Les rebondissements sont devenus monnaie courante en Algérie. Cette fois-ci, il s’agit du rebond des sectaires idéologiques sur le Bac algérien 2019. Il s’agit bel et bien d’un rebond au sens le plus large. Je donne quelques définitions qui illustrent bien, sur le plan métaphorique, la situation médiatique de l’effet rebond (paradoxe de Jevons) en Algérie :

  • En physique : aller et retour, d’une particule en mouvement piégée dans un champ magnétique.
  • En chromatisme : réfraction et diffusion de la lumière sur des objets ou à travers des miroirs et des reflets.
  • En médecine : reprise évolutive d’un symptôme ou d’un syndrome pathologique lors de la diminution ou de l’arrêt du traitement.
  • En sport : mouvement non amorti que fait la balle, le ballon, après avoir heurté un obstacle ou touché terre.
  • En animation multimédia : Bouncing pour donner l’illusion de mouvement naturel à une série d’images successives.
  • En musique : passer à un octave au-dessus ou en-dessous de la note pour changer la couleur dans la répétition et ne pas s’ennuyer.
  • En économie : effets directs, indirects, structurels par une crise cyclique, par exemple déflation après inflation des prix, chute brutale après accroissement de la productivité du travail, hausse d’un facteur de production avec baisse d’un autre faussant tous les calculs de la loi de l’offre et de la demande.
  • En scénario de théâtre ou de film et en fiction littéraire : rebondissement pour mettre en abime un récit ou pour prolonger une intrigue (du verbe latin intricare : tricoter)
  • En théorie de l’information : le déluge de l’information rend obsolète l’information, le déferlement médiatique permis par les nouvelles technologies numériques, la puissance de calcul et le stockage des données provoquent une complexité en termes de traitement de données et une défaillance en matière de quêtes et de recherche.
  • En communication, il s’agit de l’effet viral (le buzz) en démultipliant artificiellement une source d’information faisant illusion de véracité à ce qui est rumeur et multipliant les commentaires anonymes faisant croire à l’importance de ce qui est négligeable dans l’opinion.
  • En sociologie, en urbanisme, en architecture et dans la mode vestimentaire, depuis le Modernisme (à ne pas confondre avec la Modernité), le rebond est une astuce pour « relooker » l’ancien et le faire apparaitre comme innovation, nouveauté.
  • En bien-être social, plus nous profitons du progrès moins nous avons de temps libre
  • Moins nous croyons en Dieu plus notre condition humaine devient dramatique, tragique, absurde….

Ce sont les effets de la dialectique ou l’union des contradictions, la complémentarité des oppositions. C’est la loi du mouvement et du changement. La dialectique pour être significative, elle doit se dérouler dans l’harmonie, c’est-à-dire l’unité dans la diversité. Cependant les dialecticiens et les rhéteurs algériens sont en totale disharmonie avec l’unité du peuple algérien, en contradiction avec leur propre cohérence, hors de toute logique. Ils rebondissent « ad nauseam » par l’usage excessif du syllogisme fallacieux qui prétend à la vérité par répétition récurrente d’une affirmation fausse.

Depuis 1962 nous entendons les mêmes récurrences sur la Démocratie, la République, la Citoyenneté, la Liberté en écho à ce qui a été dit en France depuis la Révolution française comme si les Américains, les Anglais, les Allemands n’avaient rien produit.

Nos démocrates républicains sont semblables aux islamistes qui empruntent leur savoir et leur mode de raisonnement aux Anciens prisonniers de leur rebond juridique en l’occurrence le Qiyas (raisonnement par analogie) qui consiste à tout rapporter à la seule et unique référence doctrinale du rite juridique (dogme ou madhab) de sa « confession ». Partout on retrouve les mêmes conservatismes, les mêmes fossiles, les mêmes mentalités sous des habits idéologiques différents de dévot islamiste ou de progressiste laïciste.

Et pourtant la nature pour les partisans de la science et de dialectique matérialiste ou Dieu pour les partisans de l’Islam de la foi et de la Sunna d’Allah, nous donnent à voir le rebond de l’électron comme méditation et comme source d’inspiration. A chaque passage de l’électron, la matière entre en résonnance avec l’univers et produit un changement d’état qui produit de l’énergie, fondement du travail et de la vie ainsi que de la couleur et du son fondamentaux pour notre perception du monde et nos échanges avec le vivant. Rien n’est vain ni insensé. Notre bêtise et notre méchanceté doivent aussi avoir un sens : une épreuve pour les autres, une incitation au changement dialectique…

Si le déplacement de l’électron est à la base de nos concepts et de notre style en matière de gout ou de production artistique (peinture, sculpture et musique), de nos découvertes et de réalisations en matière de science et de technologie, de nos pensées et de nos émotions, pourquoi notre culture politique et religieuse ne devrait pas évoluer, innover, être utile et efficace au lieu de l’immobilisme et du mimétisme qui produisent sans cesse notre ruine et notre marginalisation dans le monde des humains ? Chaque occasion et chaque motif de l’existence devraient être un émerveillement, une semence, une promesse et un engagement de changement en changeant ce qui est en nous au lieu de chercher à changer les autres.

