Ali Ghediri, Général-Major à la retraite et candidat potentiel à l’élection présidentielle d’avril prochain, s’est exprimé, mercredi 13 février 2019, sur la chaîne France 24 Arabic, à laquelle il a accordé une interview.

Sur le déroulement de l’opération de collecte des signatures, Ali Ghediri a tenu à rassurer que «malgré les entraves, toutes les entraves, l’opération se déroule bien, et nous sommes sur le point de dépasser l’objectif». Selon lui, l’origine des entraves, elles viennent de l’administration.

Interrogé s’il craint la fraude lors du prochain rendez-vous électoral, sachant que, Bouteflika est le candidat du système, Ali Ghediri a indiqué que «la fraude a existé par le passé, et même si elle caractériserait le prochain scrutin, tout a été préparé et des mesures seront prises pour diminuer le degré de la fraude lors de ce rendez-vous».

«Je respecte l’opposition»

A propos de ses critiques sur l’opposition, le Général-Major à la retraite a expliqué qu’il n’a jamais critiqué l’opposition, mais, que cette dernière «fondait toujours sa stratégie selon la stratégie du système. Normalement, l’opposition devrait être offensive et non pas défensive, et nous, nous avons opté sur l’offensive».

«L’opposition a toujours réagi à ce que fait le système, et elle n’a jamais poussé ce dernier à réagir à ce qu’elle fait elle (l’opposition). C’est ce que j’avais dit sur l’opposition», a-t-il encore expliqué. Il a ajouté qu’il respecte l’opposition et valorise tout ce qu’elle a fait en Algérie.

A une question sur ce qu’il a fait et que l’opposition n’a pas fait, Ali Ghediri a répondu que «je n’ai pas attendu que le président actuel annonce ou pas sa candidature pour que j’annonce ma candidature. Ce qui n’est pas le cas de certains qui ont attendus jusqu’à ce que le président annonce sa candidature et ils ont basé leurs stratégies sur cette annonce».

En outre, le candidat à la candidature pour l’élection présidentielle prochaine, s’est dit favorable pour la démarche d’un candidat de consensus de l’opposition, mais, dans le cas où celui-ci serait la solution pour sortir l’Algérie de la crise.

«Nos priorités sont comme toutes les priorités de tous les candidats, et ce sont : la collecte des signatures, la sensibilisation des citoyens, se rapprocher du peuple, discuter avec les associations», a-t-il répondu à une question sur ses priorités avant le dépôt du dossier de candidature au Conseil constitutionnel.

Questionné sur le sens de la «Rupture» qu’il prône, Ali Ghediri a expliqué qu’il s’agit de «la rupture avec tout ce qui a mis l’Algérie dans cette situation, la rupture avec la corruption, la rupture avec le désespoir que nous entrevoyons au sein des jeunes algériens, la rupture avec la Harga (émigration clandestine), la rupture avec l’économie informelle, la rupture avec tout ce qui a défiguré l’image de ce grand pays qui a payé ce qu’il a payé pour qu’il soit puissant».

«Ma campagne est financée par le privé, parce que, le secteur public finance le candidat du système»

A une question du journaliste de France 24 Arabi sur le financement de sa campagne électorale, Ali Ghediri a fait savoir qu’elle est financée par des citoyens algériens, qui travaillent dans le secteur privé, parce que, selon lui «le secteur public finance la partie que vous connaissez, bien entendu, le candidat du système».

«Vous avez sans doute remarqué que la campagne électorale a commencé par l’usage des moyens de l’Etat», a-t-il déclaré.

Ali Ghediri encense Issad Rebrab

Ali Ghediri a souligné que «si Issad Rebrab est derrière le financement de ma campagne, est-ce une honte ? Si c’est le cas, c’est un homme d’affaires qui a investi en Algérie, qui fait vivre des dizaines de milliers pour ne pas dire à des centaines de milliers d’algériens et en toute transparence, et il travaille comme investisseur. Ce serait une bonne chose si l’Algérie a 1000 comme Issad Rebrab».

«Je puise ma confiance du peuple»

«La défaite ne fait pas partie de ma philosophie. Pour moi, si je m’engage dans une bataille, c’est pour gagner, et je gagnerai», a-t-il déclaré.

«Je puise ma confiance de vaincre de la source qui est le peuple et non pas du système, comme c’était le cas des autres», a-t-il dit. «Je suis convaincu que le temps de l’appui sur le système est révolu, et il est venu le temps de s’appuyer sur la vraie force qui est la force du peuple, et au sein du peuple, la jeunesse qui va représenter 70% du peuple algérien», a-t-il indiqué.

«Depuis que j’ai décidé de m’engager dans cette aventure, des millions d’algériens m’ont contacté, et me soutiennent dans la collecte des signatures», a-t-il ajouté.

Questionné sur sa réaction dans le cas du scénario de la réélection de Bouteflika pour un 5ème mandat, Ali Ghediri a indiqué qu’il accepterait la décision du peuple, de la rue, de la logique, et la logique c’est la demande du changement que veut le peuple. «J’ai appelé à la rupture et le peuple a répondu. Ma réaction serait ce que voudrait le peuple», a-t-il expliqué.

Arezki Benali – Algérie Eco