Abdeslam Bouchouareb, le ministre de l’Industrie et des mines, est-il tombé en disgrâce ?  Sera-t-il mis au placard le temps que  l’exécutif épuise ses dernières cartes avant l’élection législative ?

Comment faut-il interpréter les remontrances qui lui ont été infligées lors de la Tripartite par son chef qui a finalement compris que son salut  et celui du programme présidentiel qu’il est tenu d’ exécuter avec célérité, si l’on se réfère au dernier discours de Bouteflika en date  du 24 février, repose  d’abord sur ses partenaires socio-économiques et leur soutien indéfectible ?

L’annonce de l’institution  d’un comité de veille chargé du suivi et du développement des investissements à l’issue de la Tripartite éclaire on ne peut mieux sur un désaveu cinglant du timonier à la barre économique qui jusqu’à présent menait le navire industriel sans boussole.

Ce comité sous la houlette de la primature a tout l’air de venir supplanter le méga département de l’industrie et des mines dont Bouchouareb est aux commandes depuis le 29 avril 2014.

Rien qu’à lire sa mission initiale on saisit l’ampleur de la crise,  « ce comité de veille est chargé de suivre les actions d’investissement, de proposer l’ensemble des voies et moyens devant concourir au développement de l’acte d’investir en Algérie » n’est-ce pas là, le rôle du département industriel ?

En outre cette structure multifonctions  « absorbe » dans son sillage  « l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi), l’Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (Aniref) ».

On apprend également que ce comité « procède en relation avec le Conseil national de l’investissement (CNI) qui est sous l’autorité du premier ministre à la collecte, le traitement et l’analyse des données et informations relatives à l’investissement, la surveillance et l’observation active de son environnement et des conditions dans lesquelles sont réalisés les projets d’investissement ».

C’est ce qu’on appelle une reprise en main impérieuse par Sellal exaspéré par des projets innombrables et colossaux dans le ciment et les minoteries au détriment des secteurs prioritaires.

Dans ce cas, la question lancinante qu’on ne peut éluder; quel sera le rôle de Bouchouareb ainsi confisqué de ses prérogatives puisque cette méga structure à laquelle un budget sera certainement alloué pour assurer son fonctionnement vient ainsi chambouler le schéma actuel qui consiste à faire transiter par le ministère de l’industrie, le moindre projet d’investissement.

Il faut souligner que le ministre RND a sévèrement été admonesté pour l’apathie dans la conduite de sa politique lors du conclave du triumvirat. « La passe d’armes »  entre Sidi Saïd et Bouchouarb était à ce sujet, très significative puisque le SG de l’UGTA n’a pas été tendre dans ses critiques à l’encontre du ministre en insistant sur la levée des entraves administratives que rencontrent les investisseurs nationaux.

« Il faut à tout prix défonctionnariser l’acte d’investissement » a réclamé le patron de la Centrale syndicale, soutenu par l’ensemble des organisations patronales, à l’exception d’une seule entité.

Dans les coulisses, les patrons ont exprimé leur mécontentement  et de la lassitude quant aux atermoiements bureaucratiques et à la lenteur de la promulgation des textes d’application du nouveau code des investissements.

«  Nous avons toujours dit qu’une loi doit être applicable d’elle-même et que le recours aux textes d’application devrait être l’exception et non la règle. Une loi qui exige pour son application  plus de 20 textes entre décrets et arrêtés et vidée de sa substance » nous dit un chef d’entreprise sur un ton désabusé.

A ce rythme, le nouveau modèle de croissance nationale aura ainsi essuyé une année blanche, gâchée par la valse- hésitation et l’indécision.

SOURCE : Algérie Eco