Analyse de la démission de Bouteflika à chaud

Liamine Zéroual, emboitant le pas à Mouloud Hamrouche, vient de mettre KO la présidence algérienne. Ils ont mis en valeur les quatre critères qui font l’Etat de droit et déterminent les Grands Commis de l’Etat :

  • La Compétence.
  • La Légitimité.
  • La légalité.
  • La Probité.

Ne pouvant s’appuyer que sur la rente historique pour se donner légitimité, manquant de compétence, hors de la légalité, malhonnête, le clan des associés maffieux vient de pousser son chef de Zaouïa à la démission sans que leurs sbires ne puissent mettre en place leur pseudo arsenal juridique et institutionnel.

Les « Alliés » étrangers pensaient transformer l’ANP en légion romaine et l’Algérie en comptoir colonial, mais le peuple algérien s’est montré brave et déterminé.

Les alliés nationaux ont fait piètre figure à l’image de Mokri et compagnie :  Incapables d’évaluer correctement la situation et de se positionner avec esprit de justesse et sens des réalités, ils ont mené une bataille d’image qui ne leur a rien apporté, confirmant leur nullité, leur opportunisme.

Le processus démocratique va commencer s’il n’y a pas de subversion des uns et confusion des autres.

Il ne faut pas s’engager ni sur des luttes intestines, ni sur des combats marginaux : Il faut aller à l’essentiel :

  • Élire un Président de la République avec une large majorité et l’entourer pour qu’il puisse mener :
    • Les élections des représentativités populaires
    • Le changement de la Constitution
    • La restructuration des forces de sécurité
    • Les réformes politiques et informationnelles
    • La lutte contre la corruption et le marché informel
    • La relance économique, la formation et l’emploi
    • La modernisation de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur
    • L’assainissement financier et bancaire
    • La protection de la monnaie nationale
    • Remise sur pied de la planification et de l’aménagement du territoire
    • L’assainissement du système fiscal, financier et bancaire
    • La révision des traités et accords internationaux.

Il y a urgence à :

  • Débattre
  • S’organiser pour ne pas laisser les partis politiques s’approprier la victoire populaire
  • S’inscrire sur les listes électorales et ne pas s’abstenir de son devoir civique
  • Protéger et contrôler les urnes
  • Aller voter

Tout doit être mis en œuvre pour mettre fin au système des quotas, des dérogations, des rentes, du clientélisme et de la cooptation, de la fraude.

L’ANP doit continuer à apporter les garanties de souveraineté du peuple et d’intégrité territoriale.

Le peuple et les nouvelles élites doivent se mettre à repenser la démocratie, la République, la séparation des pouvoirs et doivent donner forme et vie à l’Algérianité dans ses rapports à la religion, à la langue, à l’Afrique, à l’arabité, à la berbérité et à l’humanité.

La liberté et ses corollaires, le devoir et la responsabilité doivent être le socle de notre redéploiement en direction de l’avenir, la motivation de notre exercice dans le domaine de la politique, de l’économie, de l’éducation, de la religion, de la culture et de l’information.

Nous avions la certitude que le Général Major Gaïd Salah ne pouvait que parler au nom des chefs des forces armées. Nous avions un léger doute sur sa capacité à tenir la route eu égard aux pressions nationales et internationales exercées sur lui. Il s’est avéré un Moudjahid. L’Algérie et les Algériens ne seront pas ingrats inchaallah. Nous avions émis la crainte de voir la Garde Républicaine (Haras Djoumhouri)  se transformer en garde prétorienne, mais elle s’est rangée non seulement du côté de son corps d’origine, mais de la Légalité.

Nous avions la certitude que la Police, la sureté nationale ainsi que les CNS ne seraient pas conduits par des mesures répressives. Nous ne sommes plus en 1992.

One Two Three, c’est la fin des pourris

En ce qui nous concerne personnellement, nous sommes fiers d’avoir été lucide et responsable et cela nous suffit comme récompense. Nous sommes heureux qu’il n’y a pas eu d’effusion de sang. Nous continuons d’appeler à la sagesse et à la vigilance.  Nous n’étions pas les seuls, beaucoup d’anciens cadres, d’ « anciens »  Moudjahidines et de militants sincères de la cause nationale ont appuyé la légalité et ont tenu tête à la Maffia en l’affrontant ouvertement ou en refusant de la servir. Encore une fois, c’est l’ensemble du peuple algérien qui a vaincu comme en 1954.

C’est dans les moments de victoire que l’ivresse s’empare des guerriers, mais c’est aussi dans les moments d’allégresse et d’euphorie que les diables trouvent les failles et la garde baissée. Les véritables problèmes commencent après la Révolution et après l’indépendance lorsqu’elles sont mal comprises ou mal protégées.

Un des tests clés est le comportement des militaires, du peuple algérien et des juges envers ceux qui ont trahi, déserté et failli. Nous refusons toute justice expéditive, tout simulacre de procès et tout règlement de compte. Tout présumé coupable, y compris le traitre, doit bénéficier d’un procès juste et équitable et avoir le droit à une défense compétente, probe, légitime et légale. C’est comme ceci que doit commencer l’acte 1 de la Révolution, l’acte fondateur de l’État de droit, le premier pas vers la civilisation.

La sincérité est l’épée de Dieu, elle finit par trancher.

Omar Mazri – ALGERIE RUPTURE

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