Sous un titre racoleur, le patriotisme de canaille (selon Bertolucci) nous dit que l’ex génénar s’exprime et révèle. De quoi s’agit-il ?

Aveu du passé :

Je suis, selon ce qui se dit çà et là, l’homme qui a «refusé» le verdict des urnes et a fait «avorter» une révolution démocratique et sociale en janvier 1992. J’assume d’avoir répondu avec le gouvernement et le Haut Conseil de sécurité à l’appel de l’immense majorité des Algériens pour éviter à l’Algérie l’instauration d’un Etat théocratique.(Khaled Nezzar)

Est-ce qu’on peut être sérieux en disant que la minorité médiatique et idéologique est légitime pour délégitimer une expression populaire majoritairement antisystème ?

Est-ce qu’on peut raisonnablement dire que le président par intérim Abou Lahya et le gouvernement de Abou Faracha étaient légitimes en 1992 ? Qu’est ce qui a changé entre 1992 et 2019 pour que les anciens Janvieristes fussent dans la légalité constitutionnelle en refusant le résultat des urnes alors que les Néo Janvieristes soient dans la légitimité populaire contre la légalité constitutionnelle pour ne pas aller au verdict des urnes ? Ils sont tellement convaincus de leur rhétorique stupide qu’ils s’imaginent découvrir la salinité de l’eau de mer et que nous allons boire de leur tasse nauséabonde.

Il n’y a rien de changé !

En octobre 1988, en janvier 1992 et en février 2019 nous avons assisté à une opération de communication où se conjuguent la réalisation de ce que Noam Chomsky appelle la fabrique du consentement et de ce que Noémi Klein appelle la stratégie de la terreur psychologique pour imposer :

– Un libéralisme sauvage

– Un démantèlement de l’Etat

– Un alignement idéologique et culturel sur l’Occident athée.

– Une exclusion de l’arabité et de l’islamité

– Une terreur ou une confusion telle, qu’il est impossible de voir le réseau maffieux et ses sbires mettant sous emprise la société algérienne, ses ressources et son mental pour qu’il n’y ait jamais une justice, une liberté, une souveraineté, une démocratisation.

A chaque fois, ils nous servent l’émigration algérienne en France comme étant la paternité du nationalisme algérien pour exclure le peuple algérien et ses Oulémas et ne conserver du 1er Novembre que l’interprétation laïciste et bérbériste, signifiant la libération de l’Algérie du colonialisme musulman et de la langue coranique. Ils ont sapé l’économie, l’école et la culture et ils ont noyauté l’ANP pour la détourner de sa vocation populaire et nationale. Ils ont réalisé ce que le colonialisme n’a jamais pu entreprendre : « Salir l’ANP et le FLN ».

A chaque fois, ils nous servent Ait Ahmed en guise de référence, oubliant qu’entre Da Hocine Ait Ahmed et ces voyous, il y a non seulement des principes démocratiques, mais surtout l’effusion du sang des Algériens et la destruction de l’Algérie.

A chaque fois, ils nous servent la peur de l’Etat théocratique. Face à eux il y a les indigents politiques de l’islamisme politique et de l’islamisme maraboutique, versés dans la rente ou dans la revanche, ils peuvent donc les manipuler, en faire des boucs-émissaires, des repoussoirs. Ils détiennent l’économie, la finance, les médias, les chancelleries : Ils peuvent raconter ce qu’ils veulent, personne ne peut les détromper.

Dans ces moments de confusion, nous voyons de pseudo intellectuels « islamistes » et des agitateurs partisans de « l’islamisme infantile » se mobiliser contre Ghazi Hidouci et affirmer, sur impulsion des laïcistes et des éradicateurs, civils et militaires, que ce dernier est Juif et qu’il aurait judaïsé le Ministère de l’économie. Pourquoi la diffamation et le mensonge, pourquoi la diversion ?

Le caractère pacifique et insistant du « Harak » les dérange, car ils ne parviennent pas à le caporaliser, il échappe à toute logique. Ils le poussent vers l’émeute, la surenchère et la haine de tous les anciens cadres pour cristalliser les mécontentements vers l’affrontement avec l’armée, le Darak et le Amn Watani. L’affrontement réalise leur vœu le plus cher : Partitionner l’Algérie, impliquer l’armée dans un bain de sang pour la rendre justiciable devant les tribunaux internationaux sinon les pousser à faire des concessions politiques, sécuritaires et économiques sur le plan géostratégique.

