Général Khaled Nezzar

Le Général Khaled Nezzar se plaint d’une conspiration contre lui. Les Journaux au service des « Srebess », des H’nouchas et des Rtilates après avoir enfoncé le général en l’humiliant, racontant la manière dont s’est passée son arrestation et puis son audition, semblent se montrer très compatissant sur son sort et dénoncent la conspiration dont il a été victime. Ces journaux éradicateurs et khobzistes n’ont ni l’honneur ni la conscience populaire de lui dire que le règne de la conspiration c’est lui qui l’a institué en confisquant le choix populaire, prenant appui sur les propos irresponsables de certains dirigeants du FIS, de la manifestation provocatrice du FFS et des cris à la pucelle effarouchée du RCD. Cette conspiration a coûté à l’Algérie un torrent de sang, un placement dans le dernier rang du PNUD et une vision pessimiste non seulement du peuple mais de tous les analystes objectifs sur l’avenir de l’Algérie. Par pudeur nous n’allons pas évoquer l’oubli puis la traînée dans la m… de nos martyrs et de notre révolution par des bourricots et des muletiers au service du foin et de la paille.

Nos journalistes n’ont pas eu le courage, la cohésion des propos et l’opportunisme du métier de véritables journalistes, de lui demander qui sont les conspirateurs et qu’est ce qui leur réserve comme châtiment et représailles? Par contre ils sont allés comme toujours faire la culture de la confusion : Dire que Bouteflika a cassé la sacro sainte loi de la lutte anti islamique demandée par les éradicateurs et qu’il n’était pas le candidat des militaires et en même temps dire qu’il est le candidat des militaires car ce sont les militaires qui nomment les présidents. Je n’ai pas les compétences d’un agent des services ni d’un historien ni d’un journaliste ni d’un policier ou d’un juge pour traquer le parcours des gens et les cataloguer dans des fiches. Je suis un intellectuel, hors système, qui s’appuie sur l’analyse des processus, des conjonctures.

D’après la presse algérienne, on peut faire les déductions qui transpirent de leurs écrits mais ils sont tellement perdus et sans repères pour la suite des événements qu’ils préfèrent entretenir le flou et sauver tous leurs maîtres et toute leur rente. En tous les cas, la lutte pour le pouvoir est ouverte et un clan de l’armée, les anciens seigneurs, les hommes de la France sont en prise avec les hommes des État-Unis et une équipe qui gravite autour du frère du président qui se voit le Dauphin. L’idée qu’Ait Ahmed , le FFS et ses relais seraient les nouveaux partenaires de l’ordre mondial se dessine selon les aveux du général qui tente d’enfoncer Aït Ahmed et en faire non seulement un ennemi mais un conspirateur contre le choix populaire. Encore une fois Bouteflika a eu le temps de mettre en place ses équipes, de gérer le réseau de corruption et de clients dans l’armée, la police et l’administration. Ait Ahmed en tant qu’historique doit gêner aussi bien Bouteflika que Nezzar car il est le dernier maillon de la légitimité historique contre la nouvelle légitimité acquise par les seconds couteaux de l’armée. Nous allons dans un scénario de réorganisation de la classe politique algérienne, dans un patchwork idéologique fondé sur le partage de la rente et de la servitude envers soit la France soit les État-Unis. Sarkozy ou Obama restant ou partant ne change rien à la donne car ce sont des États qui ont des administrations, des affaires étrangères, des stratégies impériales. Chez nous c’est la médiocrité et l’inculture politique et stratégique. On va aller vers la succession de l’appareil de  Bouteflika à lui même, à son éviction par le clan des élèves de Nezzar ou à un scénario de regroupement autour d’Aït Ahmed mettant tout le monde, islamistes, nationalistes et laïcs sous un seul étendard, celui de la confusion avec toutes les conséquences possibles car le peuple ne sera consulté que formellement. Un quatrième larron peut faire son entrée dans le jeu et appliquer la règle algérienne du domino : Je joue ou je renverse la table.

C’est flou car la conspiration contre Nezzar n’a pas réussi et n’a pas échoué et lui en contre partie n’a pas gagné et n’a pas perdu. A terme, il est fini et j’ai la conviction à travers ce que j’ai lu dans la presse algérienne que ces articles sont des barouds d’honneur.  Pour l’instant c’est l’Algérie qui est la visée des canonnières de l’intérieur et de l’extérieur. Elle continue de perdre ses repères et son avenir, livrée à ses Zaïms psychopathes. Pressentant les coups de théâtres car la crise en Algérie dure du fait que les clans qui s’affrontent depuis l’indépendance ne sont pas parvenus à un compromis historique ni à la victoire décisive d’un clan sur l’autre. L’Algérie continue donc de faire un pas en avant deux pas en arrière, un pas à gauche et deux pas à droite, une marche en haut et deux marches en bas, une voie vers l’Islam et deux voies vers l’éradication, une voie vers l’indépendance et deux voies vers l’économie de marché sous domination de la France ou sous domination des État-Unis. Les Américains n’ont plus de langage diplomatique et ils se permettent de traiter les gouvernants et les élites qu’ils rencontrent d’analphabètes et d’incultes. Les Français s’imaginent qu’ils sont encore chez les indigènes et ne semblent pas changer de langage. Il n’ y a que les Algériens qui semblent sourds et muets.

Pour être juste et impartial l’Algérie n’est pas malade de son armée, elle est malade aussi de ses civils, elle n’est pas malade de ses généraux, elle est malade aussi de ses chefs politiques dans le pouvoir et dans l’opposition. C’est dans ce sens que j’ai repris l’article sur la lutte idéologique et Seif al-Islam de la manière suivante et comprendra qui voudra comprendre…

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