Khaled Nezzar

Voici quelques corrections de l’article : Libye : Révélations sur Seïf al-Islam et lutte idéologique, suite à la publication dans le quotidien Soir d’Algérie de l’interview de Khaled NEZZAR. Dans ce complément d’article, Omar Mazri dénonçe, entre autres, l’implication des juridictions françaises et suisses dans les affaires étrangères, non pas par sympathie pour le général à la retraite mais par principe de souveraineté nationale. Au delà de la bataille judiciaire, il y a une bataille symbolique.

Pour l’instant Khaled Nezzar ne sort ni vaincu ni vainqueur mais l’Algérie est la grande perdante.
Par ailleurs, la lutte pour le pouvoir en Algérie est ouverte et le clan de l’armée, les anciens seigneurs, les hommes de la France sont en prise avec les hommes des Etats-Unis. L’idée qu’Ait Ahmed , le FFS et ses relais seraient les nouveaux partenaires de l’ordre mondial se dessine.

Ceux qui dirigent l’Algérie semblent être à l’extérieur et que le fait de frapper le FIS et l’ANP dans une première phase, ressemble à une revanche de la France contre l’Histoire, celle contre le FLN et l’ALN. Maintenant les Etats-Unis prennent le relais avec pragmatisme et sans contentieux historique. La France et les Algériens ont joué le rôle de lapins. L’association suisse qui a attaqué Khaled Nezzar semblerait être une officine de la CIA selon certaines sources hautement renseignées.

Complément – Libye : Révélations sur Saïf al-Islam et lutte idéologique

Quand  une personnalité de l’opposition algérienne  écrit  sur Seïf al-islam : «  Enfin – et merci LGS pour la photo ! – rien qu’à voir ce mélange de morgue et de stupidité dans l’attitude du criminel rejeton de son criminel de père, on a envie de dégueuler. » Cela est moralement choquant quand on fait l’impasse sur le plus important et le plus vexatoire : L’agression de l’Otan et le feu vert donné par la Ligue arabe. Insulter ou dénoncer Kadhafi et ses fils du temps de leur grandeur aurait eu une signification si on avait aligné des preuves de leur trahison avec Israël ou de leurs crimes contre leur peuple. Le faire, alors qu’ils sont en difficulté, en se faisant l’idiot utile qui relaie la propagande et les justificatifs d’agression des plus grands criminels de cette planète est un acte aussi criminel que l’agression car on choisit librement avec ses facultés morales de se situer dans l’axe de Satan ou bien sous pression quelconque on se fait le vassal du mimétisme idéologique.

Quand de surcroit on est algérien se réclamant du nationalisme, de l’islamisme ou du progressisme algérien c’est plus grave encore car cela signifie, en termes décodés, que l’opposition algérienne qui approuve l’agression de l’OTAN contre la Libye est prête à devenir le CNT algérien et livrer le pays à un désastre pire que celui commis par les despotes et les médiocres qui le gouvernent actuellement, juste pour arriver au pouvoir qu’on n’est pas capable de conquérir? Une fois qu’on admet ce schéma de pensée, on doit admettre ses conséquences dramatiques : Être prêt à livrer  n’importe lequel de ses compatriotes et de ses coreligionnaires allant contre le hadith qui interdit de livrer un musulman ou de l’assassiner ou de le trahir.

Avec une telle pensée morbide et mortifère, on comprend pourquoi certains se réjouissent de l’arrestation de Nezzar en Suisse. Ils oublient ou font semblant d’oublier que derrière cette affaire il y a une lutte de succession du pouvoir tant entre les clans internes que les prédateurs externes. Il est anormal de trouver normal que la Suisse puisse avoir une compétence juridique pour juger un algérien pour des crimes commis en Algérie. Il ne s’agit pas de défendre l’impunité d’un criminel mais de défendre des principes. Où nous faisons justice contre les criminels par des juridictions algériennes lorsque cela est possible ou nous en confions la charge à Dieu quand rendre justice est impossible du fait du  rapport de forces ou de la corruption. Si nous acceptons que justice soit rendue en France ou en Suisse contre un citoyen ou un Général nous avons participé consciemment ou inconsciemment à ne pas croire à la Justice divine et nous avons participé au renoncement à toute forme de souveraineté de l’Algérie.

Au delà de la douleur d’aujourd’hui des victimes et de la réjouissance des naïfs, nous devons savoir que soumettre un Algérien à la justice étrangère pour un crime commis en Algérie c’est accepter l’idée puis la culture de l’ingérence étrangère et faire proclamer par le peuple la vassalisation de l’Algérie à la France, à la Suisse et à l’Occident. La France, la Suisse et l’Occident ne sont pas des modèles de vertus politiques ni de  probité judiciaire ni des arbitres neutres, objectifs et impartiaux. Ils sont les responsables de notre désastre. Même si nous ne savons pas distinguer la priorité dans nos ennemis et le principe de sens et même si nous savons que notre souveraineté, pour l’instant vaut moins qu’un pipi de chat, ne faisons pas de nos criminels une jurisprudence qui sera l’épée de Damoclès le jour où nous retrouverons notre liberté confisquée et achèverons notre indépendance délaissée. La dignité et l’avenir d’un peuple passe avant la justice improbable contre un tyran. Il est dommage que ceux qui livrent bataille judiciaire contre Nezzar et campagnie oublient qu’ils prennent des risques de ne pas gagner car je vois mal ceux qui ont soutenu l’arrêt du processus électoral et la représsion devenir les juges de l’homme qui a été leur instrument. Par contre il y a bel et bien une bataille symbolique qui n’est pas gagnée par l’Algérie.