C’est dans cette confusion et dans cette menace qu’ils réalisent le deal passé avec les oligarques qui leur octroient la manne financière de la publicité, de la logistique, des avantages et des salaires. Comme des symbioses, ils vivent les uns et les autres comme des parasites réciproques : Un seul meurt ou s’affaiblit et par effet mutuel l’autre périt avec lui.

Pour éviter à l’Algérie l’instauration d’un Etat théocratique (Khaled Nezzar)

Nous sommes dans la posture du serpent qui se mord la queue : Nous sommes revenus à l’équation de départ de 1989 : Que faire des islamistes algériens ? Il faut changer de peuple ou éradiquer l’Algérie ! On va se poser deux questions qui vont montrer l’aveu d’impuissance des éradicateurs laïcistes :

La première question est liée au devoir de vérité et de justice : Une élection démocratique avec un Président légitime, une remise en marche de la vie parlementaire et une réhabilitation des appareils de sécurité et de justice vont remettre à l’ordre du jour « qui a tué qui », « qui a armé les milices laïcistes », « qui a armé les milices islamistes », qui et qui et pourquoi ? Les familles des victimes (civils et militaires, citadins et ruraux) du terrorisme, des disparus, des déplacés, des internés, des torturés, des exclus vont fatalement exiger des enquêtes et des indemnités. Qui portera la responsabilité ? Qui répondra de la corruption et des richesses accumulées durant la « décennie noire » ? Tous ceux qui ont du sang sur les mains et de l’argent sale dans les poches vont refuser d’aller au verdict des urnes. Tous les voyous et les incompétents vont préférer l’anarchie de « tout le monde est responsable » pour ne pas être tenu pour responsable.

Ceci dit, il faut souligner une donnée extrêmement importante sur la faute stratégique de Khaled Nezzar en 1992. Le FIS avait gagné les élections législatives, mais il pouvait être mis en échec sur le plan de la bureaucratie et de la nomination des cadres. Même si les parlementaires du FIS prenaient une décision de type « théocratique », le Journal Officiel aux mains de la haute administration pouvait le rendre inopérant en refusant de le publier. Même si le FIS parvenait à proposer un chef de gouvernement, des Ministres, des Walis, des cadres supérieurs, il lui manquerait l’approbation et la validation par deux hommes clés dans le système algérien : Le chef des services de sécurité et le directeur de cabinet du président. Nous aurions été conduit vers l’inertie et la crise politique avec de nouvelles élections ou bien une négociation secrète où le FIS, sans expérience politique et sans stratégie économique et institutionnelle aurait soit perdu la bataille soit fait des concessions majeures.

Pourquoi aller vers l’affrontement violent alors qu’il y a des possibilités de contenir l’adversaire, de le désarmer et de le défaire ? Pourquoi détruire un pays ?

La Guerre civile, conjuguée à la perte de souveraineté nationale, masquées sous le vocable de « la lutte antiterroriste », a permis de réaliser quatre objectifs :

  1. Pillage économique
  2. Sanction du peuple par les exactions des milices
  3. Pas de création d’emploi et de stabilité pour générer l’économie informelle et l’import sur les ruines de l’industrie et de l’agriculture algérienne
  4. L’éradication de l’adversaire idéologique.

Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du Président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays. (Khaled Nezzar)

C’est du vent médiatique, Nacer ou Said Bouteflika ne sont que des communicateurs de l’ancien président, le véritable pouvoir est ailleurs. Ils sont, pour cacher la résurgence du système et sa nature réelle, en train de nous envoyer depuis des mois de fausses pistes pour focaliser la colère et lui donner incarnation. Le peuple détruit par la mosquée, l’école et les médias, ne peut comprendre l’abstraction politique et économique, alors ils lui servent du concret personnifié qui le satisfait pour un exorcisme ou une catharsis sociale. Ils font de la diversion à l’image de la citation de Hegel : « Dans la forêt, on entend le vieil arbre qui tombe, mais on n’entend pas la jeune pousse qui émerge »

Est-ce que Saïd Bouteflika et Tewfik peuvent, à eux seuls, incarner tous les malheurs de l’Algérie. Est-ce qu’on peut leur imputer cette situation de mutation du peuple algérien de résistant au colonisateur à des individualités qui se sont contentés de consommer, de fantasmer et de s’abrutir devant les chaines satellitaires alors que leur pays était pillé, leur école sinistrée, leur mosquée infantilisée et leur jeunesse poussée à devenir proie de la drogue et de la Harga vers l’Europe ? Il y a bel et bien une force organisée, intelligente et maléfique qui a anesthésié le peuple algérien ? Nos élites sont médiocres, serviles et incapables d’assumer leur responsabilité. Notre peuple était brave et travailleur.

