Début janvier 2019, j’avais envisagé trois perspectives pour l’Algérie : Effondrement de l’Etat si le statut quo se maintenait, intervention de l’armée par un coup d’État pour sauver l’Algérie de l’effondrement, fin dramatique du système si un mouvement de rupture ou de changement se mettait en place.

L’effondrement : On pourrait voir l’effondrement dans l’absence d’État par le gel des activités ministérielles et institutionnelles ainsi que par l’isolement de l’Algérie sur la scène internationale. Mais l’Algérie continue de tenir la route et de singulariser par de forts accents dramatiques :

La Justice, les Juges et la lutte anticorruption qui se mettent aux premières lignes rendant l’impossible imaginable, l’image souhaitée par le peuple une possibilité bien réelle.

L’ANP qui tient sa ligne d’orientation générale et se renforce par les mesures menées contre le système, ses oligarques, ses têtes d’affiches politiques, ses cadres sécuritaires et les champs de mines fourguées par Bouteflika et ses comparses.

Le Chef d’État par intérim qui inscrit l’Algérie dans le « néo non-alignement » par l’adhésion à la route de la soie (Chine) et à l’Eurasie (Russie). C’est un grand pas dans le déplacement du centre de gravité de la géopolitique mondiale. Pour comprendre l’importance géographique, philosophique, économique, politique et financière j’invite les lecteurs à lire Raja Garaudy : « L’Avenir, mode d’emploi, Paris, Vent du large, 1998 ».

Le Gouvernement de Bedoui qui résiste comme dernier rempart contre la disparition de l’État et la fin de la légalité constitutionnelle. Sa trajectoire personnelle, ses liens avec l’ancien système intéressent moins que son courage et sa prise de risque à assumer des fonctions alors qu’il est honni et menacé par la « classe » politique et les « couches » populaires.

Les forces de sécurité et de sureté qui ont fait l’exploit de résister aux provocations et se sont maintenus de toute répression et de tout usage de la force contribuant ainsi à protéger la population et à maintenir le caractère pacifique des manifestations devenues un rituel du vendredi algérien.

L’économie se porte mal, très mal. Mais contrairement aux experts devenus subitement alarmistes et préoccupés du sort des pauvres gens. La situation en termes algériens est « normale » : la productivité du travail est toujours faible, le marché de l’emploi est fermé, le pétrole est le seul revenu, l’importation est galopante, l’exportation est quasi nulle et inexistante, les entreprises publiques sont bradées ou sinistrées, l’entreprise privée fonctionne selon le principe du tiroir-caisse, l’Algérie fonctionne hors lois économiques, le commerçant est un prédateur cupide, le système bancaire est archaïque. Sur cet aspect des choses, l’Algérie est depuis longtemps effondrée. A court et moyen terme peu de changements majeurs. L’Algérie peut continuer à vivre sur ses réserves de devises et sa rente des hydrocarbures. La rente devra cependant diminuer. Le peuple profond, démuni, restera dans la même situation sociale.

La classe moyenne risque de s’effondrer davantage. Elle est déjà effondrée par sa psychologie sociale de rentière, par son incapacité à initier le changement et à produire des élites et de l’argent productif, par sa stérilité culturelle et intellectuelle, par son incapacité à jouer un rôle historique ou socioéconomique : elle s’aligne sur le pouvoir en place et sur la culture des dominants du moment (l’oligarchie parasitaire et compradore).

Il faut attendre l’émergence d’un nouveau président, d’une nouvelle classe politique, d’une nouvelle culture économique, d’un nouveau mode de développement, d’un nouvel aménagement du territoire, d’une nouvelle doctrine de gouvernance, d’une nouvelle idéologie redonnant un autre système de représentation de la réalité et des rapports au monde, de nouvelles exigences sociales et de beaucoup de temps et d’effort pour refaçonner la sociologie et l’économie d’un pays. A ce moment l’Algérie ne devrait pas connaitre l’austérité et la pénurie par l’étendue de ses ressources si l’expérience acquise et l’effort attendu se mettent au rendez-vous de l’histoire et de la civilisation.

Le véritable problème, récurrent sur le plan historique et constant sur le plan sociologique et culturel, est que l’Algérie et les Algériens n’ont pas de tradition étatique et de sens aiguisé de commis de l’État. Nous sommes un peuple fier et épris de liberté, farouche et valeureux, à la limite de l’arrogance, mais incapable de transformer la solidarité et le lien social en superstructure (État constitué, abstraction faite des Constitutions écrites par des juristes experts ou par des professionnels de la politique).