  وَضَرَبَ اللّهُ مَثَلاً قَريَةً كَانَت آمِنَةً مّطمَئِنّةً يَأتِيهَا رِزقُهَا رَغَداً مّن كُلّ مَكَانٍ, فَكَفَرَت بِأَنعُمِ اللّهِ فَأَذَاقَهَا اللّهُ لِبَاسَ الجُوعِ وَالخَوفِ بِمَا كَانُوا يَصنَعُونَ } النحل :112.

{… De ceux-là Dieu a scellé le cœur, l’ouïe et la vue, ceux-là sont les insouciants […] Allah propose comme parabole : une cité qui vivait en sécurité et paisiblement. Les richesses lui venaient en abondance de partout. Et voici qu’elle a dénié les bienfaits de Dieu. Dieu a alors fait goûter à ses habitants les affres de la faim et de la peur pour prix de leurs méfaits.}  An Nahl 110-112

L’ingratitude n’est pas le seul fait de la mécréance, mais aussi celui de l’injustice, de la cupidité, du monopole, de la fraude, de la dictature, de l’inertie et des faux savoirs…. Les calamités qui frappent une nation disposant de ressources abondantes ne sont ni un accident ni un hasard, mais le résultat d’un processus qui corrompt les institutions, les couches sociales et les intelligences. Souvent ce n’est pas l’intelligence qui est mise en défaut, mais l’absence du sens des hautes finalités et le manque d’efficacité sociale. Les centaines des millions de morts des deux guerres mondiales ne sont pas le produit du manque de foi ou d’absence de ressources et d’intelligence, mais l’excès et la prédation colonialiste.

Mohamed Chahrour a magistralement montré que la Qaria coranique s’oppose à la Madina. La Qaria  est la mentalité de village, c’est-à-dire le confinement, l’absence d’horizon et l’unanimisme imposé par les notables. C’est le mode féodal inapte à la civilisation ou l’état post civilisationnel où prédominent l’inertie et les habitudes qui engendrent la décadence. La Madina, c’est la civilisation avec ses ouvertures sur le monde, sa dynamique, sa diversité. Ce n’est pas une affaire de technique ou de science, mais de mentalité, de liberté et de culture. Dieu est Un, Unique et Immuable. Ce qui n’est pas Lui, est divers, changeant, nécessiteux, partie non parfaite et non totalisante. Le totalitarisme est sur le plan du monothéisme un grand péché, quel que soit sa forme politique, économique, idéologique ou religieux.

L’homme doit conserver sa liberté de penser et d’agir pour exercer pleinement sa responsabilité et rendre des comptes. Ce principe est incompatible avec la dictature d’une majorité et encore moins celle d’une minorité. La dictature médiatique ou idéologique est aussi néfaste que la dictature sociale, économique ou politique.

Notre indépendance ratée est essentiellement due à notre insouciance et à notre gaspillage des énergies et des sacrifices. Là où il y malheur d’un peuple ou effondrement d’un Etat ou disparition d’une civilisation, il faut chercher l’ingratitude. Pour plus de détails, voir mon article sur le Falah et le Dholm dans le Coran.

Nos experts en dialectique profitent de n’importe quelle occasion pour saper le moral des algériens et faire diversion pour cacher leur impuissance à s’imposer de nouveau comme minorité exerçant la dictature sur la majorité. Ils se montrent ingrats. Cette fois ils sont allés trop loin : saper le moral des bacheliers et de leur famille pour faire diversion sur le rouleau compresseur de l’ANP qui est en train de les écraser comme des débris de paille sans consistance, sans devenir.

