initiative de détruire les totems, les idoles et les fétiches et d’opposer à ses détracteurs un argumentaire infaillible :

﴿ قَالُوا سَمِعْنَا فَتًى يَذْكُرُهُمْ يُقَالُ لَهُ إِبْرَاهِيمُ ﴾ [الأنبياء:60]

Et par Dieu ! Je ruserai certes contre vos idoles une fois que vous serez partis ». [21:58]
Il les mit en pièces, hormis [la statue] la plus grande, afin qu’ils reviennent vers elle. [21:59] Ils dirent : «Qui a fait cela a nos divinités ? Il est certes parmi les injustes ». [21:60]
Certains dirent : «Nous avons entendu un jeune homme médire d’elles; il s’appelle Ibrahim».  [21:61]
Ils dirent : «Amenez-le sous les yeux des gens afin qu’ils puissent témoigner» [21:62]
(Alors) ils dirent : «Est-ce toi qui as fait cela a nos divinités, Ibrahim ? » [21:63]
Il dit : «C’est la plus grande d’entre elles que voici, qui l’a fait. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler ». [21:64]

L’esprit jeune a la capacité d’argumenter, la compétence de se libérer des préjugés, la lucidité de voir la vérité et le courage d’affronter l’absurdité, le cynisme et l’oppression.

A la force de l’âge, la jeune femme et le jeune homme ont la posture morale et la stature physique pour inspirer le respect et la crainte lorsque la vertu les habite et le projet d’avenir les propulse vers plus haut et plus loin que leur propre personne. C’est ce que Moussa a inspiré alors qu’il était encore socialement et politiquement faible, isolé, fuyant la répression :

﴿ قَالَتْ إِحْدَاهُمَا يَا أَبَتِ اسْتَأْجِرْهُ إِنَّ خَيْرَ مَنِ اسْتَأْجَرْتَ الْقَوِيُّ الْأَمِينُ ﴾ [القصص:26]

{… l’une des deux femmes vint à lui, d’une démarche timide, et lui dit : « Mon père t’appelle pour te récompenser pour avoir abreuvé pour nous ». Et quand il fut venu auprès de lui et qu’il lui eut raconté son histoire, il (le vieux père) dit : « N’aie aucune crainte : tu as échappé aux gens injustes ».  L’une d’elles dit : « ô mon père, engage-le à ton service moyennant salaire, car le meilleur à engager c’est celui qui est fort et digne de confiance».}

C’est la règle universelle qui propulse la Jeunesse au-devant de la scène de l’Histoire pour jouer leur rôle de réformateur, de civilisateur comme Youssef le visionnaire intègre :

﴿ وَلَمَّا بَلَغَ أَشُدَّهُ آتَينَاهُ حُكماً وَعِلماً وَكَذَلِكَ نَجزِي المُحسِنِينَ ﴾ [يوسف: 22[

{Ainsi avons-nous raffermi Joseph dans le pays et nous lui avons appris l’interprétation des rêves. Et Dieu est souverain en Son Commandement : mais la plupart des gens ne savent pas. Et quand il eut atteint sa maturité Nous lui accordâmes sagesse et savoir. C’est ainsi que nous récompensons les bienfaisants.}

Ce ne sont ni les rentiers et opportunistes ni les médiocres et les séniles qui peuvent réformer et gouverner avec bon sens, utilité et efficacité. Même s’il lui manque de l’expérience, de l’influence, des moyens et des ressources, le Jeune, lorsqu’il s’engage en étant bienfaisant, a la garantie d’avoir un soutien céleste qui lui fait garder le cap et qui le fait entrer dans l’histoire par la grande porte qu’il reste en vie ou qu’il décède de mort naturelle ou de mort violente :

﴿ إِنَّهُمْ فِتْيَةٌ آَمَنُوا بِرَبِّهِمْ وَزِدْنَاهُمْ هُدًى ﴾ [الكهف من الآية 13]

{Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Dieu ; et Nous leurs avons accordé une bonne guidance. Nous avons fortifié leurs cœurs…}

Notre jeunesse est saine, elle est forte, elle est déterminée. Elle sera bien guidée pour libérer l’Algérie de l’oppression, imposer un nouvel ordre juste et équitable, relancer le développement social et économique, instaurer le pluralisme politique citoyen qui n’exclue aucune sensibilité lorsqu’elle œuvre pour fédérer et édifier.

Nous avons la conviction que nos jeunes sont forts, capables et dignes de confiance. Aidons-les à nous aider à sortir de la catastrophe que les séniles et les médiocres ont provoqué.