Coup d’État : J’ai l’intime conviction – m’appuyant sur l’intuition, l’observation et la logique de situation qui s’impose lorsqu’on prend de la distance sans esprit partisan – que nous avons assisté à un coup d’Etat militaire. Ce coup d’État était devenu une nécessité vitale, un désir populaire même s’il n’était pas formulé ou affiché clairement, un comportement logique de l’armée qui a la culture résistante de l’ANP ainsi que celle d’Institution se voyant comme « décisionnaire de circonstance » lorsqu’il est question du salut de l’Algérie. Il ne s’agit pas ici de se positionner idéologiquement sur la légitimité d’un coup d’Etat, ni de sa comparaison avec 1962, 1965, 1992 ni de se préoccuper de sa mise en œuvre (comment et par qui).

Il nous suffit de dire que la situation devenait intenable pour les militaires, qui a tort ou à raison, ont un sentiment de patriotisme sans doute exagéré peut-être, mais bien réel. Sauver l’Algérie de qui ? L’Algérie est encerclé sur le plan géopolitique et militaire, l’Algérie est en faillite politique, sociale, idéologique et économique, l’Algérie est mise, depuis longtemps, à faire endosser à l’ANP, l’incompétence et la trahison de ses politiciens, de ses gouvernants, de ses élites civiles. L’armée devrait donc assumer ses responsabilités et mettre fin au jeu des impostures, des usurpations, des syllogismes fallacieux. L’ANP par l’origine sociale de sa composante humaine est attachée à l’Algérianité et à la souveraineté nationale mises en danger par la collaboration du pouvoir politique, du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et culturel en rupture avec le peuple. Si l’armée pouvait se contenter des manquements à la légitimité réelle, elle ne pouvait plus se taire devant les entorses à la légalité, à la souveraineté nationale et à l’exclusion du peuple.

L’histoire n’est pas seulement le matérialisme dialectique historique, mais une mystique de l’histoire, une rencontre entre un désir et une force organisée, une tension psycho affective, un refus du pourrissement, un salut contre l’effondrement.

L’Armée algérienne reste naturellement la colonne vertébrale d’un pays édifié par un peuple en armes. Elle reste aussi la seule force organisée et fonctionnant sur le principe de la collégialité des décisions, de la prise de responsabilités, du sens de l’État, du respect des procédures et de la légalité. Toutes les armées du monde partagent l’esprit de corps, la loyauté envers leur nation, leur fidélité aux valeurs nationale et leur engagement à défendre l’ordre, la sécurité et les frontières. Il peut y avoir des manquements, des erreurs de discernements, des trahisons ici et là, mais ce principe est universel.

Toutes ces considérations amènent le commandement militaire à analyser méthodiquement la situation politique, la situation socio-économique, la situation géopolitique et à intervenir rapidement et efficacement et à user de la violence pour réaliser ce que la diplomatie, l’économie ou la politique n’a pas pu faire ou pour corriger les insenséismes et les incompétences des politiciens.

C’était ce que j’attendais de l’armée algérienne. Il me semble qu’elle l’a non seulement accompli, mais qu’elle l’a magistralement réalisé. Nous reviendrons sur l’affaire Ghediri qui va peser comme un grain de sable dans la machine, un caillou dans le sabot…

Pour l’instant contentons-nous du décor général :  la classe politique en faillite est mise hors-jeu. Le pouvoir occulte est partiellement dévoilé. Le plus grand parti politique, celui des Frères musulmans, garde le silence et se met en retrait faisant profil bas. Seul Ali Benflis continue de ruer dans les brancards et de faire obstruction au dialogue tout en se félicitant du dialogue prôné par l’armée.  Soit il n’a pas conscience de son poids réel, infime, dans la vie politique algérienne, soit il n’a rien compris à ce qui se passe. L’Étranger a tout compris, mais pour l’instant il est recadré, il attend l’issue du rapport des forces… La France et ses « laïcs » sont face à Marine le Pen et ils ne parviennent pas à proposer une solution face aux « Gilets jaunes ».