Les chiffres de 2019 sont éloquents : 812.655 candidats en fin de cycle primaire, 631.395 en fin de cycle moyen, 674.000 candidats en fin de cycle secondaire. Si nous reportons ces nombres aux gens concernés (enseignants, parents, voisins et amis) nous avons facilement plus de 8 millions de personnes directement ou indirectement concernés par les examens, leur bon déroulement et leur ambiance psycho sociale. Si nous ajoutons à ces chiffres celui des étudiants en première année et en dernière années pris en otage par leurs profs insouciants et irresponsables, on peut se poser la question : à  qui profite les rumeurs, les blocages et les sectarismes ? Sur le plan purement objectif, les pucelles ( ?) et les puceaux ( ?), au sens propre et figuré, qui font office de figurants « étudiants » en traitant Gaïd Salah de traitre tout en appelant l’armée à la rescousse font pire que leurs ainées en matière de manque de discernement intellectuel, de casting médiatique et d’erreur de marketing politique. Ils ne sont plus maitres de l’initiative et de la communication. Les médias acquis à leur cause, nombreux en Algérie, leur font écho sans plus.

L’effet rebond ou la contrepartie négative et imprévisible limite ou s’oppose à toute ou partie des objectifs visés objectifs initiaux même parfaitement définis et d’apparence extrêmement logiques. Dans l’expression populaire on dit « Alli yahsabe wahdou daymane rabah, lorsqu’on fait ses calculs tout seul on est toujours gagnant », mais la vie est pleine d’accidents, de contretemps, d’épreuves et d’opposition. Tout ce qu’ils ont essayé d’instrumentaliser a lamentablement échoué : images, figures historiques, psychologie sociale, rhétorique, syllogismes. Sobhane Allah, ils cumulent les effets rebonds depuis l’indépendance, mettant en panne le pays sans jamais réaliser leurs objectifs.

Le sujet de littérature du bac 2019 est venu donc comme une épreuve décisive sur le devoir patriotique et la mémoire nationale. Il met en exergue la place de la langue arabe dans la personnalité algérienne. La citation sur « Nos ancêtres les Arabes » du livre « l’Algérie rebelle » du Cheikh Al Ouartilani a été choisie comme sujet de dissertation. Je ne sais pas s’il y avait une intention de « rappeler » aux Algériens leur devoir envers le courant nationaliste de Ben Badis et de novembre 1954. Mais je sais que ni l’homme ni sa citation ne sont en opposition avec la berbérité, ils sont en refus de la domination idéologique, politique et culturelle de l’ancien colonisateur.

Nos « amis » berbéristes éradicateurs sont hyper excellents : ils viennent de nous démontrer que non seulement ils ne sont pas défenseurs de la berbérité, mais hostiles aux grandes figures berbères tels que Ben Badis ou Cheikh Al Ouartilani originaire de Beni Ouartilane en petite Kabylie (nom donné par l’armée coloniale française à la région des Babors pour la distinguer des 4 ou 5 autres Kabylies). Nous sommes doublement victimes : la division cultivée par le colonisateur, et la division fabriquée par notre narcissisme tribal qui n’arrive pas à transcender ses étroitesses géographiques et ses singularités culturelles alors que les Européens que nous prenons comme modèles s’agrègent en grand ensemble.

Pour être civilisés et civilisateurs, il faut d’abord se libérer de l’atomisme réducteur et falsificateur. Il faut se hisser à l’universel de l’Homme, Al Insane.

La culture de l’isolement idéologique, de l’isolat culturel et de l’ilotisme politique a masqué le poids des « Kabyles » dans la carte politique et économique non seulement des Berbères d’Algérie (Chaoui, M’zabi, tergui, chenoui, colli, etc…), mais dans celle des Algériens, toutes ethnies et toutes langues confondues. Elle a occulté le surdimensionnement Kabyle dans les gouvernements de Boumediene honni par les Berbéristes. Il faut être ingrat et nuisible pour faire l’impasse sur les grands postes et le grand rôle accordé à des hommes qui étaient d’ailleurs excellents par leurs qualités politiques et leur attachement nationaliste. Encore une fois le problème n’est pas kabyle et les Kabyles ne sont pas responsables de l’héritage subversif français, des dérives idéologiques de ceux qui se réclament du laïcisme éradicateurs ni du régionalisme érigé en politique nationale clientéliste.

A la guerre médiatique et économique entre la France et l’Algérie depuis la déposition de Bouteflika vient s’ajouter la guerre décisive sur le plan linguistique et idéologique. Comme il fallait s’y attendre, les patriotes démocrates, les « rassembluffeurs » culturels, les défenseurs des droits et autres appareils idéologiques montent au créneau pour dénoncer le racisme arabe et le crime du pouvoir qui se range sur la majorité des Algériens. Gaid Salah, surnommé le « plus vieux soldat du monde » non seulement a mis en marche le rouleau compresseur de la lutte contre la corruption, mais il a déshabillé tous les acteurs de la scène algérienne les laissant comme Jeannot « je suis nu, j’ai froid et tout le monde se moque de moi ».

