Sans instance démocratique, sans poids réel sur la société, sans courage politique, sans vision sur l’avenir, l’opposition algérienne est un ramassis de revanchards, d’opportunistes, d’assoiffés de pouvoir. De 1992 à ce jour, ils ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la lecture de la crise algérienne ni sur un programme de sortie de crise ; ils ne sont pas parvenus à dégager un consensus pour « désigner » ou « élire » un candidat « oppositionnel ».

Tous, d’une manière ou d’une autre, ont servi la rente et ont donné une pseudo légitimité et une façade démocratique pour leurrer les Étrangers et maintenir la population algérienne dans l’ignorance et l’exclusion de la vie politique et des choix économiques. Ils ont phagocyté l’Assemblée Nationale et ont profité sans honte et sans pudeur aux privilèges de la « représentativité » au service des clans.

N’ayant pas fini de digérer et n’ayant pas envie de quitter la table, ils essayent de détourner le peuple de ses revendications de rupture : Non seulement ils soutiennent le coup d’État blanc, mais essayent de lui donner une couverture médiatique et une légitimité politique sur la base de deux tentatives d’escroqueries :

  • Surfer sur la vague de la contestation populaire dans l’attente qu’elle s’épuise ou se refroidisse pour s’imposer comme s’ils étaient de véritables partis d’opposition et ainsi caporaliser le peuple et le conduire comme un troupeau.
  • Se proposer comme solution à l’Armée qui va et qui doit par nécessité historique prendre une position, bonne ou mauvaise, et déclarer une feuille de route. L’ANP prend du temps pour une concertation d’abord en interne, une évaluation de tous les scénarios possibles, une écoute et une vision sur l’ensemble des « acteurs ». En plus du fait que certains des chefs militaires se considèrent comme étant les plus légitimes pour décider du sort de l’Algérie du fait qu’ils ont vaincu les maquis terroristes, les militaires ne font pas confiance aux « civils » car ils connaissent leur ingratitude, leur servilité et leur incompétence.

Encore une fois, nous sommes conduits vers de fausses solutions incertaines et remis sur les rails de l’alignement au système. Chaque algérien qui veut la rupture et le changement pour qu’il puisse exercer ses libertés et assumer ses responsabilités politiques, économiques, culturelles et informationnelles doit maintenir la pression pour faire dégager le système dans sa globalité, y compris ses oppositions fantoches.

Selon le principe « Aidez-moi à vous aider », il faut débattre dans des espaces publics, dans un cadre populaire, démocratique et responsable et faire émerger des revendications structurées qui peuvent être adoptés et défendues par les nouvelles élites issues de vos débats et de vos rangs.

Il faut refuser la pseudo transition, ses appareils et ses pièges. L’Algérie est en transition interminable depuis 1962 dans un mouvement de régression politique et sociale. Il faut exiger la tenue d’élections dans un délai très court et remettre sur pied la légalité. Ou bien un Président élu. Dans le pire des cas un Haut Conseil d’État (collégial) mais dont chacun des membres devra être élu par le peuple. Les Urnes doivent arbitrer et trancher comme arme démocratique et populaire faisant barrage aux arrangements d’appareils, aux forces financières du marché parallèle et de l’import, aux ruses de la bureaucratie.

Nous n’avons pas le droit de louper cette occasion historique dans laquelle le système se retrouve « assommé » sans tête pensante et sans consensus sur le successeur du chef de Mafia. Nous n’avons pas le droit de laisser les Étrangers trouver un accord entre eux et nous l’imposer. Ils ont l’argent, les relais médiatiques, la carte psychologique de nos faiblesses et la ruse diabolique. C’est maintenant ou jamais !

Manifester ( اظهار  ), c’est se faire connaître ou faire connaitre une idée, une personne ou une chose en lui donnant une apparence sensible largement visible. C’est fait depuis un mois : Il faut d’éviter que le festif se transforme en délire comme en 1962, masquant les manœuvres occultes. Il faut éviter que les experts de la lutte idéologique ne transforment un mouvement populaire en violence ou qu’ils le fassent dériver vers une fétichisation, une déification. La foule risque de devenir une quantité abstraite qui se reproduit massivement comme une catharsis sociale sans produire de schémas de libération et de plateforme de revendication pour négocier le départ pacifique et urgent du système. Les jeunes étudiants, les cadres probes et compétents peuvent et doivent faire émerger les atomes et les assembler en molécules et en réactions de transformation de la matière première brute en quelque chose de plus élaboré et de plus consistant.

La nature a horreur du vide. Si le bien et l’ami n’occupent pas le terrain, c’est le mal et l’ennemi qui l’occuperont.

Les faillitaires, liquidateurs et les corrompus veulent s’accaparer le capital des Algériens sans payer leurs dettes ni exercer leurs devoirs, ils veulent continuer à brader l’Algérie comme ils ont bradé les entreprises publiques au dinar symbolique.

Sur le plan moral et intellectuel, ils insultent notre probité et injurient notre intelligence en proposant des « sages » qui peuvent se révéler des diables ou des otages du même système. Ce ne sont pas les hommes, mais les processus démocratiques qui doivent être mis en évidence et en état de marche.

Les questions essentielles :

Qui a pouvoir de désigner ces « sages », sur quels critères, pour quel mandat et pour quelle durée ? Ils n’ont pas de réponse convaincante sinon ils auraient choisi la voie des Urnes et se seraient soumis au verdict populaire. Nés dans la clandestinité et grandis dans le secret et les combines, ils ne peuvent proposer des solutions transparentes, efficaces et rapides. Ils prennent toujours des détours sinueux et agissent pour des méthodes dont le simplisme réducteur est douteux.

Ils ne s’adressent pas au peuple, mais à l’Armée algérienne. Empressez-vous de vous organiser et adressez-vous à l’armée avec une proposition qui fixe le cap et met la barre suffisamment haute. Des débats commencent à naitre. Il faut les rejoindre, les fortifier, élever leur niveau refuser leur dérive vers le sectarisme, le futile et la confusion.

Omar MAZRIAlgérie Rupture