La jeunesse face à la convoitise

Votre haute mobilisation massive et déterminée suscite des convoitises. Des figures politiques et des membres de la « société civile » tentent de se construire une légitimité « citoyenne » pour réaliser leur agenda politique : prendre le pouvoir et imposer leur cadre idéologique laïciste inspiré du modèle français. Le discours de Ali Ghediri qui s’engage à respecter le pluralisme, non seulement politique et idéologique ne les arrange pas. Ils veulent une Algérie berbériste ou laïque coupée de son arabité et de son islamité. Ignorant l’Islam et le peuple algérien, ils pensent que leur militantisme dans la société civile leur donne le droit d’imposer leur vision étriquée sur la société algérienne. Plus personne n’ignore aujourd’hui que le sionisme et l’Empire ont main basse sur ce qu’on appelle l’universel, les droits de l’homme, la démocratie, la modernité, la société civile et l’humanitaire. Je ne dis pas que tous les militants sont traitres et fourbes, mais je dis qu’ils sont perméables aux thèses éradicatrices et islamophobes.

Ils tentent de chapeauter l’élan populaire qui veut le changement et lui donner la connotation de mouvement citoyen pour l’utiliser comme passerelle idéologique vers le pouvoir politique. En dehors des têtes de chapeau importées de la Révolution française, ils n’ont aucun contenu algérien à proposer. Ils veulent que l’Armée Nationale et Populaire leur cède le passage et les laisse gouverner contre la culture et la religion du peuple algérien.

Il est déloyal de s’engager auprès d’un candidat puis de le torpiller sous prétexte que la conjoncture n’est pas favorable à la tenue d’élections. Ces gens-là ont rejoint le candidat Ali Ghediri pour le phagocyter et coopter son équipe de campagne et son équipe de gouvernance. Nous savons tous que l’ANP n’a pas le pouvoir réel et qu’elle se fait instrumentaliser par des civils sans foi ni loi sous des slogans trompeurs. Ali Ghediri vient de l’apprendre à ses dépens deux fois de suite.

Lorsque l’on a des ambitions présidentielles pour « La Rupture et le Changement » on ne s’engage pas précipitamment sur un « mouvement citoyen » dont on ne connait rien sur ses organisateurs, ses fondements idéologiques et ses aspirations. L’engagement pour sanctionner un régime ou lui signifier de dégager n’est pas suffisant pour explorer l’avenir et avoir les garanties d’atteindre terre ferme alors qu’on n’a ni cap, ni vigie, ni boussole : navigation à vue. Dans la tempête les récifs ne pardonnent pas. On pousse une fois de plus le bateau Algérie à sombrer dans le brouillard de la confusion, de la déloyauté, des calculs mesquins et opportunistes.

Le scénario tunisien et Égyptien se met en place. Le clan des laïcistes de la campagne Ali Ghediri se repositionne pour chapeauter la rue et porter Zoubida Assoul à la présidence et son équipe à la gouvernance. Même Ait Larbi démissionne. Juriste chevronné il sait qu’à ce niveau de responsabilité, il faut donner le temps et l’espace au candidat de s’exprimer, d’annoncer les démissions de son équipe et de s’expliquer. Je ne suis pas membre de cette équipe, je ne sais pas où le clash a eu lieu, mais ce qui se passe est vilain et il faut le dénoncer. Il est d’autant plus vilain qu’il se produit une fois que les réseaux sociaux se sont mis à perturber les manifestations des étudiants et de la jeunesse algérienne : les uns demandant aux gens de rentrer dans les maisons pour ne pas se retrouver face aux Kalachnikovs des militaires. Les autres demandant une plateforme nationale.

La plateforme nationale est la recomposition formelle du champ politique pour laisser le même système en place avec l’introduction de nouveaux clients et la sortie d’anciens partenaires épuisés ou jugés inaptes à poursuivre la route. C’est le comportement maffieux par excellence. Il n’y a pas de verdict populaire, mais des arrangements entre gangsters tenant la rue et ses tripots. Les nouveaux gangsters ne veulent plus la casquette militaire, mais les oripeaux de la démocratie et de la modernité en rupture avec nos principes.

L’ouverture du champ politique aux islamistes est refermée. Ali Ghediri se retrouve donc seul à porter la rupture avec le système totalitaire et à proposer l’ouverture à l’arabité, l’islamité et l’amazighité à tous les Algériens sans exclusive ni exclusion.