Ni Nezzar, ni ses patriotes ne peuvent nous expliquer les raisons profondes de l’effondrement du système : Ils sont l’excellence de la médiocrité de ce système, ses auxiliaires de service, ses désinformateurs. Ils ont été les sapeurs, parmi tant d’autres certes, mais sans doute les plus influents, de la destruction de l’Algérie. Ils ont sapé la langue, la foi, l’économie, la sécurité, la société sur ordre de qui et pour quels intérêts ? Aujourd’hui ils veulent récupérer la colère populaire, l’instrumentaliser, en faire écran… En même temps ils expriment, paradoxalement, leur crainte d’être submergé. Ils savent qu’il sont visés par le mouvement populaire.

En effet qui a initié la planification du démantèlement de l’industrie nationale, qui a provoqué la disparition du secteur public et qui a mis fin à la gratuité des services fondamentaux ? Qui avait en charge l’exécution de la démolition des efforts de développement légués par feu Boumediene ? Qui est passé du statut de progressiste au libéral affairiste ?

Du moment que les choses prenaient une autre tournure et touchaient l’ensemble de la hiérarchie de l’ANP avec des commissions rogatoires qui prétendent enquêter sur toute l’institution militaire (Khaled Nezzar)

C’est la première fois qu’on lit quelque chose de sensé, même si en vérité nous sommes dans la situation de l’arbre qui se cache derrière la forêt faute de cacher la forêt. J’ai déjà publié mes arguments réfutant la poursuite de Khaled Nezzar par les tribunaux suisses et français. Nous devons laver notre linge sale en famille. Nous devons refuser que la faute d’un homme ou d’un groupe d’hommes puisse rejaillir négativement sur nos institutions et sur notre devenir en tant qu’État et Peuple. Celui qui échappe à la justice de son pays sera exposé à la Justice divine. On ne doit pas chercher la vengeance ou la revanche, même s’il y a mort d’homme surtout lorsqu’il s’agit de hauts responsables : Ce qui nous intéresse est davantage la faute ou l’erreur politique (économique) et non le fautif, pour réformer, rendre justice, mettre fin à l’injustice. Il faut se concentrer sur les processus et ne pas se laisser divertir par les hommes et les choses.

L’ANP « débarrassée » de ses rentiers historiques et de ses sergents de l’armée française, par l’usure du temps et la mort inévitable, n’a rien à voir dans sa composante humaine actuelle avec les Janvieristes. Bien entendu, on veut la pousser vers l’État d’exception et la guerre civile. Dans un système démocratique, quel que soit le statut de l’armée, les militaires ne peuvent devenir des auxiliaires de la rente ou du sectarisme politique ni un arbitre entre factions et clans.

Bien entendu, l’histoire rendra son verdict sur le plan idéologique, géopolitique, économique et mettra en évidence le rôle décisif des capitales occidentales, notamment française et américaine, dans l’annulation des élections, la nomination des cadres et la destruction de l’appareil économique.

Pour l’instant nous savons tous par qui et comment l’ANP a été fragilisée et pour quels buts. Nous savons aussi pourquoi on veut achever le travail de fragilisation : Donner des concessions stratégiques aux étrangers et s’instaurer tutelle politique et idéologique sur l’Algérie.

La désignation de membres de la société civile représentatifs pour assurer la transition (Khaled Nezzar)

Un autre aveu d’impuissance et de mauvaise foi ! De quelle transition s’agit-il ? Vers quoi ? De quelle légitimité et sur quels critères politiques et idéologiques tel représentant de la société civile et non tel autre sera désigné ? Nos éradicateurs n’ont pas la probité de répondre.

Le pire c’est qu’on peut être partisan, sectaire et malhonnête, mais faire son travail avec compétence et relative impartialité, du moins sur le plan formel. Nos médias, non seulement affichent avec prétention leur servitude au système tout en le dénonçant paradoxalement, mais ne donne pas la parole au peuple. Nous n’entendons et ne lisons que les déclarations des élites systèmes, des idiots utiles, des éradicateurs et des voyous. Ils agissent comme « faiseurs d’opinion » au lieu d’être des journalistes informateurs. Ils vivent de la manne financière des entreprises nées par la grâce du système, mais ils ne se considèrent pas comme des « serviteurs du peuple » ni des guides. Ils ne donnent l’opportunité à aucun jeune de s’exprimer, de parler de sa détresse sociale, de son désir de changement et de sa vision sur l’avenir.