Ni l’ONU, ni les « Droits de l’Homme », ni les Labos et les Collabos ne peuvent crier au coup d’État : il n’y a ni mort d’hommes, ni chars, ni conseil de la révolution, ni répression des civils, ni restriction des libertés publiques. Au contraire l’armée algérienne s’est engagée solennellement à respecter intégralement le formalisme constitutionnel, car elle est consciente des dangers, des menaces et des périls. L’armée algérienne veut le retour au processus démocratique via le processus électoral.

Nous avons déjà expliqué la convergence des islamistes incompétents, des laïcistes éradicateurs et des forces occultes (nationales et étrangères) pour bloquer l’initiative salutaire de l’armée algérienne. Ils refusent de voir l’intérêt suprême de l’Algérie se contentant de calculs d’épiciers idéologiques. Ils refusent le dialogue. Ils refusent la lutte anticorruption lancée par l’armée et la justice. Ils nous inventent de faux syndicats de magistrats, d’étudiants et d’enseignants pour donner l’illusion qu’ils sont une force politique déterminante et structurante. Ils ont du mal à concevoir qu’en dehors des relais médiatiques, appartenant aux oligarques, ils ne représentent rien et ils n’ont aucun devenir. Ils ne peuvent continuer à jouer le rôle de minorité dominante, ni à pervertir les principes démocratiques.

Ce qui est sûr et certain c’est qu’il y a un véritable tsunami populaire accompagné d’un effondrement des partis politiques traditionnels du pouvoir, de la pseudo opposition et de l’opposition vivant à l’étranger. Faillite totale. C’est une excellente chose, l’Algérie devra se régénérer par du sang neuf, des idées nouvelles, des ambitions à la hauteur de la position géostratégique de l’Algérie. Les Algériens devront renouer avec la politique libérée des fausses idéologies et des faux messianismes. Ils devront convenir d’un nouveau contrat social et d’une nouvelle République en harmonie avec leur identité et leur devenir. Ils devront édifier un État souverain.

L’effondrement prochain à surveiller est celui des médias. Privés de mécènes (mis sous les verrous) en rupture avec les auditeurs (prise de conscience des jeunes qui se sont fait bernés) et fin de la rente publicitaire, ils vont disparaitre du paysage politique. Cette disparition va donner de l’espace et du volume aux forces émergentes et finir d’achever les « experts » et les communicants du démocratisme et de la pseudo société civile opposée à la personnalité algérienne. Conscients du danger qui menace leur existence, et devinant le « coup d’état » contraire à leur sectarisme idéologique et culturel, ils n’ont ni le courage intellectuel ni la couverture politique pour dire vrai. Ils prêchent le faux et font un travail de subversion idéologique contre l’armée et une manipulation de la liesse populaire pensant ainsi intimider le commandement militaire ou influencer les décisions politiques qui ne vont pas dans le sens de la minorité bruyante.

Tous les artefacts de la fascination et du sensationnel n’ont pas résisté à l’épreuve de force contre l’ANP. Il ne reste plus rien de l’exploration et de l’exploitation des figures nationales. Ceux qui dénoncent la rente sont ceux-là mêmes qui manipulent les symboles et les figures historiques, politiques et religieuses. Ils ont épuisé leur stock imaginatif, ils n’ont plus les moyens de se reconduire ni de se reproduire. Les rouleaux compresseurs qui sont le peuple et l’armée vont littéralement les terrasser.

Une des erreurs magistrales de Ali Ghediri et de son équipe de campagne est de se laisser noyauter et phagocyter par les médias et leurs mécènes mettant ainsi en péril non seulement leur image médiatique, mais leur devenir politique dans un paysage en totale reconfiguration voire en totale recomposition.

Face à l’ANP replongé dans la culture de l’ALN, il est à espérer l’émergence d’un Parti politique rassembleur et fédérateur à l’image du FLN : le FEN ou Front d’Édification Nationale serait le bienvenu.

La dramatique. Nous avions annoncé que la fin du système sera dramatique dans le sens où elle sera épique, expressive, théâtrale, émouvante, pathétique, ou bouleversante. Nous avons tout vu, tout vécu.

يَوْمَ نَقُولُ لِجَهَنَّمَ هَلِ امْتَلأْتِ وَتَقُولُ هَلْ مِنْ مَزِيدٍ   – ق:35

{Un jour Nous dirons à la Géhenne : ” Es-tu remplie ? ” et elle répondra : ” En viendra-t-il davantage ? “}

L’impensable est en train de se produire : l’élite politique et financière en quelques jours passe du sommet de l’arrogance à la profondeur de la lie. Incroyable, mais vrai ! Cela se passe en Algérie !