Les choses vont se compliquer, mais l’implosion du système va avoir lieu. Ce sont ces forces qui ont paralysé Boudiaf et Liamine Zeroual lorsqu’ils ont voulu élargir leurs horizons idéologiques et engager une réconciliation nationale. La Jeunesse Algérienne doit se libérer de ce complot et se revendiquer de l’Algérianité. Elle doit se libérer des relais médiatiques et sociaux de la rente et des officines du renseignement et de la subversion. Regardez comment les cadres du RCD se déchirent publiquement en Kabylie : les uns affichant leur appartenance aux réseaux de Tewfik, les autres aux réseaux de Touati de la « défense populaire » contre le terrorisme et l’intégrisme. Partout c’est la même soif de pouvoir, la même corruption, la même trahison, le même vomi.

Si Ali Ghediri ne change pas de position et ne s’avoue pas vaincu, les cartes de la Rupture et du Changement ne vont pas changer de mains inchaallah. Bouteflika est mort physiquement, symboliquement et politiquement ainsi que le système qui l’a mis en place et le système qu’il a mis en place.

Ali Ghediri ne doit pas perdre de vue que les Chaouias disent que tirer son épée du fourreau est une honte, la remettre est une double honte. Il avait oublié la règle berbère : MA TASHAB HATA TJARAB, MA TOUDROUB HATA TGADAM, MA TAÂGAD HATA TARKEB….

La jeunesse algérienne inspire la crainte

L’expression de plus en plus déterminée et forte de la Jeunesse algérienne à faire changer les choses et à rompre le statu quo fait peur aux Français, aux Américains qui risquent de perdre le contrôle de l’Algérie. Les Algériens paniquent. Il s’agit des rentiers qui ont peur de perdre leurs privilèges et d’être poursuivis pour vol et corruption. Il s’agit des éradicateurs qui ont peur d’être poursuivi pour crimes et trahison. Il s’agit de quelques pseudo « réformateurs » qui espéraient revenir au pouvoir et prendre leur revanche sur les Militaires et les Islamistes dont l’infantilité et l’aventurisme ont mis fin à leur désir de réformer l’Algérie sans le recours au peuple algérien. Il y a trop de monde contre Ali Ghediri. Si on ajoute à ce beau monde les partis politiques et la société civile qui veulent une transition négociée avec changement de façade et non une rupture, on comprend mieux ce qui se passe.

Ne voulant jouer ni le rôle de lièvre ni celui de comparse ni celui d’interlocuteur valide, il a pris le risque de se faire exploser en plein vol. Il a le mérite d’avoir pris ce risque et c’est la raison majeure de notre soutien inconditionnel à sa candidature. Nous espérons qu’il aille au bout de sa logique et qu’il assume ses responsabilités au péril de sa vie et il n’en sortira que plus crédible, plus efficace et plus compétent :

مِّنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ ۖ فَمِنْهُم مَّن قَضَىٰ نَحْبَهُ وَمِنْهُم مَّن يَنتَظِرُ ۖ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا (23) لِّيَجْزِيَ اللَّهُ الصَّادِقِينَ بِصِدْقِهِمْ وَيُعَذِّبَ الْمُنَافِقِينَ إِن شَاءَ أَوْ يَتُوبَ عَلَيْهِمْ ۚ

{Il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Dieu. Parmi eux un tel a atteint le terme de sa vie et un autre attend encore ; mais ils n’ont varié en aucune façon. Ainsi, Dieu récompense les sincères pour leur sincérité et Il châtie, s’Il le veut, les hypocrites ou Il accepte leur repentir.} Al Ahzab 23

Pour ceux qui l’ont quitté en cours de route. Ils démontrent à leur insu que la route vers l’avenir est difficile, il faut la tracer dans sa tête et voir où elle conduit, puis la donner aux autres en carte pour qu’elle soit empruntée par ceux qui veulent être du voyage. En cours de route on ne change pas de destination ou d’itinéraire, car on risque de perdre les itinérants, les références et les jalons. On ne doit pas changer de carte sauf établir et donner des cartes avec d’autres échelles pour voir avec plus de détails le terrain et se poster avec précision. N’importe quel officier militaire connait l’importance des cartes et des voies d’attaque et de repli dans un ordre de combat. Nous espérons que le Général Major Ali Ghediri a établi son plan de bataille en prévoyant les pertes inévitables dans ses rangs ainsi que les dégâts dans sa ligne de défense et dans ses arrières. Ceux qui viennent de réaliser qu’ils se sont trompés de carte et qu’il faut quitter le train, en toute logique ils vont continuer de se tromper et de changer de train.