Nous ne voyons que les mêmes figures de 1989-1992 avec quelques nouveaux jeunes cooptés, avec le même discours, le même lexique, le même désir nihiliste. En fouillant un peu, nous voyons la mise en œuvre d’une société parallèle qui tente de prendre en main la « Révolution » populaire, nouveaux syndicats d’étudiants, de magistrats, de travailleurs, d’enseignants : Tous unis par le destin laïciste d’une culture qui n’est pas la nôtre, mais celle de la France.

On trouve facilement, des ambitieux et des revanchards issus du mouvement islamiste ou des services de sécurité pour faire la promotion des programmes anti nationaux et anti armée nationale.

Le site Algeriepatriotique, qui renaît pour le service de l’Algérie

C’est bien dit et authentiquement correct : Maintenant que les affaires de corruption, de blanchiment, de subversion se révèlent dans leur ampleur et leur désastre, il faut se repositionner pour assurer le changement de façade dans la continuité du système. Il s’agit tout simplement de mettre en confiance ses troupes et ses alliés tout en se remettant en position de continuer le pillage économique, la lutte idéologique et l’appropriation du pouvoir sans partage ni légitimité ni légalité ni compétence.

Les autoproclamés patriotes, démocrates et républicains non seulement excellent dans les syllogismes fallacieux par mauvaise foi, mais empruntent toutes leurs symboliques à la République française et aux techniques de communication idéologique du sionisme tout en s’affichant anti-français et antisionistes. Nous sommes dans le cas d’école du suprême de la lutte idéologique : Dénoncer par l’expression verbale ce qu’on veut imprimer dans la conscience du peuple mis en situation d’hystérie par ses moyens de propagande et de désinformation.

Nous sommes dans la culture protéiforme, renaitre de ses cendres et se métamorphoser selon les circonstances comme le légendaire Protée de la mythologie grecque et ses troupeaux. Gilles Deleuze a fait une excellente analyse sur les capacités du capitalisme non seulement à se régénérer, mais à recycler ses déchets et à les vendre.

Je n’ai pas de compte personnel à régler avec ces gens-là, mais du mépris. En effet, ils ont provoqué l’effusion de sang et la mise en panne des réformes politiques et économiques pour une raison simple et mesquine : Continuer à siroter sa bière ou son whisky. Personnellement je n’ai pas d’opposition sauf que j’aurais adhérer si cela se posait dans le cadre des revendications des libertés pour tous d’une part et dans le respect du regard social d’autre part.

Mon second mépris c’est leur habileté à la lutte idéologique qui consiste à récupérer les égarés et les ambitieux ainsi qu’à noyauter les institutions et les appareils. Pour mon cas personnel, ils se contentaient de publier parfois certaines de mes analyses sans me demander l’autorisation et en sélectionnant ce qui les intéresse sur le plan idéologique. Ainsi ils « expurgent » tous les énoncés coraniques et les Hadiths que je cite et bien entendu reprennent, décontextualisés, les critiques que je fais aux islamistes, aux réformateurs et au système algérien dont tous nous en sommes les produits. Ils arrivent à sauter des phrases et des paragraphes faisant dire à mes textes ce qu’ils avaient envie d’entendre. C’est malhonnête.

Ils prennent les Algériens pour des demeurés mentaux, alors que la majorité sait que ces médias sont honnis par le peuple qui les traitent de brosse du pouvoir, de porte-voix des éradicateurs et de véhicules tant des ambitions politiques que des convictions idéologiques de leurs parrains financiers.

L’Algérie ne connaitra la Démocratie, la République et la Souveraineté nationale qu’après l’accès du peuple à l’exercice de l’information et la fin de la relation entre l’information et l’argent, entre l’information et le pouvoir. Pour l’instant et dans la confusion générale, ces médias aux ordres, nous permettent de prendre le pouls de ce qu’on appelle la « société civile » et qu’on commence enfin à désigner par « l’État profond, le deep State » de l’Algérie. Celui-ci nous prépare à l’émergence de « nouveaux acteurs de la scène publique » organisés et médiatisés par les forces occultes.

Le peuple profond de l’intérieur du pays, qui a donné ses fils à l’ALN et à l’ANP, est tenu à l’écart du débat, il chante à tue-tête « Salmiya » et « Djeich Chaâb ».  Même sans organisation et sans leader, le peuple algérien, sur impulsion de la mystique de l’Histoire, peut déjouer les calculs et dévoiler les éradicateurs dont   la rhétorique flamboyante n’est qu’un suite d’aveu d’impuissance et d’échec en attendant l’aveu final devant une cour de justice indépendante pour incitation à l’éradication d’un peuple, complot contre la souveraineté de l’État et subversion contre l’unité de l’armée.

 

Omar MAZRIALGERIE RUPTURE

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