Le peuple algérien n’a pas produit une révolution qui fait émerger des idées nouvelles et des hommes nouveaux aptes à gouverner et à conduire le changement, il a fait mieux : il a renversé la table par sa pression constante. Il a donné légitimité à l’ANP et du courage aux juges.

Le peuple a gagné cette première bataille. L’Armée a lavé l’affront fait par son implication dans une bataille idéologique qui ne sied ni à son héritage historique, ni à sa composante humaine ni à sa vocation constitutionnelle.

Bensalah et Gaid Salah, tant décriés, rentreront dans l’histoire et le cœur des Algériens s’ils parviennent à :

1 – Mettre sur pied la cour suprême et juger (équitablement) les responsables du fiasco algérien

2 – Élargir, renforcer et faire aboutir le processus de lutte anti-corruption initié par l’Armée et la Justice.

3 – Assainir la situation et remettre sur rail le processus démocratique avec le respect du vote populaire.

3 – Maintenir la stabilité du pays et déjouer tous les stratagèmes des insensés nationaux et des diables étrangers.

Le peuple algérien peut entrer dans l’histoire en modifiant radicalement et à son avantage la politique nationale (institutionnelle, sociale, économique, éducative, sanitaire et informationnelle) s’il se remet à faire de la Politique. La méfiance et la défiance sont légitimes, mais elles ne peuvent devenir des facteurs rédhibitoires et hostiles au changement comme le souhaitent les experts de la désinformation, du pourrissement et de la domination de la minorité sur la majorité.

L’Algérie n’est pas encore sauvée, mais les fondements de l’ancien système sont bien sapés. Pour que l’ancien système disparaisse, il faut aller plus loin que la dénonciation et la contestation ou la vengeance et le règlement de compte. Aller loin, c’est encore une fois faire de la politique.

Faire de la politique semble difficile lorsqu’on voit l’état de délabrement de l’école, de la mosquée et de la société. Nous avons analysé en détails ces facteurs et leurs incidences sur le changement. Nous allons juste revenir sur la qualité minable du corps enseignant algérien qui au lieu de faire de la pédagogie du changement ainsi que de la production d’idées nouvelles et de cadres nouveaux s’est contenté par paresse et par préjugé idéologique de prendre en otage les étudiants et lycéens algériens et les pousser à des grèves sous le motif et la bannière de « dégagez-tous ».

L’étudiant et l’universitaire n’ont pas pour vocation de caresser le peuple, mais de l’éclairer par la « lumière » du savoir et de la méthodologie et par l’action de l’avant-garde « révolutionnaire ». Peut-on parler de savoir et de révolution lorsque l’enseignant campe sur des privilèges sociaux et des intérêts corporatistes sans jamais mettre en chantier l’édification de l’acquisition de la science, de la recherche-développement. Nous ne pouvons imputer toute la faute et toute la responsabilité sur le pouvoir ou sur le système alors que nous avons partagé la rente du système et consolidé l’œuvre destructrice du pouvoir. Interrogeons l’étudiant et l’enseignant algérien sur une réflexion menée sur la pédagogie, la didactique, le cursus de formation, les programmes, les filières, les rapports entre université et entreprise, les liaisons entre théorie et pratique. Où est l’enseignant qui a produit un polycopié nouveau, qui a actualisé ses savoirs, qui a donné gracieusement 1 heure de son temps libre par gratitude à l’Etat algérien qui a formé gratuitement et versé des bourses d’études ?

Où sont les enseignants et les étudiants davantage préoccupés par la quête de vérité et l’utilité sociale que par la reconnaissance sociale par le diplôme. Sont-ils en mesure de conduire le changement, de gouverner, de réformer sans avoir produit de la pensée ?

« Que celui d’entre vous qui n’a pas péché jette la première pierre » disait Jésus fils de Marie aux scribes et aux pharisiens du temple. Platon fondateur de l’Académie et Aristote fondateur du Lycée avaient consacré leur vie à produire des concepts pour expliquer leur vision du monde et à semer les graines du changement. Les intellectuels et artistes de la Renaissance ont inventé de nouvelles idées, de nouveaux instruments, de nouveaux outils de connaissance.