Nous sommes remis dans le contexte algérien de 1991 et dans les contextes du « printemps arabe ». Tous les professionnels de la lutte idéologique, de la guerre subversive, de la guerre psychologique – Algériens et Etrangers –  se mettent à l’œuvre, parfois isolés, parfois en collaboration pour imposer leurs scénarios comme ils l’ont fait en Algérie, en Egypte, en Tunisie, en Libye et en Syrie tout en affichant de fausses craintes. Ils partent du postulat que la Jeunesse algérienne, longtemps exclue, brimée, mal formée et avec un manque d’expérience flagrant en matière d’organisation et de lutte idéologique peut être manipulée et conduite à réaliser les objectifs qui ne sont ni les siens ni ceux de l’Algérie profonde.

Lorsqu’on a ricané sur la rupture symbolique que je lui aie attribuée en sa qualité de militaire pouvant faire rentrer l’armée dans ses casernes et lui redonner le sens de ses missions en renouant avec la vocation de l’ALN, j’ai compris ce qui se tramait. Lorsque les médias français interviennent pour exprimer leur crainte sur le « péril vert » et lorsque les Américains parlent du droit de manifester tout en occultant la candidature de Ali Ghediri, on comprend vite que nous sommes dans une bataille hautement symbolique. Le néocolonialisme veut régler son compte à l’ALN et au FLN. Le FLN est fini par la faute de ses militants. Le parti algérien qui aurait pu déjouer le nouveau complot et refuser la manipulation est le FFS par son caractère historique, algérien et compétent, mais lui aussi a été dispersé tant par le pouvoir et sa rente que par la culture de zaïmisme de certains militants.

L’ANP est en voie de liquidation sauf si les Algériens, militaires et civils, déjouent le plan et fassent preuve d’un nationalisme vigilant et sincère.

Nos attentes envers la Jeunesse algérienne :

La date des élections a été fixée, il faut la respecter. Il faut la réaliser dans la foulée de ses manifestations et de ce mouvement populaire. Un corps combattant livre et achève sa bataille à chaud, il ne donne pas le temps à son ennemi de se repositionner, de rassembler ses troupes ou d’attendre les renforts sinon le rapport de force s’inverse et l’enthousiasme baisse. La mort de Bouteflika, son retrait ou son maintien formelle ne sont ni le déluge ni un cas de force majeure. Les Institutions ont fonctionné sans lui depuis 6 ans.

Nous n’avons pas de consignes à donner à des jeunes en lutte de survie, de la même manière que n’avons pas de postes ou de privilèges à négocier avec tel candidat ou tel autre. Nous exprimons notre conviction et notre espoir pour la Rupture et le Changement. Notre génération n’a pas su, n’a pas pu ou n’a pas voulu le faire, faites-le à notre place, mais faites-le pour vous et pour l’Algérie.

Une partie de cette jeunesse n’a pas hésité à braver les flots sur des embarcadères de fortune, l’autre n’a pas hésité à étudier ou à travailler dans des conditions où il n’est pas permis de se réunir à plus de trois, de penser librement ou d’entreprendre sans tuteur. Elle a les compétences requises pour exprimer le sens prophétique des prénoms que leur ont donné leurs parents et leurs grands-parents : Ibrahim, Youssef, Moussa, Soleiman, Mohamed, Younes, Aïssa, Daoud, Haroun, Salah, Choâaïb, Youghourta, Massinissa, Assia, Kahina, Fatma, ….

Ces grandes figures ne se sont pas contentés de dénoncer, elles ont protesté pour marquer leur indignation humaine devant l’injuste et l’absurde. Protestataires, elles ne se sont pas contentés de refuser un système ou une injustice, elles ont pris option et engagement pour une autre alternative, celle que dicte la conscience vive et non celle que fait miroiter le miroir des alouettes et amplifier la narrative médiatique et idéologique.

J’ai dit et je maintiens que non seulement l’armée algérienne ne détient pas le pouvoir, mais qu’elle est l’instrument du pouvoir réel occulte. J’ai dit et je maintiens que non seulement l’Algérie est sous l’emprise de Hizb França, mais sous celui plus puissant et plus destructeur du Hizb As Chaytan. La lutte qui se déroule dans les coulisses est terrible, si le peuple ne tranche pas, elle sera horrible hors coulisse.

Que Dieu raffermisse vos cœurs, qu’Il guide vos pas et qu’Il aiguise votre lucidité !

Omar MAZRI – ALGERIE RUPTURE