Ils sont nus et froids comme un marbre tombal qui ne donne pas du répit aux malheureux de se consoler ou de se reposer après un dur labeur, une pénible peine ou un immense chagrin. La tombe est moins cruelle que les insensés algériens qui ne laissent pas les jeunes futurs bacheliers se consacrer à leurs épreuves après avoir pris en otage l’université et l’école algérienne dans un pays où tous les parents –  sans rêve, sans trajectoire personnelle et sans horizon culturel – ont investi financièrement et affectivement toutes leurs ressources pour se projeter dans l’avenir de leurs enfants.

La politique demande plus de noblesse et plus de savoir-faire. Le constat est là, plus éloquent que jamais : en Algérie il n’y a pas de conflit entre générations, ni de crise politique, ni de crise économique, mais une lutte idéologique féroce et impitoyable contre le peuple algérien sa morale, sa langue, sa religion.

Les réformateurs de Hamrouche, les militaires de 92, les islamistes dépossédés de leur victoire n’avaient jamais posé la question en termes idéologiques et de ce fait ils n’avaient ni les clés ni les procédures pour transformer l’Algérie. Ils agissaient sur les ombres de l’économie, du pouvoir et de la société. Ce n’était ni la loi sur la monnaie et le crédit, ni les élections, ni le recours à l’armée qui allait sauver l’Algérie, la bloquer ou la développer. J’espère qu’aujourd’hui avec les masques   relativement tombés et les intentions passablement avouées nous pouvons mieux voir le « hizb as chaytan » à l’œuvre. Il faut se lever tous ensemble et mettre fin à son œuvre de démolition.

Tout homme censé faire de la politique et de l’économie doit obligatoirement maitriser les artifices de la lutte idéologique et de la subversion. Il doit analyser la théorie du rebond dans ses scénarios. Une grande part dans l’économique et le politique ne relève pas du calcul comptable ou des intentions programmatiques mais du psychologique et de l’idéologique. Marx qui reste l’un des plus grands analystes du siècle dernier a bien posé l’équation en disant : « Il faut oser provoquer le scandale pour ne pas devenir sa proie ».

Ali Ghediri, pourtant ancien général et hautement diplômé, a surdimensionné la politique tout en s’alignant sur le curseur idéologique des médias francophones croyant qu’ils représentaient une force capable de le propulser pour gagner les élections. Ils l’ont noyauté, orienté et jeté en pâture. En s’alignant sur les minorités idéologiques et en se confinant aux singularités ethniques, il a fait l’erreur de s’isoler de la majorité. Incarcéré, à tort ou à raison, il se trouve aujourd’hui abandonné par la majorité et la minorité donnant ainsi raison à la théorie du rebond qui consomme de moins en moins d’énergie par épuisement jusqu’à l’inertie imposée par la statique.

Nos dialecticiens et nos politiciens ne sont pas en train de voir le scandale qu’ils provoquent dans l’opinion publique et n’ont pas les compétences pour envisager les rebonds et se prémunir des remous qui vont leur tomber sur la tête par retour de manivelle dialectique. Ils vont fatalement connaitre le rebond médiatique (Bounce rate) du web marketing et de la narrative politicienne : perdre l’audience, perdre le crédit comme la chèvre de monsieur Seguin et enfin perdre les élections. Pour l’instant ils sont semblables au vieil arbre de Hegel le grand maitre de la dialectique : « On entend le vieil arbre s’écrouler, mais on ne voit pas les jeunes pousses monter ».  Chaque incendie de forêt est propice à la résurgence d’une nouvelle forêt et d’un nouveau sol plus fertile.

 Ils sont diaboliques, mais incompétents !

  • Peut-on un instant croire que l’armée algérienne ou le gouvernement intérimaire puissent manipuler les sujets du Bac alors qu’ils ont déployé des moyens colossaux de guerre et de lutte anti subversive pour éviter le dérapage et la malversation dans cette situation gravissime où tout peut basculer vers la guerre civile, vers l’affrontement, vers davantage de méfiance et de défiance rendant la solution impossible. Tous les gens sérieux et responsables savent comment les sujets sont élaborés, choisis, protégés et diffusés. Chaque fois qu’il y a eu fuite, il s’est avéré soit un acte de malversation mercantile soit un sabotage entre clans du système pour conserver le privilège du pouvoir et de la rente.
  • Peut-on faire une faute de communication aussi lourde que mépriser les attentes des Algériens en ce jour du bac, de la proclamation des résultats de la sixième et du Brevet ?