L’affaire Ali Ghediri soulève des interrogations qu’il faut lever. Nous reviendrons en détail sur le soutien moral et intellectuel que nous lui avons apporté, car il semblait représenter, à nos yeux, une alternative crédible à Bouteflika. Nous expliquerons nos réserves, exprimées, très tôt, sur lui (le candidat politique et non l’homme) et son équipe de campagne (sur le plan de la communication et de l’alignement idéologique) ainsi que les raisons de la fin de notre soutien avant le début du Ramadhan. Pour l’instant nous laissons les médias algériens continuer à parler au nom de la Justice, de l’Armée et du peuple. Il est quand même bizarre que ceux qui lui étaient défavorables sur le plan politique et idéologique se retrouvent mobilisés pour dénoncer son arrestation et le soutenir contre l’armée. Nous n’allons pas revenir sur les acteurs en jeu ni sur les agendas en présence.

Il serait préjudiciable à l’armée que l’affaire Ghediri soit une faute politique, un règlement politique ou une mine mise par Tewfik ou Rebrab, l’équipe Bouteflika, un juge incompétent, ou par les services étrangers et ils sont capables de le faire pour reprendre la main et empoisonner le climat algérien dont il maitrise les rouages et les réseaux. Erreur judiciaire, manipulation ou faits avérés, en tous les cas c’est une affaire qui risque, si elle n’est pas traitée sérieusement de devenir tragique. Les médias hostiles à l’armée se saisissent de cette affaire et en font un rebondissement spectaculaire ouvrant la porte à toutes les spéculations. La lumière doit être faite sur cette affaire sinon elle risque de discréditer les efforts et de brouiller les enjeux. Nous risquons alors de passer de la dramatique de la narration à la tragédie de la réalité. Si le drame est synonyme de rebondissement et d’émotion pour conduire une intrigue jusqu’à son terme, la tragédie est la fin du drame, une conclusion souvent effrayante, fatale ou funeste lorsqu’elle n’est pas burlesque.

Personnellement je ne vois pas l’intérêt, sur le plan militaire, politique, économique ou judiciaire, dans les circonstances actuelles, de s’encombrer d’une affaire « Ghediri » et même s’il y a affaire, elle peut être différée à plus tard d’autant plus que nous sommes loin des élections. Je n’ai pas d’élément d’appréciation objective, mais j’ai du mal à imaginer l’absence de corrélation entre l’arrestation de Ghediri et la lutte anti-corruption. Il faut un scandale de grande ampleur ou une émotion populaire de forte intensité et de grande amplitude pour faire diversion. Qui a intérêt à faire diversion si on exclut l’erreur judiciaire ou la faute réelle (liaisons dangereuses avec Rebrab ou Tewfik). Le lecteur averti sait que je ne me place pas sur le terrain psychologique de la sympathie ou de l’affectif, mais sur la logique froide sans état d’âme. Il sait aussi que je ne me situe pas sur le plan judiciaire, je ne suis ni policier, ni juge.  Il sait aussi que je ne me situe ni sur le plan partisan ni sur le plan journalistique, je n’ai rien à vendre ni à acheter.

La situation risque de passer du dramatique au tragique si certaines précautions ne sont pas prises et si l’armée continuent de « louper » sa communication. A moins qu’il y ait d’autres rebondissements spectaculaire dans le feuilleton algérien qui n’a rien à voir avec les printemps arabes. Nous attendons la suite avec impatience. Pour l’instant il faut juste conserver en mémoire que la lutte anticorruption touche l’axe Paris-Washington et que cet axe est bien implanté en Algérie dans laquelle il dispose d’intérêts stratégiques, de liens idéologiques, de réseaux médiatiques bien établis. Lorsqu’on touche à une pate ou à un fil du myriapode qui nous encercle et nous suce, la bête réagit par d’autres voies et sur d’autres réseaux. C’est de bonne guerre.

Conclusion :

Nos questions sont légitimes pour comprendre, éviter les amalgames et deviner la suite des évènements. Nous partons de nos impressions personnelles à la lecture de la réalité ou de l’interprétation de la réalité pour situer les thèmes de nos réflexions puis les développer et les enchainer de la manière la moins incohérente et voir ainsi le sens se profiler raisonnablement à ce qui a été ressenti intuitivement :

  • Effondrement de quoi, de qui et pourquoi ?
  • Coup d’état militaire, sursaut moral ou redressement politique ? Quelle légitimité et quelle légalité ?
  • Drame ou tragédie ? Quel évitement et quels profits ?

Le comment m’échappe, car je ne suis ni acteur ni à l’intérieur des événements.

Omar MAZRI

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