La pandémie du Coronavirus constitue un problème de santé publique gravissime et les souffrances humaines sociales qu’elle provoquera certainement seront considérables.

En France et en Italie, comme dans d’autres pays, les hôpitaux sont aujourd’hui asphyxiés par l’afflux énorme des malades infectés par le virus.

Le monde entier est confronté à la plus grave pandémie depuis la grippe dite espagnole qui a emporté sur son passage plusieurs millions de personnes.

En Algérie où le système de santé est sous équipés matériellement, la rapidité d’expansion de la pandémie Covid-19 est un risque sérieux dont les conséquences seront catastrophiques car il sera amplifié par une précarité sociale qui n’a pas cessé de s’aggraver ces dernières années.

Confronté à la politique du déni du danger, les médecins ou scientifiques algériens, conscients de leur rôle et de leurs responsabilités ont tenté d’alerter les autorités sur la gravité de la crise sanitaire qui menace le pays et tous les algériens.

Finalement, le Président de la République a pris des mesures qui sensibilisent sérieusement les algériens et exigent d’eux qu’ils restent chez eux. Le virus se diffuse rapidement sur presque tout le territoire. Le rapport exact entre les cas avérés d’infection et le nombre réel des personnes touchées semble difficile à établir en l’absence de tests suffisants de dépistage systématique.

La mortalité de la maladie varie suivant les pays. Elle serait bénigne dans 80 % des cas, sérieuse dans 20 % – dont très grave dans 5 % et mortelle dans quelque 2 % des cas.

Les médias mettent l’accent sur les différences de taux de mortalité en fonction de l’âge mais ils ne donnent aucune explication sur comment la mortalité, due à la pandémie du coronavirus, va affecter les personnes socialement favorisées et celles qui sont démunies.

Dans certains pays d’Europe, on est arrivé à s’interroger sur qui doit être sauvé et qui doit être abandonnée à une mort certaine en fonction des différences d’âge. Ainsi, en Italie, noyée sous le flot des malades graves, l’Association des anesthésistes en réanimation a donné pour consigne d’opérer un tri entre les patients et de ne soigner que celles et ceux dont l’espérance de vie est la plus grande, en laissant mourir les autres.

Face ce virus, le traitement des malades graves est en effet lourd, il demande du matériel de pointe et un personnel médical formé, compétent. À défaut, bien des malades guérissables risquent de mourir même si nous n’oublions pas en tant que musulmans et croyants que seul Allah décide de la vie et de la mort.

C’est pour cela qu’il vaut mieux prévenir que guérir, pour limiter les dégâts d’une catastrophe annoncée dans le monde entier, et que des mesures drastiques d’envergure doivent être appliquées sans faiblesse.

La pandémie de Covid-19 est donc à prendre très au sérieux par tous les algériens et toutes les institutions du pays.

Dans la plupart des pays touchés en Europe et même aux USA, faute de préparation, les gouvernements gèrent la pénurie, faisant parfois dans le discours pour rassurer, d’ailleurs sans grande conviction.

Cette situation inattendue, mais dont les conséquences humaines, sociales et économiques risquent d’être catastrophiques, permettra –t-elle enfin aux autorités politiques et dirigeantes du pays de planifier une véritable réorganisation du système de santé dans son ensemble et la mobilisation de toutes les ressources nécessaires pour faire face à cette épidémie, avec en particulier une augmentation immédiate du personnel des services de santé qui sont déjà en grave sous-effectif.

Les hôpitaux algériens sont pour la plupart délabrés et affaiblis depuis de nombreuses années, faute d’une gestion rigoureuse et d’un management adapté et efficient.

Des stocks stratégiques de tenues de protection, de gels hydro-alcooliques, de kits de dépistage doivent être rapidement constitués en priorité pour les personnels de la santé et pour les secteurs les plus à risque de la population.

La pénurie de moyens créera certainement des situations dramatiques.

La crise économique et sociale à venir, déclenchée par la pandémie, sera amplifiée par l’accumulation des problèmes de l’économie algérienne. La réorganisation de celle-ci relève d’une urgence vitale pour l’avenir du pays. Le succès de cette réorganisation ne dépend pas uniquement des autorités du pays mais aussi de la mobilisation citoyenne et pacifique qui devra jouer un rôle essentiel sur de nombreux plans, à commencer par celui qui consiste à réhabiliter la valeur du travail et du goût de l’effort pour répondre aux défis à relever.

La pandémie du coronavirus représente donc aujourd’hui un test majeur pour toutes les sociétés. La société algérienne est aussi concernée par ce test majeur qui engendrera, à coup sûr, une terrible cassure des solidarités à l’intérieur de tous les pays mais aussi dans le monde. Les vies des algériens valent plus que les intérêts personnels et les calculs étriqués de certains qui spéculent pour s’enrichir, toujours et encore plus !

Mahjoub Fares

  • 3
    Partages