Ecœuré par ce comportement minable et infantile, je remets en cause ma vision sur la démocratie représentative à la proportionnelle. Dans les conditions psychologiques et idéologiques actuelles, consentir à la minorité bruyante une représentativité dans le parlement ou le gouvernement c’est condamner la majorité à vivre des crises institutionnelles, à endurer les blocages des budgets et des politiques éducatives, économiques.

Ceux qui veulent être mieux informés sur les règles mathématiques du rebond je les invite à voir ce schéma tiré d’un journal de physique :

C’est à peu près le même cycle des civilisations, des idéologies : grandeur et décadence. Malek Bennabi soutenait à raison que Mohamed (saws) avait réinitialisé l’histoire humaine et avait impulsé un gap spirituel, idéique et moral inégalé et inégalable qui continuera de bondir et rebondir jusqu’à la fin des temps. Chaque rebondissement est un choc brutal avec la réalité, ce choc sera de moins en moins dramatique, car il aura en partie dissipé l’énergie et en partie transmis au sol une part de son énergie. Les ondes acoustiques et lumineuses ne sont ni linéaires ni stationnaires : elles entrent en résonnance, en réfraction, en diffraction en diffusion … L’histoire aussi n’est pas une figure linéaire ni un mouvement cyclique circulaire, mais une dialectique où les facteurs sont multiples : psychologiques, militaires, économiques, sociologiques, intellectuels. Ces facteurs peuvent être des adjuvants ou des opposants au mouvement d’ensemble. La vie est pleine de rebondissements et de nouveautés :

{Chaque jour (instant, époque), Il œuvre à nouveau} Ar Rahmane 29

L’histoire, le microcosme et le macrocosme sont en perpétuel renouvellement. Jamais la loi d’Allah ne fait aboutir les projets des inertes ni ne donne la bénédiction aux immobilismes et aux mimétismes quel que soit leur références religieuses ou idéologiques. Dieu a créé le monde sur cette loi et a créé l’homme pour vivre en harmonie et en conformité avec cette loi du changement et de l’évolution :

اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ  الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ (4) عَلَّمَ الْإِنسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ

{Lis Comprends (par l’effet) de ton Dieu, l’Excellence absolue, Celui qui a fait savoir au  moyen du calame plume, de la faculté de discernement (de s’adapter- de mener des quêtes, de trier et classifier l’information), Il fait (ainsi)  savoir  à l’homme ce qu’il ne savait pas.}  [96:4]

Le savoir, la compréhension, le discernement, la quête de vérité ne sont pas indissociables de l’évolution des outils de connaissance et des technologies de la connaissance : ils sont complémentaires et ils s’influent mutuellement pour un devenir dont les frontières sont sans cesse renouvelées, élargies et renvoyées de plus en plus loin et haut. Tout homme qui stagne devient sénile, toute société qui se fige disparait, tout ce qui vient à la vie est condamné à disparaitre et à être remplacé. Seul Dieu est Immuable ! L’Occident a connu l’antiquité ; le moyen-âge, la modernité sous les formes de la Renaissance, du classicisme, du romantisme, du modernisme ; la Post Modernité déjà en agonie. Nous restons, comme des attardés, attachés à une forme historique et à une géographie alors qu’elles sont obsolètes. La civilisation islamique a connu des âges d’or, mais nous avons choisi le puritanisme et le moralisme excluant la démarche innovante et novatrice des  intellectuels et philosophes de la trempe d’ Ibn Sina, d’Ibn Roschd, d’Al Farabi, d’Al Kindi et de tant d’autres qui ont réinventé les Grecs et initié les Européens dans leur quête de renouveau.

Soit nous nous laissons porter ou emporter par l’effet historique, soit nous le renouvelons, soit nous le réinventons  sachant que plus le temps initial (t0) est ample et haut plus grande sera notre trace dans l’histoire. Plus elle sera utile et innovante plus elle sera étendue dans l’espace et prolongée dans le temps.

Il faut accepter les sacrifices et les épreuves si on veut « ne pas décevoir la vie en devenant ce que nous devons devenir (Yung). Ainsi, plus le mouvement est ample et intense plus les collisions sont nombreuses et plus le choc est durement ressenti et absorbé, laissant son empreinte dans ceux qui le subissent.

Plus le temps passe, plus les sommations se réduisent à ajouter des epsilons trop faibles pour marquer l’histoire ou se manifester avec visibilité et lisibilité pour le commun des profanes :

Ce qui parait simple est extrêmement complexe lorsqu’on se met à imaginer les forces actives et réactives, visibles et invisibles, en présence ou en potentiel.

الله اكبر
Allah est au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer et concevoir.

Omar MAZRI

  • 183
    Partages