Depuis leur implantation en Algérie jusqu’à ce jour, en passant par les premières élections démocratiques de décembre 1991, les Frères musulmans ont joué le rôle de comparses et d’auxiliaires du régime.

En qualité de comparses, ils ont joué le rôle de lièvre électoral, de relais idéologique des thèses du pouvoir, de partage de la rente religieuse et enfin de privilégiés qui a permis l’instauration d’une véritable caste politico-religieuse. Cette caste s’oppose au changement, car elle trouve intérêts dans la distribution de la rente. Khaled Nezzar, Tewfik et Bouteflika leur ont ouvert les mannes de la rente et leur ont permis d’accéder à de hautes responsabilités pour partager l’illusion de l’exercice du pouvoir.

Comme Halima raja’ate il ‘adatiha al qadima, ils reviennent au râtelier et entrent dans le complot du clan des « marocains » pour conserver la main mise sur les rentes et la tutelle politique et idéologique sur le peuple algérien infantilisé. Ils entrent de plein-pied dans le complot franco-américain qui cherche la pérennité du système en lui changeant la devanture et les figures comme en Egypte et en Tunisie. Ils veulent faire capoter les élections présidentielles pour bloquer le projet de rupture et le faire avorter. Pour cela ils reviennent à la stratégie qui a déjà échoué : la plateforme de concorde ou le projet de consensus entre les partis politiques d’opposition fabriqué par les officines occultes de l’Etranger et les laboratoires de subversion algériens.

Comme les prostitués, ils ont besoin de maquereaux et de proxénètes pour les protéger et maintenir leur clientélisme toujours actif. Ils se comportent en contrepartie comme de véritables auxiliaires, non seulement du pouvoir politique en place, mais des services de sécurité. Comme auxiliaires, ils livrent aux tortionnaires et aux bourreaux les intelligences et les forces vives du mouvement islamique contestataire à l’ordre établi. Alors que les nobles et les militants de la cause nationale militent pour une culture de la résistance et du changement, ces infantiles débiles tiennent des réunions avec les services de sécurité, les cabinets de l’ombre, les hommes d’affaires véreux. Tfouh ‘alaykoum wahd ar rkhas ! Vous portez une grande part de responsabilité dans les malheurs de l’Algérie, dans l’effusion du sang des Algériens. Vous serez poursuivis pour trahison et collaboration avec les tortionnaires et les assassins.

L’esprit partisan, la démarche sectaire, le culte de la personnalité, la culture confrérique qui prône la soumission, et enfin l’opportunisme les poussent à trahir les idéaux de l’Islam, à trahir le peuple. Ils sont devenus alliés objectifs de l’OTAN pour détruire la Libye et la Syrie afin de poursuivre leur aveuglement idéologique, leur ignorance de la réalité géopolitique. Ils sont prêts à détruire l’Algérie pour arriver à leurs fins idéologiques et satisfaire leur appétit de pouvoir et de prédation.

Ils sont comparses et auxiliaires pour mettre fin au sursaut du peuple algérien. Ils savent qu’une élection où le peuple s’engage avec force et détermination ils n’ont pas la chance de gagner. Ils savent que la Seconde République commence par la dissolution de l’Assemblée nationale fantoche et que sans la protection et la fraude de leurs parrains ils ne pourront gagner aucun siège. C’est la fin de la rente religieuse, économique et politique. Les incompétents et les traitres à la poubelle de l’Histoire pour ne pas dire au banc des accusés d’une juridiction pénale civile et populaire.

Honte et malheur à vous.

Lorsque Ali Ghediri a annoncé sa décision de rupture, je lui ai exprimé ma confiance et mon soutien. Lorsqu’il a rejeté les partis d’opposition et les partis du pouvoir, j’ai eu la confirmation qu’il est l’homme de la situation et l’artisan de la rupture si le peuple lui fait confiance et le soutient.

Maintenant que le terrain est visible et lisible, les comparses et les auxiliaires veulent nous imposer un scénario où l’alternative serait de laisser « Bouteflika le Marocain » consolider le Makhzen, ses courtisans, ses castes, ses marabouts et son aristocratie pour leur laisser l’Algérie en héritage exclusif où le peuple n’aurait même pas de miettes. L’autre alternative c’est le chaos par lequel le peuple demanderait le salut à ses bourreaux. Enfin la troisième alternative serait de discréditer Ali Ghediri vaincu par le bourrage des urnes ou par un plébiscite que les comparses et les auxiliaires de la rente ainsi que l’Étranger prédateur et tuteur réel dénoncerait comme étant non démocratique, non légitime.

Toutes les alternatives de ce scénario mènent au chaos. Contre ce scénario, il y d’autres scénarios :

  • La désobéissance civile. La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent. La résistance se fait d’une manière pacifique sans révolte violente. Le peuple algérien à l’instar des autres peuples vivra et sortira du chaos. Ben M’Hidi et le C.C.E. avaient organisé la désobéissance civile menée par le FLN en janvier 1957. L’épreuve de force n’a pas fait peur aux algériens sans armes. Même si la grève a été matée par les parachutistes français et le travail de sape psychologique, les Algériens avaient reconstruit leur conscience politique de résistance et soudé leur unité nationale. Ce peuple a triomphé et il a su gérer la vacance du pouvoir entre mars 1962 et novembre 1962 en instaurant l’autogestion et les comités populaires. La jeunesse algérienne est apte à s’organiser en assemblées citoyennes et à inventer ses propres moyens de reconquête du pouvoir et de légitimation en rupture avec les comparses et les auxiliaires laïcs ou islamiques.
  • Le coup d’État blanc (sinon militaire) où les institutions algériennes seraient confiées aux personnels administratifs, le temps de réaliser les élections et d’installer le Président dans ses fonctions dans les délais normaux. L’armée algérienne a les compétences pour résister même contre une opération de forces étrangères. Le peuple algérien peut s’accommoder de la présence forcée des militaires et d’un État de siège ou d’un État d’urgence si les traitres et les corrompus sont neutralisés et traduits devant la justice populaire.

Les partis laïcs et islamistes convergent vers deux objectifs opposés : le refus du verdict du peuple et l’acceptation du verdict du peuple. 1962, 1965, 1967, 1988, 1992, 2019 sont les jalons de la même histoire, la confrontation de deux visions. Le peuple doit trancher d’une manière décisive et exclure ce qui mérite d’être exclu s’il ne veut pas continuer à vivre exclu et méprisé. Le curseur idéologique et politique doit être mis au bon endroit, le cap doit être indiqué sans confusion ni hésitation. En avant toute, sir ila al amam.

Ni nedwa wataniya ni bay’â  isti’mariya nouridouha hourra wa démocratiya

Omar MAZRIALGERIE RUPTURE

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